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Lac Atitlán au Guatemala: les Mayas bien vivants

Statue de la Sainte Vierge, tout en haut d'un... (Collaboration spéciale Patricia Cloutier)

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Statue de la Sainte Vierge, tout en haut d'un promontoire que l'on atteint par un sentier. En bas, le village de San Juan la Laguna.

Collaboration spéciale Patricia Cloutier

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(Lac Atitlán, Guatemala) Les Mayas ne sont pas morts. Autour du lac Atitlán, au Guatemala, où ils composent environ 75 % de la population, on les salue dans la rue et on s'invite à dîner chez eux. Souriants, réservés, ils sont tellement authentiques qu'ils sont parfois surpris que les touristes s'intéressent à eux et à leur mode de vie traditionnel, où le sacré occupe une place prépondérante.

 Personnage de chien dans un spectacle de... (Collaboration spéciale Patricia Cloutier) - image 1.0

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Personnage de chien dans un spectacle de théâtre maya

Collaboration spéciale Patricia Cloutier

Les anciens temples mayas de Iximche étaient construits... (Collaboration spéciale Patricia Cloutier) - image 1.1

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Les anciens temples mayas de Iximche étaient construits l'un par-dessus l'autre, à la manière de poupées russes.

Collaboration spéciale Patricia Cloutier

Un voyage au lac Atitlán permet très bien de combiner vacances et immersion culturelle. Situé à deux heures de route de Guatemala City, le lac de 16 km2, bordé par trois volcans endormis, offre un panorama à couper le souffle. Il renferme une ancienne cité maya submergée, que les adeptes de plongée sous-marine pourront observer.

Tout autour, d'immenses forêts de pins, de cyprès et de chênes, que l'on peut découvrir soit en parapente, par les tyroliennes de la réserve naturelle ou en empruntant les multiples sentiers pédestres. Avec le Japon, le Guatemala est le seul pays au monde qui est assis sur trois plaques tectoniques. Ce qui explique son paysage très accidenté (attention à ceux qui ont le mal des transports!) et les 33 volcans qui l'habitent.

Mais c'est avant tout son peuple qui rend cette destination unique. Les Mayas, vêtus de leurs habits traditionnels qui vont au marché de Sololá, l'un des plus grands - et des plus bruyants! - au pays. Les femmes portant leur panier de lessive sur la tête et leur bébé dans le dos, qui arpentent sans même être essoufflées les rues pentues de leur village. Les hommes, machette à la ceinture, qui reviennent de la forêt avec leur chargement de bois.

Comme ils sont très pauvres, certains Mayas tenteront de vous vendre des bijoux et des foulards colorés dans les rues plus touristiques de Panajachel. Mais si je me fie à mes collègues de voyage, ils sont beaucoup moins «achalants» qu'il y a quatre ou cinq ans. Notre guide nous informe qu'une loi est venue encadrer le travail des vendeurs ambulants.

Au coeur des communautés

Durant mon voyage d'une semaine, j'ai surtout visité des ateliers communautaires, où on découvre la façon de vivre et les techniques de travail des habitants. Ces visites m'ont permis de faire le plein de souvenirs, qui sont souvent vendus moins cher que dans les boutiques touristiques, parce qu'il n'y a pas d'intermédiaire.

On peut apprendre par exemple comment les Mayas se servent des plantes et des insectes pour teindre le coton, dont ils se serviront ensuite pour tisser leurs habits et leurs foulards. Lors de notre visite d'un jardin de plantes médicinales, à San Juan la Laguna, on a pu humer les plantes et goûter à une délicieuse infusion de citron, naturellement sucrée.

À San Pedro la Laguna, j'ai été touchée par ma visite d'une école de peinture pour enfants défavorisés. On raconte des légendes mayas à ces enfants, qui s'en inspirent ensuite pour peindre des tableaux. Vous auriez dû les voir courir dans la rue, heureux, après que certains collègues aient acheté des toiles.

Je me suis rendue dans un champ de maïs pour en semer de façon traditionnelle, à la main. Comme c'est une culture de subsistance et non d'exportation, il revêt un aspect très sacré pour les Mayas, qui demandent la permission aux dieux avant de le planter et embrassent le sol juste après. Et ne leur parlez pas du maïs transgénique, qui est vu comme le diable en personne. Des manifestations monstres ont empêché la compagnie Monsanto de faire son entrée au pays ces dernières années.

La culture du café est différente. Les coopératives ont grossi et ont mécanisé le processus de triage et de séchage des grains, qui sont à 98 % destinés à l'exportation. On a aussi instauré un système de compostage des écales de café et on produit du miel avec les abeilles qui vont butiner les caféiers.

Fierté retrouvée

Les Mayas, de par leurs croyances, respectent la Terre et sont très sensibles aux thèmes de l'écologie. Ce qui ne les empêche pas de fréquenter assidûment les églises catholiques le dimanche et de marier les deux religions. À ce chapitre, le cimetière catholique de Sololá vaut le détour. Les tombes de pierre, très colorées, sont empilées les unes sur les autres, et lors de notre passage, il y avait des restes de nourriture par terre, car les gens étaient venus donner de la nourriture aux défunts de leur famille, qui, c'est bien connu, sortent de leur cachette le 1er novembre, jour des Morts.

La culture maya, après avoir été longtemps réprimée durant la guerre civile (1960 à 1996), connaît un nouvel essor. Les communautés en sont de nouveau fières. On recommence à organiser des parties de pelote maya dans des gymnases et des spectacles de théâtre mettant en scène des personnages de la mythologie maya. Une renaissance qui ne fait que commencer.

Les frais de ce voyage ont été payés par PROSOL, le projet de développement économique de la région de Sololá.

Vestiges du passé

Sur la route menant au lac, il vaut la peine de s'arrêter à Tecpán pour visiter les anciens temples de Ixim-che. Non, ce ne sont pas les pyramides mayas les plus grandes et les plus impressionnantes à voir. Mais si on prend le temps de les explorer avec un guide, on apprend que ces temples, qui servaient à honorer les dieux (oui, oui, on a retrouvé des restes de sacrifices humains!) étaient construits l'un par-dessus l'autre, comme des poupées russes. Après 400 ans d'oubli, les ruines de cette cité défensive ont été déterrées dans les années 1950. Aujourd'hui, le parc est visité autant par les touristes que par les locaux, qui ont un attachement très profond pour leurs ancêtres. Lors de notre visite, en novembre, plusieurs étaient venus y faire un pique-nique et faire voler des cerfs-volants, une façon, croient les Mayas, de communiquer avec les morts. 

Repères

Langues parlées : espagnol et dialectes locaux

Population : 14 millions

Monnaie : quetzal (apporter de l'argent américain et faire l'échange sur place)

Eau : éviter de boire l'eau du robinet

Électricité : 110 et 220 volts

Meilleur moment pour y aller : durant la saison sèche (novembre à mai). Nuits fraîches et environ 25 degrés Celsius dans le jour.

Pour s'y rendre : deux vols totalisant environ sept heures, de Montréal à Guatemala City, avec une escale aux États-Unis.

Sécurité améliorée

Les touristes se font rares à Guatemala City, où la sécurité est encore une préoccupation. Ce qui n'est pas le cas dans le reste du pays. Oui, on peut parfois entendre des pétards résonner à n'importe quelle heure du jour, mais il ne faut pas s'en inquiéter. Les Mayas croient que les dieux aiment le bruit. Un seul incident est venu ponctuer le deuxième jour de notre voyage. Des voitures de police empêchaient notre autobus d'entrer au centre-ville de Panajachel. Plus tôt dans l'après-midi, un homme ivre aurait foncé avec sa camionnette dans un marché public, tuant quatre personnes. La tension est rapidement montée, les Guatémaltèques ayant tendance à ne pas faire confiance à la police et à se faire justice eux-mêmes. Les autorités ont voulu démontrer qu'elles étaient en contrôle de la situation et ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. En fin de journée, on a finalement appris que les gens n'étaient pas morts, mais blessés sérieusement.  

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