Parc national Banff: la splendeur de l'hiver

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La promenade des Glaciers, route 93, avec la vue sur le lac Peyto

La Presse, Yannick Fleury

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(Montréal) Les paysages légendaires du parc national Banff, le premier à voir le jour au pays, attirent annuellement près de quatre millions de visiteurs. Et en cette année où l'accès aux parcs nationaux est gratuit, ils seront plus nombreux que jamais. Le meilleur moyen d'éviter les foules : s'y rendre l'hiver.

Dans la poudrerie qui balaie la chaussée, entre les épinettes aux branches lourdes de neige et avec les montagnes dont les pics ne cessent de grimper dans le ciel à chaque virage, la route qui mène au parc national Banff a quelque chose de magique, comme si on passait dans un portail vers un monde à part.

À l'arrivée, les amateurs de grand air savent que les lacs ont caché leurs eaux émeraude sous une épaisse couche de glace, mais ils savent aussi qu'ils trouveront au parc une telle multitude de paysages époustouflants et d'activités hivernales qu'ils n'y repenseront plus.

Bien sûr, il fait froid et les routes sont enneigées, mais manteaux, bottes et transmissions à quatre roues motrices font déjà partie du quotidien au pays. Et ici, c'est tout ce dont on a besoin pour ouvrir grand les portes d'un terrain de jeux de 6641 km2.

Quiconque en doute n'a qu'à emprunter la promenade des Glaciers pour se laisser convaincre. La route, régulièrement classée parmi les plus spectaculaires de la planète, reste ouverte par beau temps l'hiver.

Vous embarquez?

KM 0 : Lake Louise

Célèbre pour son lac et sa station de ski, le hameau de Lake Louise, à 56 km de Banff, est le dernier endroit, avant de s'engager sur la promenade des Glaciers, pour faire des provisions, remplir le réservoir de la voiture, louer du matériel de plein air... et planifier ses escales en passant par le centre d'accueil du parc. Les employés bilingues pourront vous faire quelques propositions de randonnées. Ils vous remettront aussi le laissez-passer obligatoire.

KM 3 : le début de la promenade

À l'entrée de la route 93 Nord (l'autre nom de la promenade des Glaciers), ayez à l'oeil le panneau qui annonce les conditions routières. La route est généralement enneigée, glacée par bouts, mais rien pour retenir un véhicule à quatre roues motrices.

KM 21 : ski hors-piste au lac Hector

Il ne faut pas rouler longtemps pour s'émerveiller. Les monts Hector et Daley, de part et d'autre de la route, culminent à plus de 3000 m d'altitude et offrent de magnifiques panoramas. Tout près du lac Hector, des skieurs hors-piste ont garé leurs voitures. Skis à l'épaule, ils disparaissent dans la forêt. 

«Les conditions d'avalanche sont dangereuses aujourd'hui, explique l'un d'eux, nous allons skier plus bas.»

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Des skieuses bien équipées et habillées chaudement partent à l'aventure pour aller dormir dans la Montagne de Crowfoot.

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KM 37, le lac Bow

La route monte et monte. Sur la gauche, le lac Bow offre un premier point de vue sur le glacier Crowfoot. Couvert de neige, il se détache moins du paysage qu'en été, mais on devine facilement l'incroyable épaisseur de la glace là-haut. Un peu plus loin, près du stationnement, trois skieuses partent à l'aventure. 

«Nous allons grimper avec des peaux de phoque sur le mont Thompson, dormir en refuge, puis redescendre demain», raconte l'une d'elles avant d'aller rejoindre ses compagnes. Le secteur compte aussi des sentiers pour la raquette.

KM 43 : la tête du loup

Tout juste après le col Bow, où la route culmine à 2067 m, il ne faut pas manquer le stationnement du lac Peyto. Deux courts sentiers, souvent assez tapés pour être praticables sans raquettes, mènent au belvédère sur le lac, dont la forme rappelle une tête de loup. Le regard porte très loin, ici, sur la vallée de la Mistaya, puis de la Sunwapta. Des avalanches ont jeté des tonnes de neige sur les rives du lac en contrebas. Pas un souffle de vent ne vient troubler le silence. On croirait se promener à l'intérieur d'une carte postale.

KM 61 : entre lac et rivière

La route amorce ensuite une lente descente. Quelques kilomètres plus loin, on peut se garer devant le lac Waterfowl, pour admirer l'impressionnant pic rocheux du mont Chephren, haut de 3307 m. À son point le plus bas, au kilomètre 79, la promenade traverse la rivière Saskatchewan Nord, née dans les glaciers non loin. Ses eaux se jettent dans le lac Winnipeg, au Manitoba, à plus de 1800 km vers l'est.

Le glacier Athabasca à Jasper... (La Presse, Yannick Fleury) - image 4.0

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Le glacier Athabasca à Jasper

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KM 109, conquérir le mur qui pleure

Cette falaise de quelque 300 m, baptisée Muraille en pleurs (Weeping Wall), est un lieu couru de l'escalade sur glace dans les Rocheuses. Les parois sont si hautes et larges que les grimpeurs y paraissent aussi minuscules que des fourmis.

KM 115, encore des vues

Passé le mont Cirrus, la promenade entreprend une abrupte montée qui mène à certains des plus beaux points de vue de la route. Avant et après une immense boucle qui permet à la route de grimper plus haut, de petites aires de repos permettent d'admirer les formidables traces laissées par la puissante érosion qui a façonné le paysage. Beaucoup de sentiers de randonnées partent de ce secteur.

KM 130, le champ de glace Columbia

Tout juste après le col Sunwapta, un panneau annonce la fin du parc de Banff, et le début du parc Jasper. Or, retourner sur ses pas avant d'atteindre le glacier Athabasca, situé à peine cinq kilomètres plus loin, serait un crime. La vue sur le front du glacier Athabasca, dont les glaces brillent au soleil, laisse pantois d'admiration. Un petit sentier mal balisé l'hiver permet de s'approcher un peu. Méfiez-vous des surfaces glissantes, et des crevasses. Mais surtout, donnez-vous le temps d'admirer les glaces, dont on entend parfois les sourds craquements. Avec un peu de chance, vous verrez une avalanche débouler sur le glacier en produisant un son digne du tonnerre. L'hiver, oui, dans toute sa splendeur.

Un décor de carte postale

Le touriste ne peut rester insensible par le... (La Presse, Yannick Fleury) - image 6.0

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Le touriste ne peut rester insensible par le décor de carte postale de la ville de Banff.

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Nichée au pied des monts Sulphur, Randall, Cascade et Tunnel, Banff, la ville, séduit le visiteur au premier coup d'oeil. Impossible de rester insensible à son décor de carte postale. Son sympathique petit centre-ville regorge de restaurants et de boutiques, dont certains peuvent finir par se ressembler. Petit guide pour profiter des endroits qui se démarquent.

Tournée panoramique

Du plancher des vaches, le décor est déjà beau. Du haut des airs, il devient magnifique. La plus populaire des «vues» sur la ville est sans doute celle du sommet du téléphérique du montSulphur, à 2281m. Embarquer dans la Banff Gondola coûte 49$ par adulte pour l'aller-retour. Or, beaucoup de gens du coin vous diront que la plus belle vue sur la ville se trouve sur le chemin d'accès de la station de ski Norquay. Parcs Canada y a même installé des chaises Adirondacks. Et l'accès est gratuit. Envie de monter encore plus haut? Le remonte-pente North American de Norquay est accessible aux visiteurs qui ne skient pas. L'aller-retour à 2133m d'altitude coûte 29$. Bon à savoir.

Randos de ville

Les plus belles excursions du parc national de Banff sont en général assez loin de la ville. Mais plusieurs sentiers courts et souvent faciles sillonnent Banff même. Passez faire un tour au centre des visiteurs pour des conseils éclairés. Quelques pistes pour amateurs de balades: la promenade du Mont-Tunnel, un chemin fermé aux voitures l'hiver dans les hauteurs de la ville, vers le point de vue sur les cheminées de fée (hoodoos). Ou encore le sentier qui longe la rivière Bow, du centre-ville vers l'hôtel emblématique Banff Springs, majestueux depuis le belvédère de Surprise Corner. En ski, en raquette, à pied ou à vélo, de belles randonnées se trouvent aussi autour des lacs des environs.

Un tour au Banff Center

Ce centre culturel hors pair, grand comme un quartier, a pris racine sur le versant sud du mont Tunnel. Il accueille chaque année des centaines d'artistes venus de partout pour des résidences. Mais pas besoin d'être un créateur réputé pour le fréquenter. Concerts, projections, expos: les visiteurs sont souvent invités à profiter du talent qui s'y concentre. Et même quand aucune activité n'est à l'horaire, tous peuvent visiter la bibliothèque (et ses livres en français ou ses films), d'où la vue sur les montagnes invite à la contemplation. Au cours de notre passage dans un bâtiment consacré aux arts visuels, Diane Colwell présentait un hommage à un ami grimpeur aujourd'hui trop âgé pour l'escalade. Assise au milieu de son installation, elle discutait avec joie en compagnie des curieux de passage. 107, promenade Tunnel banffcentre.ca

Un bon café au Whitebark

La troisième vague du café n'a pas déferlé sur Banff. Beaucoup de restos à l'offre pourtant assez recherchée côté nourriture n'offrent que du banal café filtre digne des vieilles haltes routières. Ou alors des lattés fades. Une rare exception: le Whitebark, situé dans le branché Banff Aspen Lodge. L'endroit est grand comme un mouchoir de poche, mais situé idéalement dans l'avenue Banff, au milieu de la plupart des hôtels. Macchiato, latté ou filtre de qualité préparés avec du café bio et équitable torréfié par Moja à Vancouver... à vous de choisir! C'est fou comme on peut apprécier un bon café après quelques jours de disette. 401, avenue Banff whitebarkcafe.com

Le café Whitebark, situé sur Banff Avenue... (La Presse, Yannick Fleury) - image 7.0

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Le café Whitebark, situé sur Banff Avenue

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Le Three Ravens, pour manger autre chose qu'un burger

À peu près tous les restos de Banff proposent le «meilleur» burger en ville, fait de boeuf de l'Alberta AAA. Certains sont plus réussis que d'autres (EddieBurger + Bar, notamment). Mais un burger par jour, ça fait beaucoup. Pour changer, on peut se diriger vers le Three Ravens, dans le Banff Center. Le chef Sébastien Tessier y prépare une cuisine reconnue pour sa créativité. Les desserts y sont épatants. Certes, il faut mettre le prix (comme à bien des endroits en ville). Or, le bar à vin du resto propose une délicieuse fondue au fromage à partager... et à accompagner d'une bouteille de la carte des vins fort bien garnie (ce qui est assez rare à Banff, où les serveurs n'ont d'ailleurs souvent qu'une connaissance limitée en sommellerie). Nous y avons bu un délicat pinot blanc de la vallée de l'Okanagan. Miam. 

Nourish Bistro

Autre classique adopté par toutes les tables ou presque à Banff: la poutine! Parfois assez bien reproduite, toujours aussi bourrative. Or, le restaurant végétarien Nourish Bistro en propose deux versions assez décoiffantes, avec lentilles, champignons, curry, alouettes. Et «fauxmage» végétalien, pour ceux qui y tiennent. On est loin, très loin, du classique des patateries québécoises, mais c'est meilleur qu'on pourrait le croire. Et plein de vitamines. Autre classique réinventé sur place: les nachos, qui comptent pas moins de 27 ingrédients (dont des fraises et du quinoa!). Encore là, ça déboussole un brin, mais c'est franchement bon. Excellent choix de cocktails et de bières locales, notamment. 211, rue Bear nourishbistro.com

Déguster les brassins locaux

Banff et les environs comptent quelques microbrasseries (Banff Avenue Brewing, The Grizzly Paw) et même une microdistillerie (Park) dont on peut goûter les produits un peu partout en ville. L'offre varie beaucoup au gré des saisons. Pour un souvenir pas fait en Chine, à l'image de ces infâmes t-shirts vendus hors de prix dans des boutiques qu'on dirait clonées tellement leur offre se ressemble, pourquoi ne pas passer par le frigo du Townhouse Liquor (226, avenue Bear) ou à la distillerie (aussi un restaurant, au 219, avenue Banff) et faire des provisions. Après tout, vous êtes au Canada, vous pourrez donc remplir vos bagages des produits qui vous auront séduit lors de votre séjour (et qu'on ne trouve pas au Québec). Idéal pour donner le goût de Banff à vos proches.

Profiter des plaisirs de l'hiver

Il est possible de faire de l'escalade de... (La Presse, Yannick Fleury) - image 9.0

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Il est possible de faire de l'escalade de glace au canyon Johnston.

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La neige est abondante dans le parc national Banff, surtout dans les hauteurs, où les avalanches sont fréquentes. Or, il est facile d'explorer le parc sans courir de risque, en suivant les sentiers tracés par Parcs Canada. Voici nos suggestions.

Randonnée glacée

La courte randonnée du canyon Johnston, assez populaire, permet d'explorer une gorge creusée par les eaux du ruisseau Jonhston et ses chutes gelées, qui forment de féériques colonnes de glace. Il faut marcher 1,1 km pour se rendre aux chutes inférieures et 2,6 km pour les chutes supérieures, où des grimpeurs apprennent l'escalade sur glace. Le sentier est très bien indiqué, et présente de beaux points de vue. Des crampons vous éviteront de glisser sur le verglas qui se forme près des chutes. Prévoir une demi-journée. Des excursions guidées vers ce canyon partent plusieurs fois par jour des hôtels de Banff.

Ski de fond, raquette, vélo

Les sentiers de randonnée estivaux changent de vocation l'hiver. Certains deviennent des sentiers de ski de fond, d'autres de raquette... ou de vélo à pneus surdimensionnés (fat bike), un loisir qui gagne en popularité. Parcs Canada produit un grand nombre de dépliants qui détaillent les randonnées proposées et les conditions de pratique.

Patin

Rivières et torrents ne gèlent pas entièrement l'hiver. Mieux vaut éviter de s'aventurer sur leurs glaces irrégulières et dangereuses. En revanche, les lacs aux eaux calmes s'explorent facilement. Il arrive même qu'une période sans précipitation les transforme en immenses patinoires luisantes. Le Château Lake Louise déblaie une grande patinoire sur le lac, juste devant l'hôtel. Difficile de trouver décor plus grandiose.

Ski alpin

Le parc national Banff est le seul à abriter trois stations de ski alpin, et pas les moindres. Lake Louise, Sunshine Village et Norquay proposent du ski exceptionnel, notamment dans des cuves de neige, au-dessus de la ligne des arbres. Les trois stations se sont associées pour faire la promotion du ski dans la région. SkiBig3 offre des forfaits pour les trois stations, avec transport, hébergement et location qui peuvent vous faire économiser jusqu'à 40 % du prix.

Observation de la faune

Les grizzlis et les ours noirs se font beaucoup plus discrets l'hiver, cachés dans leurs tanières pour la saison froide. Mouflons, chèvres, wapiti et cerfs, entre autres, continuent en revanche d'arpenter les routes du parc et les rues de Banff.

Les mouflons font partie des animaux qu'il est... (La Presse, Yannick Fleury) - image 11.0

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Les mouflons font partie des animaux qu'il est possible d'observer à Banff.

La Presse, Yannick Fleury

pc.gc.ca/fra/index.aspx

skibig3.com/francais

tourismealberta.ca

Une partie de ces frais de voyage a été payée par Tourisme Alberta.

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