Portugal, du sud au nord

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Une vue de Porto et du quartier de la Ribeira, secteur touristique majeur de la ville, avec ses nombreux cafés, restos et magasins.

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(Québec) Des plages de l'Algarve à la magnifique région viticole du Douro, en passant par Lisbonne, Porto et Evora, le Portugal a beaucoup à offrir au voyageur en quête de contrastes.

Destination de plus en plus prisée, ce petit pays blotti au bout de l'Europe réserve son lot de belles surprises. Suivez le guide...

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Dépourvue d'édifices signatures, la capitale du Portugal a fait de ses tramways sa marque de commerce, un peu comme San Francisco.

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Lisbonne: un tramway nommé Plaisir

Rares sont les villes dont l'image est aussi intimement liée à un moyen de transport que Lisbonne. Dépourvue d'édifices signatures, la capitale du Portugal a fait de ses tramways sa marque de commerce, un peu comme San Francisco. Le mythique no 28, qui monte et descend dans plusieurs quartiers de la ville, est le plus connu. Impossible de le rater sur les cartes postales. Tout le monde veut monter à bord de ce tramway nommé Plaisir.

Moyennant trois euros, le véhicule jaune à l'intérieur en bois fait le tour des principaux sites touristiques. L'electrico brinquebalant monte et dévale plusieurs quartiers de Lisbonne, à travers le cliquetis de ses roues grinçantes. Soyez prévenus, c'est souvent la cohue pour avoir une place. 

Lors de leur montée vers le quartier Alfama, les passagers peuvent jouir d'un coup d'oeil mémorable sur la cathédrale, en route vers le belvédère de Santa Luzia, à l'ombre des bougainvillées.

De là, par les ruelles pentues - Lisbonne a été construite sur sept collines, ce qui lui donne beaucoup de relief -, il est facile de joindre l'incontournable château de Saint-Georges (castelo de Sao Jorge), construit par les musulmans au milieu du XIe siècle. Le visiteur découvre alors une vue de toute beauté sur les toits aux tuiles orange et la «mar de palha» (mer de paille), épithète poétique donnée au Tage par les Lisboètes en raison de ses reflets dorés.

Le tramway no 15 s'impose également pour visiter le quartier de Bélem, six kilomètres à l'ouest, à partir de la grouillante Place du Commerce. Une visite qui fait retourner à l'âge d'or de la cité manuéline. À ne pas rater, la tour de Belem, avec ses ouvrages en pierre du XVIe siècle délicatement sculptés, qui monte la garde sur la rive du Tage. Un peu plus loin, le magnifique monastère des Jeronimos (aussi appelé monastère des Hiéronymites), lui aussi édifié à l'époque où la richesse de Lisbonne était construite sur le commerce des épices de l'Orient.

Juste à côté, le regard aura tôt fait d'être attiré par une longue file sur le trottoir. Et pour cause, la pâtisserie Antiga Confeitaria offre depuis 1837 les délices emblématiques portugais que sont les pastels de Belem, une sorte de flan saupoudré de cannelle. Absolument délicieux. Vu la popularité du lieu, il peut être difficile de dénicher une place à l'intérieur de l'édifice labyrinthique rempli de racoins.

Lisbonne, c'est aussi et surtout une douce invitation à se perdre dans les ruelles de ses quartiers, tous plus typiques les uns que les autres. La ville n'est pas surnommée «la rade délicieuse» pour rien. Les bars et cafés du Bairro Alto, cachés dans les dédales de ruelles, donnent à vivre de belles soirées. L'Alfama, le plus ancien quartier de la ville, vibre au son de la puissance émotionnelle du fado, version portugaise du blues, ancré dans l'âme portugaise. Le quartier cossu du Chiado offre pour sa part boutiques de luxe, théâtres et belles maisons du XVIIIe siècle.

  • Où dormir? 
Residencial Alegria (Praça da Alegria). Charmant hôtel, propre, tranquille et abordable, donnant sur une petite place ornée de palmiers et de banians, à deux pas de l'avenue da Liberdade.

  • Où manger? 
Pour un repas beau-bon-pas cher, Paro Real (55, rue de Conceicao) est une adresse à retenir. Petit boui-boui très fréquenté par les habitants de Lisbonne. La morue, plat typiquement portugais, est délicieuse. À l'heure du dîner, moment d'affluence, l'ambiance est survoltée. Autre suggestion : dans le quartier Alfama, le Patéo (13, rue Calcadinha de Santo Estevao), un resto avec terrasse et ouvert tard en soirée, avec ses odeurs de poissons grillés qui embaument l'air. Très sympathique, mais un tantinet difficile à dénicher.

  • Un lieu touristique à... éviter 
Le Lisbon Story Center, place du Commerce. Un musée sur l'histoire de Lisbonne, depuis sa fondation jusqu'à nos jours. L'exposition multimédia fait un peu amateur, avec ses animations primaires. Le terrible tremblement de terre de 1755, qui tua 90 000 personnes, y est relaté à travers un court métrage parfois risible. À plus de 13 euros (incluant le guide audio), ça fait cher pour si peu.

Quelques barcos rabelos, sur les rives du Douro,... (Le Soleil, Normand Provencher) - image 3.0

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Quelques barcos rabelos, sur les rives du Douro, à Porto. Ces petites embarcations servaient jadis au transport du précieux nectar qui a fait la renommée de la ville. À l'arrière-plan, le pont Dom Luis 1er.

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Porto: plus que le doux nectar

À la seule évocation de Porto vient tout de suite à l'esprit ce vin à la texture pleine de couleur, d'une douceur généreuse, péché mignon (avec un bon fromage) de tous les disciples de Bacchus. Même si la dynamique capitale du nord du Portugal est intimement liée à ce nectar, il serait réducteur d'en faire la seule raison de la visiter.

Porto donne beaucoup à voir et à découvrir pour peu que le touriste sache s'abandonner au charme de cette ville courue par la jeunesse européenne, labellisée patrimoine mondial par l'Unesco. Sa topographie tout en relief, doublée avec les façades multicolores de ses demeures, enjolive les promenades. Son architecture est un dialogue permanent avec l'histoire, entre ruelles tortueuses du Moyen Âge et petites places de la Renaissance.

Déambuler le long de la promenade centrale moderne ornée de trottoirs en mosaïque, se perdre dans le quartier commerçant de la Baixa, musarder le long des quais de la Ribeira où une foule compacte, en haute saison, se rassemble autour des kiosques des marchands et les terrasses des cafés, autant de raisons pour faire de Porto une destination de choix.

C'est justement depuis les rives du Douro, fleuve qui fait corps avec l'histoire de cette région vinicole, que le visiteur peut contempler son symbole architectural le plus connu, le pont Dom Luis 1er, qui relie la ville au faubourg voisin de Vila Nova de Gaia. Le viaduc à deux paliers, long de 300 m et construit en 1886, est l'oeuvre d'un disciple de Gustave Eiffel, Teofilo Seyrig. Le tablier supérieur, qui trône à près de 400 m, est réservé aux piétons et à une ligne de métro. De là-haut, le point de vue est spectaculaire sur la ville et le Douro, sillonné par les navires d'excursions touristiques. 

Du sommet de ce pont, le regard tourné vers Vila Nova de Gaia, sur l'autre rive, le visiteur risque de succomber à l'appel du... porto. Nous y voilà. À la vue des nombreuses maisons mettant en évidence de gigantesques affiches sur les toits, la tentation est grande d'aller faire un tour chez la vingtaine de chais qui proposent des visites. Le choix est vaste : Cockburn (le plus important, avec neuf millions de litres par années), Taylor's, Sandeman, Ferreira... Ironiquement, la plupart de ces caves à vin appartiennent à des capitaux étrangers. 

C'est dans les caves de Gaia que le vin, produit dans les quintas de la vallée du Douro, est transporté pour vieillir à point, dans des conditions idéales, selon un procédé original où de l'eau-de-vie est ajoutée avant la fermentation du sucre des raisins. Autrefois, le précieux liquide était transporté à bord des barcos rabelos, petites barques à fond plat et à la proue relevée. Mises à la retraite obligée sur les bords du Douro, ces embarcations servent aujourd'hui surtout à orner les photos des touristes.

À l'issue d'une visite et surtout d'une dégustation - au Portugal, il n'y a pas d'heure pour déguster le porto - le néophyte ne parlera plus à travers son chapeau. Ses papilles gustatives sauront dorénavant faire la différence entre des «Tawny» de 5 , 20 ou 30 ans d'âge.

De retour sur l'autre rive, il fait bon se perdre dans les rues de Porto, musarder entre les nombreuses églises baroques et la cathédrale (Sé), la gare de Sao Bento avec son hall décoré de quelque 20 000 tuiles de céramique blanches et bleues, les fameux azulejos représentant des scènes de guerre et l'histoire des transports, et la Place de la Liberté, centre névralgique de la ville où les foules s'amassent les beaux soirs d'été.

  • Une curiosité
La librairie Lello et Irmao (144, rue das Carmelitas). La rumeur veut que J.K. Rowling, qui a un jour enseigné l'anglais au Portugal, ait été inspirée par cette librairie de style néogothique pour la création de Harry Potter. Depuis 1906, l'endroit a accueilli des milliers de visiteurs, dont plusieurs écrivains de renom. Avec son escalier central rouge en bois, sa décoration Art nouveau, son atrium de vitraux, la librairie vaut le coup d'oeil. Attention : en période d'affluence, on se marche littéralement sur les pieds puisque l'établissement n'est pas très vaste.

  •  Un restaurant
Flor dos Congregados (11, Travessa  dos Congregados). De la bonne cuisine portugaise à prix très abordable. Niché dans une ruelle, l'établissement donne l'occasion de déguster les fameuses tripes à la façon de Porto - les habitants de Lisbonne sont surnommés depuis longtemps les Tripeiros, mangeurs de tripes, signe de leur amour inconditionnel pour ce plat.

  • Un magasin
Boutique Sol (125, Muro dos Bacalhoeiros). Situé à l'extrémité du quai de Ribeira, le meilleur endroit pour rapporter un souvenir typique de Porto. Vous avez le choix parmi de magnifiques oeuvres d'artisans locaux, des plats en céramique et les incontournables azulejos.

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La région de l'Algarve, dans le sud du Portugal, est la plus touristique du pays. 

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Touristique Algarve

La région de l'Algarve, dans le sud du Portugal, est la plus touristique du pays. Chaque année, ils sont des millions de visiteurs à envahir le littoral, long de 155 km, attirés principalement par les 3000 heures annuelles d'ensoleillement et les plages sablonneuses. La région en compte de très belles, souvent bordées de falaises vertigineuses. Il faut pousser l'expédition jusqu'au cap Saint-Vincent (cabo de Sao Vicente), l'extrémité sud-ouest de l'Europe. Ce promontoire, doté de l'un des phares les plus puissants du continent, est la dernière terre que voyaient les explorateurs portugais avant de s'élancer sur les mers. Les couchers de soleil y sont magnifiques, dit-on, à moins que vous tombiez sur une journée où le brouillard est si épais qu'il est impossible de voir à dix mètres devant soi...

L'auto, indispensable

L'automobile est de loin le moyen de transport le plus efficace pour visiter le Portugal. En 10 jours, de l'aéroport de Lisbonne jusqu'à notre arrivée à Porto en passant par l'Algarve, ce sont 1946 kilomètres qui ont été enregistrés au compteur. Sans auto, plusieurs villages et petits coins pittoresques auraient été inaccessibles. Malgré un périple en haute saison touristique (fin juillet), bien peu de véhicules peuplent sur les autoroutes, payantes pour la plupart. La facturation s'effectue automatiquement lors du passage à la guérite. Ce n'est qu'une fois le véhicule remis à la compagnie de location que le paiement est prélevé. Quant à la mauvaise réputation des conducteurs portugais, de tempérament latin doit-on rappeler, elle se confirme surtout sur les routes secondaires. Ça roule souvent vite et avec bien peu de précautions lorsqu'il s'agit de doubler...

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