Révolution tranquille au pays des Castro

Une bouquinerie à La Havane, les livres et... (Photo collaboration spéciale Mylène Moisan)

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Une bouquinerie à La Havane, les livres et les objets à vendre ont un point commun, la Révolution.

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(La Havane, Cuba) Avant 2013, les Cubains ne pouvaient pas partir en voyage comme vous et moi, ils devaient se faire «inviter» et produire une foule de documents pour démontrer qu'ils reviendraient au pays après. C'était mission quasi impossible. Ils ont maintenant le droit d'avoir un passeport, et d'acheter un billet d'avion.

Aymee, notre hôtesse à La Havane, se préparait pour un voyage de trois semaines en Angleterre. Elle est sociologue de métier, son époux travaille chez Havana Club. Ils ont des revenus suffisants pour s'acheter un logement, pour payer les permis pour louer des chambres.

Pour voyager aussi. Ce sera la première fois de sa vie que Aymee partira en voyage.

Aymee est consciente du chemin qui reste à parcourir, mais aussi de celui que le pays a parcouru. Elle constate que le défi sera de résister, encore, à une américanisation trop grande, de maintenir l'accès gratuit et universel à l'éducation et aux soins de santé, de ne pas creuser l'écart entre riches et pauvres.

Il existe déjà.

J'ai senti les Cubains plus heureux, plus confiants, du moins. J'y étais peu de temps après l'annonce d'un rapprochement entre les États-Unis et Cuba, on parlait de l'ouverture prochaine d'une ambassade américaine, de la levée éventuelle de l'embargo. Le Canada a joué un rôle important, les Cubains nous en sont reconnaissants.

Rations

Le pouvoir d'achat des Cubains a certes augmenté, mais la plupart des habitants de l'île doivent encore se contenter des rations de l'État. Comme le font plusieurs touristes, j'ai pris l'habitude, depuis le tout premier voyage, d'emporter dans mes valises des choses de première nécessité, des choses utiles ou pas, que les gens peuvent difficilement se procurer, allant d'analgésiques aux bas de nylon.

Les médicaments partaient toujours en premier.

Cette fois, j'avais apporté des comprimés d'acétaminophène et des rouges à lèvres. L'Oréal 4, Tylenol 0.

C'est une anecdote, évidemment, comme tant d'autres. Comme les files qu'on ne voyait pas aux guichets automatiques, comme Giovanni, notre guide à cheval, qui textait en «conduisant», comme ce chauffeur de taxi, qui nous montrait, sur son téléphone, des photos de sa fille de deux mois.

Et d'un bel hôtel où il avait séjourné le mois précédent, où il n'aurait pas pu mettre les pieds il y a quelques années.

La vue de notre «casa« à La Havane... (Photo collaboration spéciale Mylène Moisan) - image 2.0

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La vue de notre «casa« à La Havane

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Un des nombreux immeubles à logements de style... (Photo collaboration spéciale Mylène Moisan) - image 2.1

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Un des nombreux immeubles à logements de style soviétique.

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Chez l'habitant comme à la maison

Les trois premières fois, je suis allée à Cuba avec un «tout-inclus», jusqu'à ce que je découvre qu'on pouvait aussi habiter chez les Cubains. La formule, qui était beaucoup moins développée il y a quelques années encore, a littéralement explosé depuis que les Cubains ont un meilleur accès à Internet.

Il y a des centaines de «casas particulares» dans le pays, des couples ou des familles qui obtiennent la permission de l'État de louer une ou plusieurs chambres de leur maison. Vous pouvez même réserver avant de partir par Internet, par l'entremise d'agences. Certaines exigent un dépôt, c'est l'exception plus que la règle.

Nous avons «visité» et réservé nos quatre maisons avant de partir, certains sites offrent de belles photos. La plupart des casas sont répertoriées sur TripAdvisor, ce qui donne une indication de plus pour la qualité de l'endroit, selon les commentaires des touristes qui y ont séjourné avant.

Nous avons frappé dans le mille, quatre fois. Les maisons étaient impeccables, les chambres propres, les hôtes avenants, généreux, irréprochables. Les casas offrent en général la possibilité de manger sur place, habituellement pour 4 $ le déjeuner et pour 8 $ le dîner et le souper.

C'est délicieux, souvent meilleur que les restaurants, à des années-lumières des buffets insipides des tout-inclus.

Les hôtes se font aussi un plaisir de jouer les guides touristiques, en vous organisant une expédition ou en vous appelant un taxi, pour une grande distance ou pour une petite excursion. Ils vous recommanderont les meilleurs restaurants des alentours, vous donneront l'heure juste sur les attractions.

Difficile de retourner dans un «tout-inclus» après ça...

Voici quelques liens pour trouver des casas particulares:

Une vieille américaine et le Che, loin derrière...... (Photo collaboration spéciale Mylène Moisan) - image 3.0

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Une vieille américaine et le Che, loin derrière...

Photo collaboration spéciale Mylène Moisan

Le bal des transports

Il n'a jamais été aussi facile de se déplacer sur l'île de Castro et sur ses quelque 60 000 kilomètres de route.

Pour ceux qui aiment l'autobus et qui ont le goût de visiter les villes les plus populaires, Viazul offre une douzaine de liaisons à des tarifs très raisonnables, à condition de n'être pas pressé.

Pour avoir une plus grande liberté, je vous suggère le taxi, ce qui vous donne un guide touristique en prime. Nous privilégions presque toujours ce moyen de transport lorsque nous voyageons en famille, ce qui nous permet de faire quelques détours si nous avons du temps où d'arriver à destination plus rapidement lorsque l'horaire est plus chargé.

Il existe à Cuba des compagnies de taxis officielles et aussi les vieilles américaines, les almendrones, dont les chauffeurs ont maintenant plus facilement accès à un permis.

Sens de l'orientation requis

Vous pouvez aussi louer une voiture, mais assurez-vous d'avoir un bon sens de l'orientation, les cartes ne sont pas toujours très précises.

Pour les plus sportifs, le vélo est une option de plus en plus populaire, certaines agences de voyages organisent même des voyages exclusivement à deux roues. Vous verrez toutes sortes de moyens de transport dans ce pays, allant des boîtes de camions aux calèches.

On voit même encore circuler dans les rues - les plus vieux s'en souviendront - les autobus à Bouliane...

Une plage, près de Santa Maria del Mar,... (Photo collaboration spéciale Mylène Moisan) - image 4.0

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Une plage, près de Santa Maria del Mar, à une vingtaine de minutes de La Havane.

Photo collaboration spéciale Mylène Moisan

Cuba avec les enfants

Cuba est un paradis pour voyager avec les enfants, les Cubains les adorent. Et se fendent en quatre pour leur faire plaisir.

Anecdote. Après notre semaine passée à Viñales, chez Analuisa et Jorge, nous avons pris une photo avant de partir, devant leur maison, pour se souvenir du bon temps que nous avons passé là. Sur la photo, où il y a aussi la sympathique chienne Palmera, nos deux enfants sont dans leur bras, tout sourire.

Le plus jeune, quatre ans, ne voulait plus s'en aller.

À Cuba, à l'instar de plusieurs pays d'Amérique du Sud, les enfants sont partout, ils accompagnent leurs parents où qu'ils aillent, au restaurant, dans les magasins, souvent dans les bars. Dans la plupart des excursions, les gens s'organisent pour que les enfants puissent participer, souvent à moitié prix, parfois gratuitement.

Faible sécurité

Par contre, côté sécurité, aussi bien dire qu'il n'y a pas vraiment de normes. C'est surtout frappant dans les transports, où le concept du «siège pour enfant» est à peu près inexistant. Dans un taxi, vous serez chanceux si vous avez une seule ceinture de sécurité, les brinquebalantes Lada et les vieilles américaines ont perdu plusieurs morceaux au fil des années et les chauffeurs ne remplacent que l'essentiel.

Les ceintures n'en font pas partie.

L'autre avantage de voyager chez les Cubains, c'est de permettre aux enfants de voir que tous les enfants du monde n'ont pas leur chance, qu'ils n'ont pas de salles de jeu, qu'ils n'ont pas vraiment de jouets en fait. Pas de LEGO, pas de Playmobil, pas de Benjo où aller magasiner les cadeaux.

Vous auriez dû voir la tête de mon plus grand, six ans, quand il a vu cette dizaine d'enfants jouer au baseball devant un imposant immeuble à logements datant de l'ère soviétique. «Maman, ils frappent la balle avec une planche»... Oui, garçon. Mais tu as vu comme ils sont contents, ils ont une balle...

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