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La Turquie en trois temps: Cappadoce, Éphèse et Pamukkale

Tous les matins, au lever du soleil, des... (Photo collaboration spéciale, Normand Provencher)

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Tous les matins, au lever du soleil, des centaines de montgolfières multicolores s'élèvent au-dessus de Göreme.

Photo collaboration spéciale, Normand Provencher

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(Göreme) Habitations troglodytes, cônes et pitons de tuf, cheminées de fée de 40 mètres de hauteur, canyons sortis tout droit d'un western, la région de la Cappadoce donne à voir des lieux et des paysages déconcertants. Surtout du haut des airs, lors d'une balade en montgolfière, point d'orgue d'un séjour dans cette région de l'Anatolie centrale.

La Mosquée bleue, à Istanbul, bâtie entre 1609... (Photo collaboration spéciale, Normand Provencher) - image 1.0

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La Mosquée bleue, à Istanbul, bâtie entre 1609 et 1616, tire son nom de la céramique bleue qui orne les murs de son intérieur.

Photo collaboration spéciale, Normand Provencher

Le profil inusité de la Cappadoce remonte à quelque 30 millions d'années, alors que des éruptions volcaniques ont recouvert la région de plusieurs strates de cendres. Une fois solidifiée, la cendre s'est transformée en tuf, une pierre qui s'érode facilement. Au fil des millénaires, l'érosion, l'écoulement des eaux, les changements de température et les mouvements tectoniques ont créé des formes géologiques époustouflantes, véritables miracles de la nature.

Le décor cappadocien, malgré son aspect lunaire et aride, renferme un riche passé du passage de l'homme. Fuyant la persécution, la communauté chrétienne a construit au IIIe et au IVe siècle après Jésus-Christ une multitude de chapelles, de monastères et de villes souterraines à même les rochers.

Le musée à ciel ouvert de Göreme, un centre religieux important dans la première moitié du Moyen Âge, constitue un arrêt incontournable, avec ses dizaines de chapelles rupestres creusées dans les rochers et leurs fresques sur la vie du Christ. La majorité d'entre elles sont accessibles par des escaliers de pierre très étroits, la patience est donc de rigueur en période d'achalandage.

Une randonnée dans la vallée des Pigeons, une balade d'environ une heure, permet de savourer pleinement le paysage. En été, par temps caniculaire, chapeau et gourde d'eau s'imposent. Depuis Göreme, il est possible de gagner par un sentier le village d'Uçhisar. Du haut de cette cité forteresse construite sur un promontoire, le coup d'oeil sur la région est fantastique.

Du haut des airs

Un séjour en Cappadoce ne saurait être complet sans une envolée en montgolfière, histoire d'observer ce coin de pays unique d'encore plus haut. Tous les matins, à l'aube, lorsque les conditions météorologiques sont au rendez-vous, le ciel se constelle d'une centaine de ballons multicolores. Puisqu'il s'agit d'une des activités touristiques les plus populaires en Cappadoce, il est préférable de réserver sa place avant son départ, idéalement auprès de son hôtel, histoire d'économiser.

À plus de 1000 mètres d'altitude, dans les rayons du petit matin, la Cappadoce étale ses splendeurs. Le calme absolu, aucun bruit, sinon celui, intermittent, de l'air chaud envoyé dans le ballon à l'aide d'un brûleur. Après un périple d'environ une heure, c'est le retour sur la terre ferme, avec en prime, un verre de champagne, gracieuseté de votre capitaine.

Votre ascension matinale trouvera une étonnante antithèse touristique, plus tard en journée, avec la visite de l'une des trentaines de villes souterraines de la Cappadoce. Celle de Derinkuyu (qui signifie «puits profond»), la plus vaste et la mieux éclairée, vaut l'heure et demie de route depuis Göreme.

Construites pour protéger les chrétiens de leurs ennemis, ces villes peuvent s'enfoncer jusqu'à une centaine de mètres de profondeur. Celle de Derinkuyu, construite pour accueillir 20 000habitants, s'étale sur huit étages. Le visiteur y accède à travers une série de galeries, de tunnels et d'escaliers. Une affiche installée à l'entrée déconseille l'endroit aux gens souffrant de problèmes cardiaques et respiratoires. Les claustrophobes ont aussi intérêt à y penser à deux fois, car il est ardu de faire marche arrière vu l'étroitesse des passages.

Tout avait été prévu pour accommoder les habitants de monde souterrain : cuisines, entrepôts de nourriture, églises, étables, morgues, puits intérieurs (pour éviter un empoisonnement par l'ennemi). Des trous creusés dans le sol et le plafond de chaque pièce permettaient de faire circuler l'air. De lourdes meules circulaires faisaient office de portes. Derinkuyu, comme les autres villes souterraines de la Cappadoce, n'a jamais constitué un habitat permanent. Une information rassurante, compte tenu des piètres conditions d'hygiène que pouvait entraîner une vie collective dans un endroit aussi restreint...

À son époque, la bibliothèque de Celsus était... (Photo collaboration spéciale, Normand Provencher) - image 2.0

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À son époque, la bibliothèque de Celsus était l'une des trois plus grandes au monde, avec celles d'Alexandrie et de Pergame.

Photo collaboration spéciale, Normand Provencher

Les fascinantes ruines d'Éphèse

Marcher sur les traces des empereurs César et Hadrien, visiter le lieu de sépulture de l'apôtre Jean, laisser son imagination vagabonder devant les ruines du temple d'Artémis, le détour par le site d'Éphèse et la ville de Selçuk offre de quoi satisfaire le plus exigeant amateur d'histoire.

Ce site archéologique, l'un des plus célèbres et des mieux préservés de la Méditerranée, offre un excellent aperçu de la vie à l'époque romaine. Le visiteur remonte dans le temps, jusqu'au IVe siècle av. J.-C., à l'époque où la ville, fondée par Lysimaque, l'un des généraux d'Alexandre le Grand, était le premier port de la côte égéenne.

En haute saison estivale, chaque jour, des milliers de touristes (dont bon nombre de croisiéristes) prennent d'assaut les lieux, souvent sous un soleil de plomb. D'où la recommandation de commencer la visite tôt le matin afin d'éviter les foules et les coups de chaleur.

Il y a beaucoup à voir sur le site de cette cité antique qui comptait, à son apogée, jusqu'à 250 000 habitants. Une grosse demi-journée est nécessaire pour en faire le tour, deux fois plus longtemps pour les mordus. À défaut de faire partie d'un groupe organisé, de bons bouquins touristiques s'imposent. On ne visite pas ces lieux mythiques à la va-vite. S'imprégner de l'histoire d'Éphèse et de ses personnages commande une certaine lenteur. Éphèse est l'endroit tout indiqué pour le slow tourism.

La cité renferme des bâtiments admirables. La bibliothèque de Celsus, bâtie entre 114 et 117, par le consul Gaius Julius Aquila, en l'honneur de son père, attire son lot de curieux. Sur son imposante façade à deux niveaux, des statues représentant les vertus : la bonté, la pensée, le savoir et la sagesse. Il s'agit de répliques; les originales sont exposées au musée d'Éphèse, à Vienne. À l'époque, l'édifice comptait environ 12 000 rouleaux rangés dans des niches aménagées aux murs.

Un peu plus loin, le Grand Théâtre, restauré par les Romains entre 41 et 117, est impressionnant, avec ses gradins capables d'accueillir 25000 personnes. Juste en face, la voie du Port. Principale rue d'Éphèse, elle était à l'époque bordée de boutiques et éclairée la nuit par des lanternes. Jules César avait l'habitude d'arriver en ville par ce chemin.

Le visiteur attentif aura tôt fait de chercher la signification du nom de cette avenue. Un port, où ça? Il faut comprendre qu'à l'époque, la mer s'avançait loin à l'intérieur des terres, presque jusqu'à l'actuelle Selçuk. De nos jours, on l'entrevoit à l'horizon...

Sur les traces de Marie et de Saint Jean

Éphèse possède également des ramifications avec l'histoire du christianisme. La maison de la Vierge Marie en témoigne. C'est ici, en 37, selon certains, que la mère de Jésus aurait passé ses dernières années, après y avoir été conduite par l'apôtre Jean.

Le disciple possède également son lieu de culte, en bordure de la ville de Selçuk, à quelques kilomètres d'Éphèse. Sur la colline d'Ayasuluk s'élèvent les ruines de la basilique Saint-Jean, érigée au VIesiècle. C'est dans ce décor pastoral que l'apôtre serait venu écrire son évangile à la fin de sa vie.

Toujours en bordure de Selçuk, à quelques minutes de marche, une visite s'impose au temple d'Artemis, l'une des sept merveilles du monde de l'Antiquité, bâti en 550 av. J.-C. Malgré la richesse de son histoire, l'endroit ne paie pas de mine. Ici et là, entre les herbes, les ruines de ce qui fut jadis un monument haut de 18mètres, grand comme un terrain de football. Depuis la fin de l'été dernier, des archéologues mènent des travaux, les premiers en 20 ans, pour découvrir des vestiges de l'époque romaine. Rien ou si peu pour renseigner le touriste. On entre et sort du site comme dans un moulin. Un peu d'imagination ne nuirait certainement pas pour mettre en valeur ce lieu unique.

Les célèbres vasques de Pamukkale, dans la province... (Photo collaboration spéciale, Normand Provencher) - image 3.0

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Les célèbres vasques de Pamukkale, dans la province de Denizli, se sont formées au fil des siècles par l'écoulement d'eau chaude de sources thermales.

Photo collaboration spéciale, Normand Provencher

Pamukkale: la citadelle de coton

Dans la verdoyante plaine de la province de Denizli, le site naturel de Pamukkale frappe l'imagination. L'écoulement incessant d'eaux de source chaude a formé au fil des siècles une impressionnante structure de carbonate de calcium, sertie de vasques de travertin. Le visiteur venu du froid y verra une ressemblance avec les formations glacées se formant près des chutes. Sauf qu'ici, en plein coeur de l'Anatolie, l'été, il fait chaud, très chaud...

Le mot Pamukkale signifie «citadelle de coton». L'image convient parfaitement pour décrire ce lieu unique, à flanc de montagne, inscrit depuis 1988 au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le déplacement vaut doublement le coup, puisque l'escalade conduit aux ruines de Hiérapolis, une ville d'eau populaire à l'époque hellénistique.

L'accès au sommet de la montagne, une montée peinarde sur quelque 250 mètres, se fait pieds nus en raison du ruissellement des eaux sur le sol de calcaire hérissé de petites stries. N'ayez crainte, les risques de se casser la margoulette sont minimes.

Petits et grands ne sauront résister à la tentation de se faire prendre en photo dans les eaux chaudes des vasques. Mais, histoire de préserver l'intégrité des lieux face aux hordes de touristes, certains endroits sont interdits d'accès. Des gardiens de sécurité veillent au grain pour ramener les contrevenants à l'ordre, à coups de sifflet. Et ça siffle souvent...

Une fois au sommet, après la contemplation du panorama, le site archéologique de Hiérapolis vous attend. Vu l'étendue de l'endroit, qui couvre une grande partie du parc national, prévoyez une bonne journée pour en faire le tour.

Zone souvent ravagée

Haut lieu du commerce de la laine sous l'Empire romain, fondé vers 190 av. J.-C., Hiérapolis a connu son apogée entre 196et 215. Située sur une zone sismique sensible, elle a été ravagée à plusieurs reprises par des tremblements de terre. En 1334, ses citoyens, devenus craintifs, l'abandonnèrent.

Grâce aux vertus curatives de ses eaux thermales, la ville recevait en grand nombre les habitants affligés de plusieurs maux. Le bassin sacré, associé au temple d'Apollon, était un endroit très couru. De nos jours, l'endroit fait partie du Pamukkale Thermal. Les touristes y font trempette à travers les fragments de colonnes de marbre.

L'impressionnant théâtre romain de 12000 places, bâti en 200 av. J.-C. sous le règne des empereurs Hadrien et Septime Sévère, et restauré dans les années 70, vaut le détour, tout comme le martyrium de Saint-Philippe, où fut lapidé et crucifié l'un des 12 apôtres, en l'an 80. À découvrir également, la nécropole avec ses 1200 tombeaux, le plus vaste cimetière antique d'Anatolie.

En somme, des ruines, beaucoup de ruines, mais des ruines fascinantes...

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