Noël à New York

Un spectacle sons et lumière sur la devanture... (La Presse, Alain Roberge)

Agrandir

Un spectacle sons et lumière sur la devanture du magasin Sak's de la 5e Avenue

La Presse, Alain Roberge

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(New York) La Grosse Pomme sait comment fêter 365 jours par année, mais la ville n'est jamais aussi festive, brillante et animée que dans les semaines qui précèdent Noël. Petit guide destiné aux familles (et aux autres) pour profiter de la féerie de Noël sans perdre le nord.

«It's the most wonderful time of the year...»

Elvis, Bing Crosby, Frank Sinatra ont tous chanté Noël, mais à New York, c'est cette ritournelle endisquée par Andy Williams dans les années 60 qui est devenue l'hymne presque officiel de la période des Fêtes.

Normal, New York carbure aux superlatifs, en particulier pendant «la plus belle période de l'année». Plus gros, plus haut, plus beau. Pour Noël, Manhattan se met sur son 31 et se pare de lumières clignotantes. Les vitrines des grands magasins deviennent des oeuvres d'art. Les enfants s'habillent comme des princes et des princesses pour aller s'asseoir sur les genoux du père Noël. Partout, la musique résonne, s'ajoutant au concert des klaxons.

Ici, l'excès est la norme et devant le gigantisme de cette ville enrubannée, on se prend à penser à Disney. Car New York joue à fond la carte de la nostalgie, comme pour faire oublier les soucis et la morosité ambiante sous une épaisse couche de glaçage rouge et or.

Et la magie opère, en particulier si les enfants sont du voyage. Eux ne voient pas les grosses ficelles qui font tenir en place ce décor de cinéma. Ils s'émerveillent devant le moindre sapin à trois boules; imaginez lorsqu'ils se retrouvent au pied du géant de Rockefeller Center! Et pour peu qu'ils aient gardé un peu de candeur, les adultes se laissent prendre au jeu et se retrouvent à siffloter Jingle Bells en fendant la foule sur la 5e Avenue (anecdote véridique).

Il ne faut pas oublier que plusieurs traditions nord-américaines associées à Noël sont nées dans la Grosse Pomme. C'est au Macy's de Herald Square que, pour la première fois, un père Noël s'est installé dans un grand magasin pour accueillir les enfants. C'était en 1862. Le même Macy's a aussi instauré la tradition des vitrines de Noël, en 1870. Depuis 1891, les bénévoles de l'Armée du Salut amassent des fonds sur les trottoirs de New York pour offrir un Noël digne de ce nom aux plus démunis...

Les New-Yorkais chérissent ces traditions qui ont passé l'épreuve du temps. Ils assistent en nombre, année après année, au spectacle de Noël présenté depuis 1933 au Radio City Music Hall. Certains numéros n'ont pas changé depuis 84 ans et les spectateurs les attendent avec un enthousiasme évident. Ils font religieusement leur pèlerinage devant les vitrines décorées des grands magasins. Chaussent les patins pour faire quelques pirouettes sur les patinoires de Bryant Park, du Rockefeller Center ou de Central Park.

Noël ne serait pas Noël sans ces classiques indémodables et c'est pour baigner dans cette ambiance mille fois vue au cinéma que les touristes débarquent en masse à Manhattan en décembre.

Or, ces visiteurs de passage ne sont pas seuls. Contrairement à ce qui se passe à Disney World, la ville ne leur appartient pas. Sitôt la dinde de l'Action de grâce digérée, le Tout-New York investit les rues, les magasins et les parcs-devenus-marchés-de-Noël, gonflant la foule déjà dense.

Intégrer cette marée humaine peut parfois être dur pour les nerfs. La patience est mise à rude épreuve lorsqu'il faut remonter à contre-courant un flot de curieux sur la 5e Avenue. Le budget de voyage doit aussi être ajusté en conséquence. Le prix des chambres grimpe en flèche en décembre. Seule exception: les 24 et 25 décembre. «Le tourisme d'affaires étant au point mort pendant ces journées, plusieurs hôtels offrent des rabais sur les chambres, explique Christopher Heywood, vice-président aux communications pour l'office de tourisme de New York. Plusieurs activités sont offertes pendant ces deux journées. Les grands magasins sont ouverts le 24 décembre, les patinoires aussi et, le jour même de Noël, pas moins de 12 spectacles sont présentés sur Broadway.»

Bref, New York ne ralentit jamais. Pas même pour Noël.

Les classiques

Envie de plonger dans les grands classiques new-yorkais de Noël? Suivez le guide.

Le sapin du Rockefeller Plaza... (La Presse, Alain Roberge) - image 3.0

Agrandir

Le sapin du Rockefeller Plaza

La Presse, Alain Roberge

Rockefeller Center

Hôtels, restaurants, grands magasins... Les arbres de Noël se comptent par centaines à Manhattan, mais aucun ne rivalise  en taille et en luminosité  avec celui planté au pied de la Rockefeller Tower. Cette année, l'épinette de Norvège atteint des proportions quasi records : 28,6 m de hauteur, où sont placées plus de 50 000 lumières. L'arbre aurait, dit-on, entre 90 et 95 ans. Une fois démantelé, le 7 janvier, il sera transformé en madrier pour l'organisme Habitat for Humanity. Conseil: la foule est (un peu) moins dense au crépuscule. La patinoire? Grande comme un mouchoir de poche, des prix exorbitants (32 $US par personne de 12 ans et plus) et des files d'attente en permanence. Un pensez-y-bien.

Santaland

Depuis 1947 et le film Miracle sur la 34e Rue, le grand magasin Macy's de Herald Square est considéré comme la résidence new-yorkaise du (vrai) père Noël. Chaque année, plus de 200 000 personnes grimpent jusqu'au huitième étage pour venir lui chuchoter à l'oreille leur liste de souhait. Un lutin immortalise le moment dans l'espoir de vendre des photos (bien sûr), mais il est aussi possible d'utiliser son téléphone. Le décor est féérique, la barbe est authentique et le (ou plutôt les) père Noël possède même quelques rudiments de français! Conseil: l'attente peut parfois dépasser les 3 heures! Mieux vaut y aller à l'ouverture ou encore réserver un laissez-passer coupe-file gratuit, offert 48 heures et 30 minutes avant la visite. Les places sont limitées.

Rockettes

Depuis 1933, la célèbre troupe de danse présente son spectacle de Noël au Radio City Music Hall. La précision et le synchronisme des Rockettes sont légendaires. Elles dansent à l'unisson, toutes de paillettes vêtues, dans des numéros réglés au quart de tour. Plus de 150 musiciens, danseurs, chanteurs et figurants participent à ce classique new-yorkais, dirigé par le père Noël lui-même et présenté jusqu'à six fois par jour! Trois dromadaires, des moutons et un âne (vivants!) participent même au tableau de la Nativité. Un spectacle à grand déploiement dans un lieu mythique.Conseil: le prix des billets varie entre 40 et 600 $US, mais, même depuis la troisième mezzanine, la magie opère.

Le marché de Noël de Bryant Park... (La Presse, Alain Roberge) - image 4.0

Agrandir

Le marché de Noël de Bryant Park

La Presse, Alain Roberge

Marché de Bryant Park

De tous les marchés de Noël organisés à New York, celui de Bryant Park n'est pas le plus beau (notre coeur penche pour celui d'Union Square), mais c'est le plus grand et le plus animé. Plus de 125 kiosques de verre sont installés autour de la patinoire et de son immense sapin illuminé. On y vend une foule d'objets artisanaux, mais aussi des plats typiquement polonais, suisses, vénézuéliens ou chinois, à déguster debout en regardant les enfants tourner dans le carrousel tout illuminé.Conseil: oubliez la patinoire de Rockefeller Plaza! Ici, l'accès est gratuit et la surface est plus grande. Location de patins sur place.

Du vrai lèche-vitrine!

Oubliez la voiture, le métro, le taxi. La meilleure façon de profiter des vitrines new-yorkaises, c'est en marchant. Parcours de 4km, du sud au nord, pour admirer les plus belles du lot.

Magasin Macy's... (La Presse, Alain Roberge) - image 6.0

Agrandir

Magasin Macy's

La Presse, Alain Roberge

Macy's

À tout seigneur tout honneur: le parcours commence à Herald Square, devant le Macy's, premier grand magasin de New York à avoir transformé ses vitrines pour les Fêtes, en 1870. Cette année, les créateurs misent sur la nostalgie de l'enfance avec six vitrines mettant en scène le père Noël, les lutins, le renne au nez rouge... Certaines vitrines sont interactives: on peut actionner une machine à boules géante (les papas adorent) ou tester un détecteur à enfants sages. Sur la marquise principale, un père Noël géant sert de phare pour guider les clients vers le plus grand magasin Macy's du globe. 151, 34e Rue Ouest

Vitrine de Lord and Taylor... (La Presse, Alain Roberge) - image 7.0

Agrandir

Vitrine de Lord and Taylor

La Presse, Alain Roberge

Lord&Taylor

Un ours enneigé transformé en piste de ski pour souris. Une chouette veillant ses petits. Des bernaches en raquettes. Voici quelques-uns des animaux fantastiques qui s'animent sous nos yeux dans les vitrines de cette institution de Midtown. Depuis les animations vidéo en fond de scène jusqu'à la pluie de lumière blanche qui déferle sur la façade, tout est réuni pour évoquer un hiver enchanté, semblable à ceux des livres pour enfants. 424, 5e Avenue

Saks

Le luxueux magasin s'est inspiré du classique de Tchaïkovski Casse-Noisette pour ses six vitrines principales. Autour de Clara et du Roi des souris, une mer de guimauve, des nuages de barbe à papa, des arbres faits de sucettes géantes. Au «Pays des mille délices», la gourmandise est érigée en oeuvre d'art. Chaque soir, de 17h à 23h, l'immense façade du magasin s'illumine pour un spectacle son et lumière très couru. L'épicentre du Noël new-yorkais est ici: Saks d'un côté de la 5e Avenue, Rockefeller Center de l'autre. 611, 5e Avenue

Vitrine de Bergdorf Goodman... (La Presse, Alain Roberge) - image 8.0

Agrandir

Vitrine de Bergdorf Goodman

La Presse, Alain Roberge

Bergdorf Goodman

Le Musée d'histoire naturelle semble s'être invité chez Bergdorf Goodman, installée dans l'ancien manoir Vanderbilt: la végétation a envahi les vitrines, baignant le trottoir de la 5e Avenue d'une douce lumière verte. Ici, point de père Noël, de rennes ou de cantiques diffusés en boucle. Tout n'est que luxuriance, moiteur et jungle foisonnante. Un onirisme assumé, qui tranche avec les vitrines des boutiques voisines, notamment celles de Tiffany, juste en face. 754, 5e Avenue

Barneys

Amour, paix et joie. Voilà le thème de travail (large à souhait) imposé aux artistes qui ont investi les quatre vitrines de ce chic magasin de l'avenue Madison. Les interprétations sont diverses, tantôt humoristiques, tantôt délicieusement décalées: l'un s'est inspiré de La croisière s'amuse, d'autres ont choisi de mettre en scène les personnages de South Park. Chaque tableau est accompagné d'une musique choisie par l'artiste. Étonnant! 660, avenue Madison

Vitrine du Bloomingdale's... (La Presse, Alain Roberge) - image 9.0

Agrandir

Vitrine du Bloomingdale's

La Presse, Alain Roberge

Bloomingdale's

Le célèbre grand magasin a confié la création de huit de ses vitrines à un groupe d'artistes visuels. Leur mandat: créer des chandeliers uniques, pour apporter un peu plus de lumière au monde. De l'or, des néons, de la mosaïque, du verre, des miroirs: les matériaux varient et chaque oeuvre est exposée dans l'écrin qui lui convient. Belle idée: ces créations seront vendues aux enchères en janvier et les fonds seront versés à une oeuvre de charité. 1000, 3e Avenue

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer