Le second souffle de Mexico

L'auditorium de Mexico vu depuis l'hôtel Intercontinental. L'endroit... (Collaboration spéciale, Normand Provencher)

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L'auditorium de Mexico vu depuis l'hôtel Intercontinental. L'endroit accueille des concerts et des spectacles très courus par la population.

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Normand Provencher

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Mexico) C'est à l'arrivée et au départ de Mexico, du haut des airs, que le visiteur prend l'ampleur et la démesure de cette ville, la plus étendue au monde. La nuit, le spectacle est surréaliste. Partout, que des lumières qui s'étendent jusqu'à la ligne d'horizon. Impossible de tout embrasser du regard.

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Le Palais national

Photo Shutterstock, Chameleonseye

Des mariachis dans un parc du quartier San... (Photo collaboration spéciale, Normand Provencher) - image 1.1

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Des mariachis dans un parc du quartier San Angel

Photo collaboration spéciale, Normand Provencher

Difficile d'imaginer qu'à l'origine, cette mégapole de 24 millions d'habitants était une île de deux kilomètres carrés, entourée de cinq lacs (dont l'immense Texcoco), de montagnes et de volcans. Selon la légende, les Aztèques, nomades depuis deux siècles, ont choisi de construire Tenochtitlán, en 1325, après y avoir vu un aigle se poser sur un cactus, un serpent dans son bec. Ces trois symboles sont omniprésents dans l'architecture et les armoiries du pays, dont le drapeau national.

Avec le temps, l'endroit est devenu un pendant de Venise, avec ses multiples canaux et embarcations pour s'y déplacer. Or, après la conquête et la disparition du glorieux empire aztèque, au XVIe siècle, des travaux de remplissage et de remblaiement comblèrent peu à peu le lac. Quelques vestiges de cette époque subsistent dans le quartier Xochimilco, au sud de la ville.

Il y a 500 ans, les Aztèques prévoyaient qu'un jour, Tenochtitlán deviendrait la plus grande ville au monde. Étonnante prophétie, Mexico n'en cédant aujourd'hui qu'à Tokyo et São Paulo à ce chapitre.

Ville en ébullition permanente, qui produit presque la moitié du PIB du pays, la capitale mexicaine a pris les grands moyens pour se renouveler et attirer les touristes. En 15 ans, leur nombre est passé de 8 millions à plus de 13 millions. Une augmentation attribuable entre autres à une taxe de 3 % instaurée pour stimuler le secteur touristique.

Pollution et sécurité

Il faut dire que Mexico revient de loin. Au milieu du siècle dernier, une industrialisation urbaine débridée force les politiciens à adopter des mesures draconiennes pour éviter le pire. «La ville s'est complètement transformée. Toutes les usines polluantes ont été fermées ou ont déménagé. Des parcs industriels de haute technologie ont été ouverts. On interdit la construction sur pratiquement la moitié de la superficie de la ville. On redonne le centre-ville historique à la population», énumère Carlos G. Mackinlay, ex-secrétaire du Bureau du tourisme de Mexico.

Dans les années 80, la ville traîne une réputation de ville polluée et dangereuse. Les finances sont dans un piètre état. «La ville a souffert d'une telle quantité de crises que personne ne pensait qu'elle allait s'en sortir», ajoute-t-il, en soulignant au passage le tremblement de terre de 1985, responsable de la mort de 10 000 personnes.

Construite dans une cuvette entourée de montagnes, dont le fameux volcan Popocatépelt, Mexico a longtemps souffert d'une lourde pollution atmosphérique. À la fin des années 90, l'air est si vicié que les pigeons tombent du ciel. À l'altitude de la ville (2240 m), le carburant des 4,5 millions de voitures brûle imparfaitement en raison de l'oxygène raréfié (30 % de moins par rapport au niveau de la mer), ce qui produit davantage de polluants.

Là également, un virage radical a été entrepris par les autorités municipales. Avec de bons résultats. La circulation des voitures se fait en alternance grâce à un système de numéro de plaques d'immatriculation, de plus en plus en vogue dans les grandes villes pour limiter le trafic. «Il y a une quinzaine d'années, Mexico comptait de 200 à 250 jours où la qualité de l'air était mauvaise. Il n'y en a plus qu'une dizaine maintenant», plaide M. Mackinlay.

«Ici, l'été, le ciel est bleu turquoise. C'est moins pollué que Paris», lance le délégué du Québec à Mexico, Éric R. Mercier, installé dans la capitale mexicaine depuis 2009.

Caméras de surveillance

Si la guerre entre narcotrafiquants mexicains fait régulièrement les manchettes, principalement en régions, la capitale a pris les grands moyens pour que les touristes déambulent en toute sécurité dans les rues. «On a mis l'accent sur la prévention et la surveillance, avec l'installation de 30 000 caméras de surveillance, raconte M. Mackinlay, précisant que l'élection d'un premier maire, à Mexico, en 1997, a contribué à accélérer les réformes.

Les policiers sont omniprésents à Mexico. On les trouve partout : près des musées, dans les parcs, dans les rues bondées de voitures. Quelque 80 000 au total, «mieux équipés et mieux payés», pour éviter la corruption qui sévit souvent chez leurs collègues, ailleurs dans le pays.

Nombreux musées

Ville-phare du monde latino-américain, Mexico s'établit lentement comme une destination culturelle incontournable. Avec plus de 180 musées, 10 sites archéologiques et plus de 1400 monuments coloniaux, la ville s'enorgueillit de figurer parmi les villes dans le monde comptant le plus d'instituts muséologiques.

De surcroît, en raison de son passé de cité lacustre, qui a rendu son sol argileux et instable, Mexico réserve son lot de surprises aux archéologues. «Petit à petit, la ville s'enfonce. Plus de sept mètres, uniquement au XXe siècle», explique Raoul Barrera Rodriguez, responsable du programme d'archéologie urbaine du Templo Mayor, près du Centre historique. «À Mexico, l'entretien et le soutènement des bâtiments coûtent une fortune.»

Destination gastronomique

À son image de ville culturelle, Mexico cherche aussi à s'imposer comme une destination gastronomique, avec ses 3500 restaurants. Enchilada, tortilla et quesadilla comptent parmi les mets mexicains les plus populaires, mais il y a plus. Au chic Chapulin, le client peut savourer un poulet au mole, une sauce chocolatée fabriquée avec différents piments secs et moulus. L'audace pourrait même l'inciter à saupoudrer son plat de... grillons (chapulines), un extra très populaire chez les Mexicains.

Les restaurants réputés gagnent leurs lettres de noblesse auprès de la clientèle d'affaires et des touristes. L'un des six établissements de l'hôtel Intercontinental, Au pied de cochon, succursale latino de la célèbre brasserie parisienne, offre une table de choix, en plus du plus vaste cellier d'Amérique latine.

Le chef Frédéric Lobjois, en poste depuis 14 ans, dirige une armée de cuistots qui sert plus de 500 repas par jour. «De plus en plus de Mexicains apprécient la cuisine française. Ils viennent ici après les concerts à l'auditorium [situé à proximité]. Tout ici est fait maison. Tous les jeudis, nous recevons des huîtres fraîches de Bretagne.»

Centre historique

Vu son étendue (1475 km carrés), Mexico n'est pas le paradis des marcheurs, même si les principales attractions touristiques se concentrent dans sept quartiers. Le centre historique, où cohabitent sept siècles de constructions, est un incontournable. Joyau du patrimoine culturel de l'humanité de l'UNESCO depuis 1987, on y trouve de superbes édifices coloniaux érigés sur les ruines de l'ancien empire aztèque, autour de la Plaza de la Constitucion. Parmi eux, l'imposant Palais national et ses fresques murales de Diego Rivera. Les fins de semaine, une foule bigarrée prend d'assaut les lieux, dans une cacophonie indescriptible. Agoraphobes s'abstenir...

Le touriste soucieux d'échapper au chaos trouvera la quiétude dans les quartiers Roma-Condesa, avec ses nombreux restaurants, boutiques et galeries qui attirent la jeunesse branchée de Mexico. Situé près du grand boisé Chapultepec, le «Central Park» de Mexico, le chic quartier Polanco est l'endroit où les grands magasins (Prada, Cartier, Gucci, etc.) ont pignon sur rue, la plupart sur Presidente Masaryk. Si l'endroit est surnommé les «Champs-Élysées de Mexico», il a toutefois peu à voir en termes de dimension avec l'original.

Avec ses rues pavées et ses coquettes demeures coloniales, le quartier San Angel attire aussi son lot de curieux. Le marché d'artisanat, tous les samedis, est très couru. À travers des centaines d'étals et de boutiques, le «gringo» saura trouver le souvenir qui lui rappellera sa visite au pays des Aztèques.

Le Templo Mayor, au centre historique de Mexico,... (Photo collaboration spéciale, Normand Provencher) - image 2.0

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Le Templo Mayor, au centre historique de Mexico, a été jusqu'à la conquête espagnole le lieu de nombreux événements profanes et religieux, dont des sacrifices humains.

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Une fresque et une maquette représentant la ville de Tenochtitlán

Photo collaboration spéciale, Normand Provencher

Quatre endroits à voir à Mexico

Templo Mayor

Situé dans le centre historique de Mexico, à deux pas de la cathédrale métropolitaine, le Templo Mayor («Grand temple» en espagnol) abritait autrefois la pyramide à degrés de Tenochtitlán, principal centre cérémonial de l'empire aztèque. Il n'en subsiste aujourd'hui que des vestiges, le conquistador espagnol Hernan Cortes et les troupes espagnoles ayant détruit la ville. La construction du premier temple remonte à 1375, et il a été élargi à plusieurs reprises jusqu'à sa destruction en 1521. Ce n'est qu'en 1978, lors de travaux de construction, que le site fut mis à jour, avec la découverte de la fameuse Coyolxauhqui, un monolithe de huit tonnes représentant la déesse de la Lune. Le musée donne un aperçu de la civilisation aztèque, connue pour ses nombreux sacrifices humains. Une visite de la cour extérieure, où se déroulent toujours des fouilles, donne un aperçu de l'instabilité du sous-sol de la capitale, plusieurs endroits étant surélevés ou inégaux.

Musée national d'anthropologie

Un endroit majeur et incontournable du réseau muséologique mondial, qui renferme des vestiges des anciennes cultures préhispaniques du pays. Le musée, situé au coeur de Mexico, dans le quartier Reforma-Chapultepec, attire deux millions de visiteurs chaque année. Construit en 1964, en seulement 18 mois (un véritable tour de force compte tenu de ses dimensions), l'édifice accueille dans quatre grands bâtiments, disposés autour d'une cour centrale, une remarquable collection de pièces archéologiques trouvées dans les temples et tombes: la célèbre roue du «calendrier aztèque» ou pierre du Soleil, d'un poids de 24 tonnes; la statue de la déesse de la terre, Coatlicue, le masque du dieu Chauve-souris... À ne pas rater, dans la fascinante salle Mexica, la plus vaste du musée, une reproduction de l'île-cité Tenochtitlán, qui donne un aperçu de la fondation de Mexico, autrefois une île. Au centre du patio central, le «parapluie» une fontaine en forme d'arbre de vie, attire les regards. Comptez une bonne demi-journée, sinon davantage, pour la visite.

L'atelier de l'artiste Frida Kahlo, à la Casa... (Photo collaboration spéciale, Normand Provencher) - image 3.0

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L'atelier de l'artiste Frida Kahlo, à la Casa Azul

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La basilique de Santa Maria de Guadalupe... (Photo collaboration spéciale, Normand Provencher) - image 3.1

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La basilique de Santa Maria de Guadalupe

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Maison Frida Kahlo

L'endroit, aussi appelé Casa Azul (maison bleue), situé dans le tranquille quartier de Coyoacan, draine chaque jour une horde de touristes, venus se recueillir dans la résidence où la peintre latino de renommée internationale, Frida Kahlo (1907-1954), passa une grande partie de sa vie, en compagnie de son compagnon, Diego Rivera. Sous le signe du recueillement, le visiteur déambule à travers les pièces de la demeure, où abondent souvenirs et objets de la vie quotidienne de cette artiste dont la vie a été marquée par les tragédies - la polio contractée à l'âge de six ans et un terrible accident de tramway, en 1925, qui la laissa avec de multiples séquelles. Ici, l'atelier où elle peignit ses dernières étoiles, en fauteuil roulant. Là, sur un lit, les cendres de la défunte reposant dans une urne en forme de visage. Émouvant. À l'issue de la visite (comptez moins d'une heure), une halte dans le luxuriant jardin permet d'apprécier la collection d'oeuvres préhispaniques de Diego Rivera. Dans un coin de la terrasse où Frida avait l'habitude de recevoir ses invités à dîner, une vidéo retrace les grandes étapes de sa vie. 

Basilique Notre-Damede Guadalupe

L'endroit où, selon la légende, un jeune berger vit apparaître la «Vierge noire», en 1531, est devenu le site catholique le plus visité du monde après le Vatican. Quelque 20 millions de fidèles s'y rendent chaque année pour assister aux offices religieux. Très catholiques, les Mexicains, même des gens très âgés, sont nombreux à marcher à genoux pour atteindre l'église baptisée en l'honneur de la patronne du pays. La tunique où s'est imprimée l'image de la Vierge est installée près de l'autel. Histoire d'éviter de voir s'agglutiner trop longtemps les curieux, la relique peut être admirée en empruntant, plus bas, un tapis roulant, invisible aux membres de l'assemblée. Si la nouvelle cathédrale, inaugurée en 1976, n'offre pas un cachet mémorable, il en va autrement de la basilique de Santa Maria de Guadalupe, considérée comme le monument catholique le plus impressionnant d'Amérique. L'édifice recèle une variété de styles architecturaux puisque sa construction, interminable, s'échelonna entre 1532 et 1813. La basilique est aussi appelée «la tour de Pise mexicaine», en raison de son inclinaison marquée, imputable au sol instable de la colline Tepeyac. Un simple coup d'oeil à la façade et une visite à l'intérieur vous convaincront qu'il ne s'agit pas d'une illusion d'optique.

***

Les frais de déplacement et de séjour du Soleil à Mexico ont été payés par le Conseil de promotion touristique du Mexique à Montréal, l'hôtel Intercontinental et AeroMexico.

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