48 heures à... Percé

Derrière la carte postale (Le Soleil, François Bourque)

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Le Soleil, François Bourque

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48 heures à...

Voyage

48 heures à...

Notre chroniqueur François Bourque vous fait découvrir les quatre coins du Québec en 48 heures. »

(Percé) Derrière la carte postale

Un paysage de carte postale avec ses reliefs typés spectaculaires. Le rocher est une des marques touristiques les plus fortes du Québec. La station de bord de mer invite aux vacances et à la rêverie. Une impression de déjà vu? Sans doute. Percé semble figée dans le temps. Sur la 132 qui traverse le village, un même décor depuis 50 ans. Une enfilade convenue de motels, de restos, de boutiques de souvenirs et d'affiches nous pressant à sortir aux baleines ou à l'île Bonaventure. Il y a cependant des signes que le paysage de Percé est en train de changer. Projet de quai, de promenade de front de mer, de nouvelle rue, d'ajout à l'offre touristique, etc. À suivre. En attendant, on continue de s'émerveiller devant le ballet des fous de Bassan.

JOUR 1

  • 10h45: un homme à l'amer (1)
À l'approche de Percé en arrivant par le nord, la Cantine Tête d'Indien tire son nom d'un rocher voisin. On entrevoit celui-ci un court instant, le temps d'un angle sur la 132, mais on le verra mieux depuis le camping plus bas dans la côte. Au casse-croûte, un panneau raconte la légende d'un homme attristé qui détourne le regard de la mer pour attendre, en vain, le retour de sa bien-aimée, kidnappée par l'homme blanc. Belle entrée en matière.

La baie de Barrachois... (Le Soleil, François Bourque) - image 3.0

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La baie de Barrachois

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  • 11h: le bar à choix (2)
Une longue flèche de sable ferme la baie de Barachois, où se jettent quatre rivières. La lagune recèle une grande diversité de poissons (25) et d'oiseaux. Mais ce matin, à la halte routière et à ce qui reste du quai de bois emporté par une tempête, il n'y en a que pour le bar rayé. Les pêcheurs que j'y croise sont venus en Gaspésie pour le saumon de la rivière York, mais aiment aussi en découdre avec le bar, dont ils apprécient la combativité. 

Ils savent que jusqu'à la fin juillet, la loi les oblige à remettre leurs prises à l'eau. Tant d'efforts et de patience juste pour gagner le droit de recommencer. Chacun ses plaisirs! Le guide touristique ne l'indique pas, mais il est facile de traverser le pont ferroviaire pour rejoindre de l'autre côté une longue plage de sable sauvage.

La rivière aux Émeraudes... (Le Soleil, François Bourque) - image 4.0

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La rivière aux Émeraudes

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  • 11h30: le coffre aux trésors (3)  
Au fond de la baie de Barachois, une affiche pour la rivière aux Émeraudes. On suit le chemin de terre sur quatre kilomètres, puis on gare la voiture dans la carrière de pierres. Le décor hostile fait douter un moment qu'on soit au bon endroit. De là, un sentier sportif de 400 mètres mène à travers bois à la chute. Gougounes et talons hauts s'abstenir. On découvre au pied de la chute le coffre au trésor. Une couleur précieuse, vert émeraude, qui a donné son nom au cours d'eau. 

Un passage acrobatique sur des troncs couchés donne accès à la grève de cailloux. De jeunes adultes et quelques familles s'y sont aventurés. Depuis la chute, un sentier remonte la rivière jusque dans la baie des Chaleurs, 27 kilomètres plus loin.

L'Auberge du Coin du banc... (Le Soleil, François Bourque) - image 5.0

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L'Auberge du Coin du banc

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  • 12h30: l'auberge hors du temps (4) 
En retrait de la route, L'Auberge Le Coin du Banc, vieille maison de 200 ans, hors du temps et du lieu, protégée de l'effervescence de Percé par quelques kilomètres de falaise abrupte. On s'y arrête pour une soupe aux légumes, une salade de crevettes ou une coquille de fruits de mer. Le décor est chargé d'instruments aratoires, de filets de pêche, de fleurs, de bibelots et d'un mobilier ancien. Vieux jazz et chanson française. Le vent frais de la baie entre par la moustiquaire. En tendant l'oreille, on entend les vagues se briser sur la plage. On y passerait le reste du jour.

Francis Joncas, propriétaire de la micro-brasserie Pit Caribou... (Le Soleil, François Bourque) - image 6.0

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Francis Joncas, propriétaire de la micro-brasserie Pit Caribou

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  • 17h30: tout le monde est là, à cinq heures du soir (5)  
Au coeur du village de Percé, une haute maison blanche avec un pignon et des fenêtres sang-de-boeuf. La peinture de cet ancien magasin général est usée, mais les visiteurs et les locaux qui se pressent au Pub Pit Caribou à l'heure du 5 à 7 n'en ont cure. Des murs de bois, une table de billard, une terrasse à l'abri du soleil d'où on aperçoit la mer. C'est la place cool, celle de la chanson de Leforestier où on se donne rendez-vous pour raconter sa journée, son tour du monde ou celui de l'île Bonaventure. On y sert évidemment de la bière Pit Caribou, brassée quelques kilomètres plus loin. Le nom vient d'un personnage des Belles histoires des pays d'en haut.  

On peut visiter la microbrasserie, logée dans une ancienne fabrique de cuir de loup marin de L'Anse-à-Beaufils.

La Maison du pêcheur... (Le Soleil, François Bourque) - image 7.0

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La Maison du pêcheur

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  • 19h: sous la maison du pêcheur (6)  
On accède au Café de l'Atlantique par le quai. Le bistro partage une partie de son menu avec la Maison du Pêcheur à l'étage au-dessus, classé premier resto à Percé dans les revues de TripAdvisor, si la chose veut dire quelque chose pour vous. J'ai mes réserves sur ces classements, mais on ne refera pas le monde ici. Décor de mer. On y sent l'énergie des lieux à la mode. Service sans prétention. J'ai commandé la chaudrée et la pizza de fruits de mer. Honnête, mais pour le prix, j'aurais sans doute pu trouver mieux.

JOUR 2

  • 8h: les oiseaux de feu (7)  
Depuis la salle à manger de La Morutière (resto), on assiste au fabuleux ballet de fous de Bassan pourchassant le capelan dans la lumière du matin. Cette fin juin, début juillet est la période de l'année où le poisson afflue dans la baie de Percé, après quoi il s'éloigne vers des eaux plus froides, privant le public du spectacle symphonique. 

Petit déjeuner sans artifice autre que les larges fenêtres donnant sur l'eau, le rocher et l'île.

Des locaux en habits de travail, indifférents au spectacle, s'attardent autour d'un café avant d'entreprendre leur journée.

  • 10h: le sculpteur aveugle (8)  
Le quai de Percé est en partie fermé pour des raisons de sécurité. Le fédéral est prêt à le reconstruire. Reste à déterminer qui en assumera ensuite l'entretien et quelle forme et quelle longueur donner au quai pour éviter que la mer y rebondisse et abîme davantage les berges. La tempête de l'an dernier a éventré la promenade de béton qui longeait la grève. Une passerelle de bois temporaire vient d'être aménagée. On attend la suite. Signe des temps, une des hypothèses est de démanteler ce qui reste de la promenade et de reconstruire une «berge naturelle» qui résisterait mieux aux assauts de la mer. Idée intéressante.

On est ici au coeur d'un grand paradoxe. C'est l'érosion, le grand sculpteur aveugle, qui a fait de Percé ce qu'elle est. Mais c'est l'érosion qui la menace et emportera un jour, dans 400 ou 500 ans, le trou du rocher qui a fait sa renommée. Beaucoup de détails sur la géographie, l'histoire et la vie à Percé au Musée le Chafaud, près du quai.

  • 11h30: «l'église de verre» (9)  
Sur le coup, je n'ai rien remarqué. À l'écart de l'animation de la grève, une belle église de pierres rouges aux clochers inachevés. J'ai noté que la peinture écaillait au plafond et que les marches du perron étaient émoussées, comme si la mer y était montée deux fois par jour depuis 1903. Le rapport financier affiché au babillard à l'entrée indique pour 2015 un surplus de 14 000 $ sur un budget de 90 000 $. Cela suggère que la paroisse est en bonne santé.

 C'est au Géoparc, quelques minutes plus tard, que le verdict est tombé : l'église Saint-Michel a «tiré la mauvaise carte». On y explique que c'est une «église de verre». Le grès local dont elle est faite s'érode plus vite que la pierre. Comme le rocher, elle partira un jour.

Le Géoparc... (Le Soleil, François Bourque) - image 11.0

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Le Géoparc

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  • 12h: le mouvement des plaques tectoniques (10)  
Cinquante ans ou presque que Percé n'avait autant bougé. Le Géoparc, ouvert cet été, annonce un temps nouveau. Le bâtiment est à lui seul un événement, avec son rouge éclatant et ses formes évoquant la sédimentation des roches et la rencontre des plaques tectoniques.Les enfants aimeront la salle multimédia; vous, les projections sur la dérive des continents et le voyage du rocher Percé, paquebot de pierre dont le périple a commencé là où se trouve aujourd'hui l'Afrique équatoriale. 

Derrière, des sentiers qui mènent au mont Sainte-Anne, où une passerelle suspendue de 25 mètres à l'extrémité vitrée plonge sur la baie de Percé. 

Il est prévu d'installer au pavillon central des filets d'escalade et autres jeux d'enfants pour les jours de pluie et une navette menant vers les «géosites» de Percé.

Signe de l'importance de ce Géoparc, la ville projette pour l'automne une rue commerciale entre le nouvel établissement et la route 132.

Pierre-Olivier Trudel, un employé du Magasin général 1928... (Le Soleil, François Bourque) - image 12.0

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Pierre-Olivier Trudel, un employé du Magasin général 1928 de L'Anse-à-Beaufils

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  • 13h15: acheter du temps (11)  
On entre au Magasin général 1928 de L'Anse-à-Beaufils comme dans un livre d'histoire. Tout y est authentique : les planchers de bois, les meubles, les marchandises dans les présentoirs.Le premier propriétaire, la famille Robin, conservait les invendus en entrepôt depuis l'ouverture en 1928. Lorsque Gaston Cloutier a pris le relais en 1972, il a continué à accumuler des marchandises et a eu l'intuition de remiser aussi les meubles vitrines quand il a transformé son magasin général en libre-service. 

Les dernières années, le magasin n'était plus rentable, mais M. Cloutier continuait d'y accueillir les «jaseux» du coin. À sa mort en 2000, ses fils ont ramené le décor d'origine et ont fait du magasin un musée vivant. 

Des employés comédiens y racontent avec humour et moult détails la vie de l'époque comme s'ils cherchaient à vendre à des clients. Il vaut la peine de prendre la visite guidée.

Au mur près de l'entrée, un téléphone à cornet de 1916. J'ai fait le test en demandant qu'on signale le numéro du magasin à partir de mon iPhone 2016. J'ai répondu sur le vieil appareil : qualité de son parfaite. 

J'ai pensé que dans 100 ans, personne ne pourra être joint sur un iPhone 2016, mais qu'il y a une chance que ce soit encore possible sur le téléphone du vieux magasin général.

La Vieille usine de l'Anse à Beaufils... (Le Soleil, François Bourque) - image 13.0

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La Vieille usine de l'Anse à Beaufils

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  • 14h: la farce cachée de la dinde (12)  
L'audace et l'humour du collectif les Zumanistes valent l'arrêt à la Vieille Usine de L'Anse-à-Beaufils pour l'expo thématique La farce cachée de la dinde. À voir aussi des oeuvres d'artistes locaux qui vont au-delà de l'artisanat habituel. On descend ensuite au café qui propose des produits locaux : soupe de poisson, galette de morue salée-séchée, saumon du fumoir de Monsieur Émile, etc. Rares sont les terrasses où il est possible d'observer d'aussi proche la vie d'un petit port de mer. On voit de l'autre côté du havre, la microbrasserie Pit Caribou.

Carte de visite

  • Population: 3200
  • Coucher: Hôtel la Normandie. On ne peut imaginer vue plus directe sur la baie et le Rocher. Accès au trottoir de bois menant au quai. Pas le cachet d'un petit gîte, mais le souvenir d'un grand hôtel d'époque remis aux normes d'aujourd'hui.
  • Aurais aimé voir ou revoir: excursion à l'Île Bonaventure; sentier et observatoire en montagne du Géoparc; l'Économusée et les séchoirs de la poissonnerie Lelièvre à Ste-Thérèse, à 15 minutes de Percé.
  • Coup de coeur: la visite guidée au Magasin général 1928 de l'Anse à Beaufils pour la leçon d'histoire.

À venir

  • Carleton-sur-Mer: 6 août
  • Rivière-du-Loup: 13 août

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