Cabarete: quel bon vent vous amène?

La veille de notre départ, véliplanchistes et kitesurfers... (Le Soleil, Mylène Moisan)

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La veille de notre départ, véliplanchistes et kitesurfers ont pu prendre la mer d'assaut.

Le Soleil, Mylène Moisan

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(Québec) On avait deux semaines, le goût de refaire le plein au soleil, en famille. Pas le goût d'un tout-inclus ni de bourlinguer, comme on fait d'habitude.

On avait envie de se poser.

De se reposer.

On a choisi Cabarete, sur la côte nord de la République dominicaine. On s'est - facilement - laissé convaincre par un couple d'amis qui y vont deux fois par année avec leur fille. Ils font du kitesurf, la destination est un véritable paradis des sports de voile. 

Éole y est installé à demeure. 

Le vent fait habituellement la grasse matinée, se lève après le lunch, s'époumone à la grande joie des véliplanchistes, s'essouffle juste à temps pour l'apéro. On était avertis, pour se baigner dans la mer, il faut plonger avant les 12 coups de midi. Après, le ressac peut vous avaler tout rond.

Mieux vaut se rabattre sur la piscine.

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, Éole nous a fiché la paix. Pas un souffle de vent, ou si peu, du jamais-vu début février. Il n'y a eu, de tout le voyage, qu'une seule journée où il a venté pour la peine, j'en ai profité pour prendre des photos. Le spectacle est impressionnant, des dizaines et des dizaines de cerfs-volants de traction chevauchant les vagues, sans qu'un fil s'entremêle...

Résultat, nous avons pu nous baigner dans l'océan tant que nous avons voulu, nos deux gars étaient au paradis.

Ils se sont même initiés au surf.

Nous avions loué un confortable condo avec deux chambres au rez-de-chaussée du Reef, un sympathique endroit tenu par des Suisses, fréquenté par des gens des quatre coins du monde. Tout de suite en sortant du condo, une terrasse. Devant la terrasse, la piscine et un resto-bar, le Front Loop. 

Devant le resto-bar, la plage.

Et, sur la plage, un terrain de volleyball, une slackline, des hamacs, des lits, des chaises longues et des parasols. Et des serveurs qui passent pour vous demander si vous avez un petit creux ou une petite soif.

Les dilemmes sont nombreux : Mojito ou margarita? Mer ou piscine? Hamac ou volleyball?

L'endroit est fréquenté par plusieurs familles, les enfants ne perdent pas de temps à se lier d'amitié. En moins de 24 heures, nos garçons, cinq et sept ans, faisaient partie de la gang. La table de notre terrasse a vite été convertie en station de dessins, où Marianne la Française et Malorie, la fille de nos amis, s'en donnaient à coeur joie.

Les papiers et les crayons sont les meilleurs amis des parents voyageurs.

Nos deux gars n'étaient pas en reste avec Julio l'Italien, qui ne parlait pas un mot de français, pas plus que nos gars d'italien. Ils arrivaient à se comprendre en signes, parfois avec un parent à la rescousse, tant et si bien que, à la fin des vacances, le trio était inséparable. Ils se sont quittés en se promettant de se revoir.

Les parents de Julio nous ont invités à venir les voir en Italie.

Chassez le naturel, il revient au galop. Après quelques jours, nous avions déjà des fourmis dans les jambes, l'envie d'aller voir ailleurs si nous y étions. L'activité de la ville étant concentrée sur les sports de voile, il y a peu à faire autour. En fait, tout près de Cabarete, il n'y a qu'une option : les grottes.

Vous pouvez vous rendre au site à pied ou en taxi, de l'autre côté des quartiers habités par les Dominicains. À défaut d'être un incontournable, la visite - de deux heures - permet néanmoins une intéressante incursion dans la nature et dans l'histoire, en plus de descendre dans les grottes, parfois dans le noir total.

Claustrophobes s'abstenir.

Sensations fortes

Loin de la jungle et des expéditions dans les confins sauvages, les amateurs de sensations fortes resteront sur leur faim. Mieux vaut, si vous en êtes, vous tourner vers le canyoning et la zip line à Sosua, à 20 minutes de Cabarete. 

En marge des sentiers battus, au propre et au figuré, je vous suggère le petit et typique restaurant La Boca. S'y rendre est une aventure en soi, il faut se rendre au bout du Camino del Sol, particulièrement cahoteux et, de là, embarquer dans une chaloupe à moteur qui vous conduira de l'autre côté de la rivière.

Mieux vaut réserver, l'endroit est couru et la bouffe, excellente. On y sert des poissons entiers, du poulet, des crevettes et des langoustes, pour une bouchée de pain. Les enfants pourront explorer les environs et s'amuser à chasser les bestioles pendant que vous digérerez dans un hamac.

La grosse misère.

Si l'envie vous prend d'explorer les alentours de Cabarete, plusieurs agences offrent des forfaits. Les options sont nombreuses, pour tous les goûts et les budgets, allant de la sortie en apnée à Sosua - agréable -, à une partie de pêche sportive en mer, en passant par une virée d'une journée dans l'est de l'île.

Il y a aussi de la plongée sous-marine, de l'équitation, des expéditions d'un jour en Haïti, l'autre moitié de l'île Hispaniola.

Nous avons choisi la virée dans l'est de l'île, une journée complète dans une camionnette, avec un guide qui nous raconte son pays. En trois langues, s'il vous plaît, français, espagnol et allemand. Impressionnant. Nous avons eu droit à un cours d'histoire en condensé, en plus d'un éditorial bien senti contre la corruption, endémique.

La chose est très rare, les guides touristiques nous montrent habituellement seulement le beau côté de leur pays.

Premier arrêt, une plantation en plein coeur d'une petite ville. Une famille y cultive du café, du cacao, des mangues, des ananas, des bananes, en fait, tout ce qui pousse sur leur terre exploitée sur chaque pied carré. Là, des ruches, plus loin, du tek et puis, juste ici, un fruit qui fait l'objet d'études, il guérirait le cancer.

Les enfants se sont régalés de mangues fraîches, juteuses et dégoulinantes, et de noix de coco, que le propriétaire de la plantation a écorcées sous leurs yeux.

Prochaine escale, Playa Caleton, une mignonne baie bordée de palmiers. L'eau turquoise est, nous avait-on assuré, toujours calme. Pas cette journée-là. Nous avons à peine pu nous tremper les orteils, les vagues dérobaient le sable sous nos pieds. Nous avons profité du soleil, les enfants ont joué à Tarzan dans les arbres.

Pour l'heure du lunch, arrêt à Playa Grande, une longue bande de sable, beaucoup plus courue que Caleton. L'endroit est beaucoup moins sauvage, des toilettes y sont construites, des restaurants offrent le service aux tables, des pina colada, avec ou sans alcool, dans un ananas. Un classique.

En route vers un restaurant typique, La Boca... (Le Soleil, Mylène Moisan) - image 2.0

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En route vers un restaurant typique, La Boca

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Les dangers de la mer

La mer, comme à Caleton, n'entendait pas à rire. Un touriste l'a d'ailleurs appris à ses dépens quand il s'est retrouvé prisonnier du ressac, à quelques dizaines de mètres de la plage, incapable de regagner la rive à la nage. N'eût été du tendre époux et de notre ami, qui ont alerté le serveur, le pauvre diable y serait resté.

Il était moins une.

Quand notre serveur a aperçu l'homme s'enfoncer dans l'eau, il s'est rué sur la plage en criant. Avec un autre gars, et une planche de surf, on aurait dit qu'il volait sur les vagues. Les sauveteurs sont arrivés juste à temps, ils ont couché l'homme sur la planche, ont nagé vers le rivage.

Mais la mer n'avait pas dit son dernier mot, une vague est venue par en arrière, emportant les trois hommes dans un tourbillon. Le rescapé a réussi à s'agripper à la planche, nos deux sauveteurs se sont remis à nager, jusqu'à ce qu'un autre homme les rejoigne avec un kayak. Ils ont finalement regagné la rive, notre serveur a repris le boulot.

Une leçon en direct pour les enfants sur les dangers de l'océan.

Repus, nous sommes remontés dans notre carrosse, direction : la montagne. Contrairement à Haïti, où les ravages de la déforestation se font sentir, la République dominicaine offre un paysage luxuriant, à travers des routes qui sillonnent le pays. Nous avons roulé environ deux heures pour atteindre le sommet.

Construit au milieu d'habitations plutôt modestes, un chic restaurant, tout en bois, offre une vue imprenable sur la vallée. Les guides nous avaient suggéré d'apporter des vêtements chauds, nous avons bien fait d'écouter, nous avions perdu une bonne quinzaine de degrés en chemin. 

Nous avons bu une bonne bière, installés sur la terrasse, emmitouflés.

Heureux.

Nous sommes revenus à Cabarete vers 19h30, au terme d'une journée bien remplie. Les enfants avaient fait un somme, ils avaient refait le plein d'énergie pour finir la journée en beauté, autour d'une bonne table.

Cabarete, microcosme tropical

Cabarete compte de nombreux restaurants, la majorité est visiblement destinée aux touristes, comme la plupart des commerces d'ailleurs. On peut y manger de tout, des pâtes, des pâtisseries, de l'excellent café, des bretzels, des ailes de poulet, des plats plus classiques, des sushis, de la pizza.

Il y a même un formidable bar à tapas, le Yalla, tenu par des Israéliens.

On peut manger un excellent tartare de boeuf, dans un sympathique resto français, Le Bistro, sis dans une jolie ruelle en face de la pizzéria Pomodoro. C'est la première fois que je m'aventure à manger un tartare dans un pays du Sud, cela en dit long sur la confiance que m'a inspirée l'endroit.

Le soir, Cabarete se métamorphose, laissant place à la faune nocturne et bigarrée. Les bars et les restaurants le long de la plage s'animent, et les prostitués - des filles et des gars - prennent du service. Le commerce de nuit se fait au grand jour, le plus vieux métier du monde y a été légalisé.

J'avais déjà assisté à pareil manège dans un bar de San Jose, au Costa Rica, mais jamais de façon aussi ostentatoire. 

Vous remarquerez probablement, au hasard d'un regard, un logo reconnaissable d'entre tous, celui des Hells Angels. Le gang de motards, c'est un secret de Polichinelle, a pignon sur rue depuis environ sept ans à Cabarete, Sosua et Puerto Plata. Les Russes sont aussi très présents, surtout dans l'immobilier.

Sachez-le.

C'est tout ça, Cabarete, un microcosme tropical où cohabitent les familles, les sportifs et les retraités. Un petit coin de paradis où il fait bon se poser pour recharger les piles, pour faire le plein de vitamine D.

Allez, bon vent.

Les enfants ont passé des heures dans la... (Le Soleil, Mylène Moisan) - image 3.0

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Les enfants ont passé des heures dans la piscine, à quelques mètres du condo, juste derrière.

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