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Québec ouvert à une autre classification des auberges

Nancy Lemieux, propriétaire de l'Auberge des Glacis, à... (Photothèque Le Soleil)

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Nancy Lemieux, propriétaire de l'Auberge des Glacis, à L'Islet, a investi d'importantes sommes afin d'acquérir une nouvelle étoile, en vain.

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(Québec) Certains aubergistes de la province pourraient gagner des étoiles au cours des prochains mois. Le ministère du Tourisme du Québec se dit ouvert à l'idée de créer une nouvelle catégorie d'hébergement. Un chantier a d'ailleurs été mis sur pied pour étudier la question.

Les choses se bousculent depuis qu'un regroupement d'aubergistes a demandé en 2015 au gouvernement de revoir les critères d'évaluation pour l'obtention des étoiles. Actuellement, ces critères sont les mêmes pour un petit hôtel de moins de 30 chambres que pour les grands établissements comme les hôtels Hilton, Marriott ou Fairmont.

Plusieurs pourparlers ont eu lieu au printemps entre différents intervenants du milieu, et la ministre du Tourisme, Julie Boulet, a jugé bon de créer un comité pour se pencher sur la question et avant tout définir ce qu'est une auberge. Une première rencontre entre des responsables de la Corporation de l'industrie touristique du Québec (CITQ), des aubergistes et des membres de l'hôtellerie a eu lieu le 19 septembre dernier, à Québec.

«La ministre est ouverte à analyser la possibilité de créer une nouvelle classification. Elle trouve cela intéressant et pertinent», indique au Soleil son attaché de presse, Patrick Soucy, lequel confirme la création du chantier. «Différents scénarios doivent cependant être étudiés avant de prendre une décision», poursuit-il.

Établissements «défavorisés»

Présent à la rencontre, Gilles Tardif, propriétaire des Maisons du Grand Héron, à L'Isle-aux-Grues, est l'un des initiateurs du mouvement. L'an dernier, il avait fait parvenir une lettre à l'ancienne ministre du Tourisme, Dominique Vien, dans laquelle il affirmait que les auberges étaient «défavorisées» par le système de pointage qui mène à l'obtention de 0 à 5 étoiles.

«Ce qui s'est passé, c'est qu'ils ont resserré les critères de classification pour s'enligner sur les critères internationaux. Mais les critères de l'hôtellerie et ceux des auberges, ce sont deux choses différentes. La classification actuelle nous discrédite et nous désavantage», déplore l'homme d'affaires. «Les gens ne recherchent pas nécessairement les mêmes choses dans une auberge qu'un hôtel. Nous n'avons pas toujours des téléviseurs. Ils cherchent plutôt la proximité des propriétaires, la convivialité, une expérience unique et une table du terroir.»

«Nous sommes déclassifiés, car nos chambres ne sont pas super luxueuses avec un bain-tourbillon et une douche pour quatre personnes. Ce n'est pas tout à fait ça, une auberge. Ce sont deux expériences différentes. [...] La nouvelle catégorie va nous permettre de retrouver nos lettres de noblesse», poursuit-il, souhaitant plutôt une classification qui mise «sur l'expérience, le bâtiment, le lieu, la différence et la table».

Afin que la Maison du Grand Héron ne perde pas ses deux étoiles, la CITQ, qui s'occupe de l'évaluation des hôtels, a l'an dernier changé l'établissement de catégorie pour le classer dans «autres établissements d'hébergement».

Selon M. Tardif, la catégorie auberges pourrait toucher environ 400 établissements d'hébergement au Québec. Pour le consommateur, elle permettrait d'avoir «une information plus juste» sur l'endroit où il réserve, estime-t-il.

Pour Nancy Lemieux, propriétaire de l'Auberge des Glacis, à L'Islet, le gouvernement se doit de revoir les critères. La femme d'affaires a d'ailleurs investi d'importantes sommes au cours des dernières années afin d'obtenir une étoile supplémentaire, en vain. Son établissement en possède actuellement trois. «On travaille pour trouver des critères acceptables et satisfaisants pour tout le monde», note Mme Lemieux. «C'est le fun, car la volonté est présente.»

Du côté de l'Association des hôteliers de la région de Québec (AHRQ), la présidente Michelle Doré doute de la pertinence d'une telle modification. Elle préfère toutefois attendre le rapport du comité avant de prendre fermement position.

«Si on s'en va vers là, est-ce que cela ne mêlera pas plus le grand public? On veut avoir une classification uniforme reconnue autant en France qu'ici. Et en ce moment, nous avons le même système», indique la propriétaire de trois établissements hôteliers du Vieux-Québec, soit l'Hôtel Champlain, l'Auberge Place d'Armes et l'Hôtel Jardin Sainte-Anne. «Je me demande si cela va vraiment nous aider ou nous nuire. Ça prend des études, mais de prime abord, j'aimerais mieux qu'on garde les standards internationaux», conclut-elle.

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