Arizona: la riche culture d'un jeune État

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Les ruines du pueblo Wutpaki, occupé par les Amérindiens Sinagua, il y a 800 ans.

Collaboration spéciale Marc Tremblay

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Marc Tremblay
Marc Tremblay

Collaboration spéciale

Le Soleil

Un paysage célèbre érodé par le temps, des peuples amérindiens enracinés depuis des millénaires et une société contemporaine en pleine croissance où convergent migrants américains et internationaux. Voilà l'Arizona. Un jeune État qui surprend et émerveille le visiteur.

L'Arizona est situé dans le Sud-Ouest américain, à l'est de la Californie et au nord du Mexique. Le Grand Canyon State présente une géologie extraordinaire très variée. Le relief accidenté offre une palette de climats, du désert brûlant et sec de l'été aux pics enneigés de l'hiver en passant par des oasis tempérées propices à la culture de la vigne. L'Arizona a une superficie de 295 254 km2, ce qui en fait un des plus grands États américains. Des cultures amérindiennes complexes se sont développées durant des millénaires et ont survécu malgré la conquête et l'occupation espagnole, suivies par l'expansion américaine vers l'ouest au milieu du XIXe siècle. L'Arizona compte la troisième plus grande population autochtone des États-Unis, soit environ 300 000 Amérindiens, dont une bonne partie se trouve dans le nord de l'État (Navajos et Hopis).

Vouloir visiter tout l'Arizona est très ambitieux pour un séjour de deux semaines, mais il est possible d'en saisir l'essentiel. Mon itinéraire débute dans la ville sophistiquée de Scottsdale et se termine au canyon Havasu, un des endroits les plus isolés aux États-Unis.

Scottsdale

Tout commence à l'aéroport de Phoenix, où je suis désorienté par le gigantisme de la métropole qui s'étend dans un rectangle d'environ 3500 km2. Une navette me mène à l'imposant centre de location d'automobile du terminal aérien : le hall d'entrée est plus vaste que celui de l'aéroport de Québec! Avec l'auto, on me remet une carte routière quadrillée de rues et d'avenues qui me guidera à Scottsdale, banlieue de l'est de Phoenix. Ici, la voiture est reine et les transports en commun sont vraiment marginaux. Tout faire en taxi coûterait une fortune.

En 1888, Winfield Scott achète une vaste ferme qui deviendra le centre historique de Scottsdale. Il en subsiste encore certains bâtiments, mais après plus d'un siècle, le quartier est devenu une zone culturelle agglomérant un grand nombre de galeries d'art, de musées, de boutiques d'artisanat et de restaurants. Je suis logé au réputé hôtel Valley Ho, ouvert en 1956 et rénové de manière magistrale au début des années 2000. Ma «chambre» est une suite luxueuse qui enchanterait Don Draper de la série télé Mad Men. Le design est contemporain avec de nombreux accents vintage.

Pour souper, je vais chez Virtù Honest Craft, un des meilleurs restaurants des É.-U. en 2013 selon le magazine Esquire. L'ambiance est sobre, un décor dépouillé pour ne trop distraire le client de l'assiette, m'explique le chef Gio Osso, originaire du New Jersey et qui eut une illumination après un séjour d'un mois en Italie. Il interprète le sud-ouest à la façon méditerranéenne, avec des produits locaux. Je déguste avec plaisir sa pieuvre grillée avec un aïoli épicé, déposée sur un lit de roquette. «Passion et dévouement» sont les valeurs qui motivent Gio.

Au lever, j'aperçois la silhouette de Camelback Mountain, un cran rocheux qui permet une randonnée verticale de 385 mètres avec vue panoramique de Phoenix. Recommandé. Je suis attiré par le musée d'art contemporain de Scottsdale (SMoCA), un édifice argenté et courbé, à l'architecture originale et qui a récupéré les quatre salles d'un ancien complexe de cinéma. L'artiste arizonien James Turrell a intégré au musée un «Skyspace» intitulé Knight Rise, une installation permanente à voir absolument. La structure de béton circulaire aux murs blancs est conçue pour observer le ciel par une ouverture elliptique au plafond, un spectacle qui change avec la lumière du jour. Le SMoCA se consacre sur l'architecture, le design et les enjeux du développement urbain. On me suggère d'aller voir deux lieux iconiques de l'architecture à Scottsdale : Taliesin West et Cosanti.

La Garden Room à Taliesin West, résidence d'hiver... (Collaboration spéciale, Marc Tremblay) - image 2.0

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La Garden Room à Taliesin West, résidence d'hiver de l'architecte Frank Lloyd Wright

Collaboration spéciale, Marc Tremblay

Architectes célèbres

Je me rends à Taliesin West, tout fébrile, car il s'agit de la maison d'hiver de Frank Lloyd Wright, l'architecte le plus célèbre aux États-Unis. Deux de ses réalisations sont très connues : le musée Guggenheim à New York et la maison Fallingwater en Pennsylvanie. Le site est en périphérie de la ville, dans le désert, au pied des montagnes. La visite guidée de Taliesin West est fascinante et nous permet d'accéder à des espaces exceptionnels tels que la Garden Room (coup de coeur!) ou la salle de projection. Wright voulait établir une résidence d'hiver pour sa santé et s'intéressait à expérimenter des principes d'architecture organique avec ses apprentis qui restaient pour plusieurs mois. Wright appliquait quatre concepts : la nature du site, les méthodes et matériaux (inventer un béton avec les blocs du désert), la destruction de la boîte (sortir du rectangle classique de la pièce pour libérer l'espace intérieur) et construire pour la démocratie. Taliesin West est un phare culturel incontournable à Scottsdale!

L'inspiration donne faim et je dîne au Pomo Pizzeria Napoletana. Le propriétaire Stefano Fabbri me reçoit avec accolades dès que je lui parle en italien et me fait goûter à l'une de ses trois pizzas certifiées par l'Association de la vraie pizza napolitaine (AVPN, en Italie). Un délice tout autant que la salade de roquette au fromage stracchino. Tellement italien... au milieu du désert et des cactus, je me demande si je ne suis pas dans un western spaghetti...

Le second lieu, Cosanti, fut également la demeure et l'atelier d'un architecte très célèbre de Scottsdale : Paolo Soleri. Dans une végétation abondante surgissent des dômes supportés par des nervures complexes, décorés de motifs géométriques. Originaire de Turin, Soleri avait été invité en 1947 par Frank Lloyd Wright à venir séjourner à Taliesin West. Le stage avec Wright l'inspirera, mais il le quitte et élabore des théories sur le design et l'urbanisme qui aboutiront à «l'arcologie», un concept utopiste fusionnant l'architecture et l'écologie. Le projet de Cosanti lui permet d'expérimenter des techniques de moulage en terre et de construire des structures organiques dignes de la science-fiction. Il implante une fonderie de cloches en bronze pour financer ses projets (toujours en vente). Pour Soleri, l'étalement urbain et l'automobile isolent les individus. Il préconise des communautés denses et efficaces, sans gaspillage et autonomes, avec de l'énergie solaire et des serres en périphérie. Une ville expérimentale, Arcosanti, est d'ailleurs en construction au nord de Phoenix.

Avant de quitter Scottsdale, je vais en vélo de montagne dans le désert du Sonora en compagnie du guide Denny Brua, de Arizona Outdoor Adventures. Nous allons dans le McDowell Sonoran Preserve, représentant un tiers du territoire de la Ville de Scottsdale, dédié à de nombreuses activités de plein air : randonnée, vélo de montagne, escalade, équitation, etc. Une taxe de vente spéciale a été votée pour constituer ce parc qui offre plus de 100 milles de sentiers de vélo balisés à partir de l'accueil de Brown's Ranch. Je circule dans un décor de cactus saguaros et de buttes rocheuses arrondies. On apprend vite à reconnaître le cactus Cholla, aux redoutables épines «velcro». Pour un amateur habitué de rouler en forêt, le dépaysement est fabuleux.

Centre-ville de Flagstaff, escale de la fameuse route... (Collaboration spéciale Marc Tremblay) - image 3.0

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Centre-ville de Flagstaff, escale de la fameuse route 66

Collaboration spéciale Marc Tremblay

Verde Valley

Curieux sur les vins de l'Arizona, je me rends dans la vallée du Verde, à moins de deux heures au nord de Phoenix. Je suis accueilli au vignoble Javelina Leap par la copropriétaire Cynthia Snapp, au pied des rangs de vigne. Coupe de pinot gris rosé en main, j'en apprends sur la renaissance de la viticulture dans la vallée. S'il est avéré que les Franciscains espagnols importèrent la vigne il y a environ 400 ans, la prohibition de 1915 porta un coup dur au vin en Arizona. Il y a moins de 15 ans, des nouveaux pionniers ont replanté la vigne. Les conditions sont excellentes pour le raisin : des sources d'eau abondantes qui alimentent la Verde River, des sols volcaniques, une altitude de 1100 mètres et une latitude comparable à celle de Bordeaux. Le Verde Valley Wine Consortium regroupe 20 producteurs. Javelina Leap propose des vins élaborés avec des cépages uniques tels que tempranillo, cabernet sauvignon, syrah ou zinfandel. Des vins complexes à la robe foncée qui emplissent la bouche de fruits rouges. La salle de dégustation est bondée la fin de semaine.

À deux pas de là s'élève le bâtiment de Page Springs Cellars, propriété du charismatique Eric Glomski, viticulteur et négociant en vin qui s'est battu contre les préjugés et a fait un lobbying intense pour obtenir une législation assouplie de l'État. Les efforts des viticulteurs et négociants ont littéralement porté fruit, puisque des maisons comme Arizona Stronghold exportent jusqu'au Canada. Dans la salle de dégustation, Paul Hay me fait goûter des assemblages : un agréable vino del Barrio Blanco 2013 (80 % viognier - 20 % chenin blanc), un rouge plaisant baptisé El Serrano 2012 (43 % mouvèdre, 41 % syrah et 16 % petite syrah) et un étonnant vin intense, le Syrah 747 Clonal Blend 2012 : du canon! Il faut savoir que plusieurs vins sont produits en petites quantités et ne sont offerts qu'au vignoble : ce qui attire les fidèles de Bacchus à revenir chaque année.

Je loge au centre de Cottonwood, au «boutique» Tavern Hotel, à proximité de plusieurs restaurants et salons de dégustation de vin, une attraction récente dans cette ancienne région minière et ses légendes de prohibition. Karen Leff, propriétaire du Old Cottonwood Hotel, peut vous en parler longtemps. Je passe la soirée au Schoolhouse Restaurant, en face du chef Christopher Dobrowolski, qui me gâte avec des spécialités de son cru en direct de sa cuisine (et du jardin à l'extérieur). Avec l'artichaut au four et sa crème d'ail noir et pesto de basilic truffé, je capte l'umami, la cinquième saveur. Extatique. Plus tard, Christopher me sert un pétoncle grillé à la perfection. Nous discutons jusqu'à la fermeture.

Au matin, je sirote un excellent expresso au Crema Cafe. On peut y déguster le remarquable gelato de Kelley Foy, qui a suivi une formation à Bologne. Décidément, les Arizoniens s'ouvrent sur le monde avec classe. Mais le Wild Arizona n'est pas loin. Et j'enfourche un véhicule quatre roues motrices pour suivre la guide professionnelle Mary McDowall vers le mont Mingus. Les pistes sinueuses et poussiéreuses nous mènent vers des panoramas magnifiques de la Verde Valley. Véhicule à essence et pleine nature semblent s'opposer, mais ici, les activités d'Arizona Offroad Tours sont exclusivement autorisées par un permis de la Prescott National Forest. En quelques heures, Mary et moi parcourons une grande distance et redescendons par des canyons secs. Une chevauchée motorisée très grisante! «Hi! Ha!»

Sur la route de Flagstaff, je fais un arrêt facile à Montezuma Castle, monument national américain. En 10 minutes, je suis au pied d'une falaise pour admirer des ruines extraordinaires encastrées dans un porche immense. Les Amérindiens Sinagua, agriculteurs sédentaires, auraient construit vers l'an 1100 cet édifice de 5 étages, divisé en 20 pièces et uniquement accessible par des échelles.

Flagstaff, sur la route des monuments nationaux

Porte d'entrée vers le Grand Canyon, à la confluence de plusieurs routes et chemins de fer, Flagstaff est la ville phare du nord de l'Arizona. À une altitude de 2100 mètres, la cité bénéficie d'un climat frais l'été alors que l'hiver, les pics de San Francisco, culminant à 3851 mètres, font la joie des skieurs. En arrivant, je remarque tout de suite les enseignes à néon datant de l'âge d'or de la célèbre route 66. Flagstaff est une ville universitaire avec un grand choix de restaurants.

Je m'initie à la région en visitant le Museum of Northern Arizona, un édifice en bois rond entouré de grands pins. Dans une salle près de l'entrée, la géologie régionale est bien vulgarisée. Les collections ethnologiques et archéologiques des fondateurs Harold S. Colton et Mary-Russell Ferrell Colton sont étonnantes et permettent d'en apprendre beaucoup sur les tribus amérindiennes de la région. Plusieurs salles exposent des poteries racontant 1800 ans d'histoire artistique avec des styles très raffinés.

Flagstaff est bien localisée pour aller explorer des sites archéologiques et géologiques fantastiques : il faut un minimum de deux journées pour avoir un aperçu. Je commence par Walnut Canyon National Monument, un site remarquable au coeur d'un méandre de la rivière Walnut. Avec les millénaires, le cours d'eau a taillé de profondes encoches horizontales dans les parois. Cela a créé des surplombs naturels s'avançant sur plusieurs mètres. Les Amérindiens Sinagua construisirent des abris en y ajoutant murs et portes vers l'an 1100. Une belle randonnée qui exige de descendre et monter quelque 240 marches.

Les cascades de BeaverFalls sur la rivière Havasu... - image 4.0

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Les cascades de BeaverFalls sur la rivière Havasu

Volcan et ruines amérindiennes

À une heure de route, le Sunset Crater Volcano National Monument est l'occasion contempler un volcan et des coulées de lave refroidies «récemment», c'est-à-dire vers l'an 1040. Le Sunset Crater est le plus récent cône de cendres de l'histoire volcanique régionale de six millions d'années. J'emprunte un sentier qui serpente dans un champ de lave noire et cristalline, un véritable paysage lunaire. Je poursuis mon périple pour profiter de la lumière tombante en arrivant à Wutpaki National Monument. Le plateau volcanique fait place au «Painted Desert», une plaine colorée de jaunes et d'ocres avec une végétation clairsemée. Je parviens au pueblo de Wutpaki, un édifice de maçonnerie rouge brique juché sur une arête rocheuse, évoquant le château médiéval. Il y a 800 ans, ce pueblo Sinagua était constitué d'une centaine de maisons juxtaposées, avec vue sur l'horizon désertique. Survivre sans cours d'eau était un défi pour ce peuple : sin agua signifiant «sans eau». La tombée du jour fait rougir la structure et la découpe en ombres.

La nuit approche. Je me précipite à ma voiture pour aller au pueblo Wukoki, distant de cinq kilomètres. La structure est plus modeste bien que perchée plus haut sur un cran rocheux. Pendant que je laisse mon appareil photo faire un timelapse motorisé sur rail, je déambule autour du monument, m'imprègne du site en écoutant le vent. Seul, j'ai presque l'impression de sentir une présence spirituelle alors que l'astre solaire coule dans les montagnes.

Retour vers Flagstaff avec la silhouette des pics San Francisco comme repère dans la grande nuit. Je parviens à mon gîte : le 410 B&B. La chambre est très douillette, meublée et richement décorée. Sommeil avec songes de désert. Au petit matin, je réalise pleinement la qualité du gîte en prenant mon déjeuner gastronomique. Le propriétaire Gordon Watkins a longtemps travaillé dans l'industrie hôtelière haut de gamme et fut également pâtissier. Il s'entretient avec tous ses invités en prodiguant conseils. Inspiré par mes expériences autochtones, je vais fouiner dans les boutiques de Flagstaff. Au Winter Sun Trading Co, je rencontre un jeune Hopi, Justice Tso qui sculpte des poupées kachina dans le bois de la racine du cottonwood (peuplier). Ces figurines avaient pour but d'instruire les jeunes filles Hopi sur les katsinas, esprits immortels qui contrôlent la nature et la société. Elles sont vendues à fort prix tout comme les poteries Hopi, façonnées avec des boudins sans l'utilisation d'un tour et cuites dans un four extérieur.

Cratère et forêt pétrifiée

Ma prochaine destination est visible de très loin : sûrement des airs, mais également depuis l'autoroute. Meteor Crater. Excitant! Un des meilleurs exemples de cratère météoritique sur la planète, avec un diamètre de 1250 mètres et une profondeur de 175 mètres. Les propriétaires, la famille Barringer, opèrent le site avec professionnalisme : le centre d'interprétation est très bien conçu. Sur le balcon, il vente fort et je me sens aspiré par le cratère. Le météorite est tombé il y a environ 50 000 ans et peu de fragments ont été retrouvés. À voir avec Google Earth. Je reprends la route dans un trafic de camions de marchandises. Il me faut une heure et demie pour atteindre le parc national de Petrified Forest. J'emprunte le sentier Giant Logs (troncs géants). L'étendue jonchée de troncs pétrifiés est spectaculaire avec la lumière rasante du soleil couchant. Ces arbres sont morts il y a 200 millions d'années et furent recouverts de boue volcanique. Lentement, sans oxygène, l'eau souterraine s'est infiltrée dans les tissus du bois pour les remplacer par de la silice. Selon le contenu en fer, carbone ou manganèse, la roche est colorée en arc-en-ciel. Mélancolique, j'observe les ombres s'allonger... Il m'aurait fallu une journée complète.

Havasu, les eaux bleu-vert

Pour terminer mon séjour en Arizona, je participe à un trek dans le canyon de la rivière Havasu, un affluent du Grand Canyon. Même s'il est possible d'y accéder de manière autonome, je profite de l'expérience des guides Josh Kloepping et Gary Elbert, de Arizona Outdoor Adventures, qui gèrent toute la logistique et les somptueux repas de ces quatre journées inoubliables, hors civilisation! La première journée est une marche d'approche de 16 kilomètres dans un canyon en passant par Supai, un des villages les plus isolés des États-Unis. La communauté autochtone d'environ 500 Havasupai y habite depuis des centaines années et serait la seule tribu du pays parlant sa langue à 100 %.

La randonnée débute par une descente en lacets dans le canyon sec de Hualapai, sur les galets et entourés de murailles rouges sculptées par le vent. Des arbres et de la verdure annoncent la jonction avec le canyon Havasu, creusé par le cours d'eau du même nom qui signifie «eaux bleu-vert». Nous traversons Supai et ses maisons de bois. Le chemin longe ensuite la rivière, nous offrant des points de vue sur New Navajo Falls et l'imposante chute Havasu de 30 mètres. Enfin, un campement confortable est établi au fond de la gorge.

Le jour suivant, notre sentier se poursuit vers l'aval et se faufile dans un tapis de vigne sauvage. Il faut parfois longer des vires friables ou traverser à gué la rivière Havasu. Un grondement annonce un abîme qui avale le cours d'eau : c'est la cascade Mooney, un grand trait d'eau de 64 mètres de hauteur. Pour rejoindre le bas de la chute, un accès fut excavé vers 1882 et il faut descendre une série vertigineuse de tunnels, d'échelons de métal et de vieilles échelles de bois en s'agrippant à une chaîne. Une aventure digne des westerns qui aboutit à une vue frontale de la chute et son souffle humide. Quelques kilomètres plus loin, j'admire les cascades de Beaver Falls, formées de travertins calcaires délicatement festonnés. En haut, un ruban de ciel bleu se déroule entre les deux parois du canyon et le soleil illumine le haut des falaises, réfléchissant une lumière douce dans l'étroite vallée. Voici le terminus de mon voyage. J'avais demandé au chef Christopher Dobrowolski, du Schoolhouse Restaurant, de me résumer son Arizona en quelques mots : «Wild, wild, West. Undisturbed natural beauty.» J'y suis.

Un survol surprenant de l'Arizona

Arizona from Marc Tremblay on Vimeo.

En faire plus

  • À Scottsdale : allez au Musical Instruments Museum qui présente les instruments de musique des cinq continents; explorez le Desert Botanical Garden et soupez sur place chez Gertrude's; marchez les galeries d'art durant la ArtWalk tous les jeudis soir; découvrez les restaurants du centre-ville avec Arizona Food Tours.
  • À Flagstaff : visitez les microbrasseries locales en suivant la Ale Trail, déjeunez chez Martanne's et soupez au Brix.

Pratique

  • Toutes les saisons sont pertinentes pour visiter l'Arizona, mais il faut savoir que les mois de juin, juillet et août peuvent être torrides. Le climat sec impose de boire beaucoup d'eau. Il y a parfois beaucoup de route à faire en auto.

Ce reportage a été réalisé grâce à l'invitation de l'Office du tourisme de l'Arizona, www.visitarizona.fr, et de la grande collaboration de la majorité des lieux visités.

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