Kamloops: au pays des cow-boys et des Indiens

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En randonnée au Big Bar Guest Ranch

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Yves Ouellet

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Le Soleil

Dans le pays des cow-boys et des Indiens qui perpétue l'image mythique que Hollywood nous a inculquée, il y a encore aujourd'hui beaucoup d'espace, un grand respect des traditions et une soif démesurée de liberté. À la rencontre de ses habitants souvent plus grands que nature et de ce territoire imposant, j'ai exploré le coeur des montagnes de la Colombie-Britannique, la chaîne des Cariboo, sur les chemins de la ruée vers l'or.

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La vallée du fleuve Fraser

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John Pierro, un conteur de la communauté Bonaparte

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Kamloops, une plaque tournante ferroviaire qui ne dort jamais, a tout de la ville de cow-boys avec ses bâtiments carrés et ses boulevards larges sur lesquels pavanent des camionnettes démesurées et des Harley hurlantes. Le quasi-

légendaire hôtel Plaza de la rue Victoria trône au milieu de l'action depuis près de 80 ans. Il a été le témoin privilégié de l'évolution accélérée de cette ville située au confluent des rivières Thompson Sud et Nord qui s'est étalée tout au long du gigantesque lac Kamloops.

À quelques pas du Plaza, les gens convergent lentement vers le parc Riverside où se déroulait la veille le 3e Rib Festival, un des événements les plus courus de la région avec son concours qui consacre les maîtres de la grillade et de la sauce BBQ au pays. Autrement, le vaste parc verdoyant propose une longue plage pour les nombreux jours de canicules et un peu d'ombre pour les joggeurs, cyclistes, pique-niqueurs et amoureux. Parce que, même les cow-boys sont amoureux...

Un milieu semi-désertique

Ce qui frappe d'abord dans l'environnement de Kamloops et de la région de Cariboo, c'est ce caractère semi-aride qui leur confère parfois des allures de désert. Petits cactus, vallées dénudées et champs de sauge se chauffent au soleil alors que les forêts de pin poussent dans la crainte du feu qui les décime.

Le pays des cow-boys et des Indiens est aussi une terre de rêveurs. Tim et Annette McCloud sont de ceux-là. Ils ont acheté Tranquille Farm il y a sept ans, une immense ferme occupant l'un des points les plus stratégiques de la rivière Thompson, sur le

territoire de Kamloops. Fréquenté de tout temps par les autochtones, puis par les explorateurs et par les voyageurs de la Compagnie de la Baie d'Hudson, ce lieu et la petite rivière Tranquille qui y coule a été à l'origine de la fameuse ruée vers l'or qui a précédé celle du Klondike, puisque c'est là qu'on a fait la première découverte de poussière d'or dans le lit de la rivière. Le nom de l'endroit, Tranquille, vient du surnom donné par les responsables du poste de la baie d'Hudson à un chef indien du XVIIIe siècle particulièrement sage et paisible : Tranquille.

Au début du XIXe siècle, le lieu devient un sanatorium ou l'on soigne la tuberculose. Il abrite progressivement une multitude de bâtiments et un millier de personnes à une certaine époque. Depuis, les projets y ont vu le jour pour mourir peu après jusqu'à ce que Tim et Annette, deux passionnés rares, prennent les choses en main avec un rêve qui semble démesuré, mais qu'ils mènent avec obstination. Celui de créer une ville à partir du patrimoine historique, humain et agricole de l'endroit. Pour l'instant, ils ont donc repris la culture sur cette terre qui jouit de l'un des climats les plus propices au Canada. Ils offrent au public les produits de la ferme tout en animant des tours guidés très prisés sur le site historique et dans le dédale incroyable de passages souterrains qui coure d'un bâtiment à l'autre, servant autrefois au déplacement des patients et des aliments.

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Une maison d'hiver de la nation secwepemc, à Kamloops

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Quartier d'hiver autochtone

L'aventure au pays des cow-boys et des Indiens débute en territoire aborigène à deux pas de Kamloops, dans la réserve de la nation secwepemc. Regroupant 17 bandes sur l'un des plus importants territoires autochtones de Colombie-Britannique.

Le musée de la nation secwepemc présente d'abord le territoire sur lequel les bandes sont actuellement dispersées, au sud-est de la province. Il possède une superbe collection d'artéfacts, de costumes, d'outils de pierre, de canots, d'équipements de pêche et de flèches entre autres. On nous rappelle aussi le terrible épisode des pensionnats autochtones qui a été vécu ici comme partout ailleurs au Canada durant près de 75 ans.

Le musée se trouve à l'emplacement même de l'ancien pensionnat indien de Kamloops et, devant l'édifice, s'étendent les anciens jardins de l'institution ainsi que les vestiges archéologiques de l'un très nombreux villages d'hiver érigés sur tout le territoire durant des millénaires. Quelques reproductions nous font voir que ces habitations étaient à moitié enfouies sous terre et qu'on recouvrait de terre leur dôme ouvert. On peut également visiter un autre site de maisons d'hiver impressionnant près de Lillooet avec le Xwisten Experience tour de la nation statleum.

Un incontournable : le pub de Kamloops, The Noble Pig, brasse une sélection de bières vraiment savoureuses et propose un menu de type bistro dans un décor original et parfois provocant. Un arrêt obligatoire, surtout si on peut profiter de sa terrasse.

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Chute Helmcken, deux fois plus haute que celles du Niagara

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Les Cariboo, ces méconnues

Vu de l'Est, ce qu'on appelle «nos» Rocheuses englobe souvent presque l'ensemble du territoire de la Colombie-Britannique. Erreur! Toute la frange montagneuse de la côte Ouest est composée d'une multitude de chaînes, dont les Rocheuses et, en plein centre, les Cariboo, moins connues des visiteurs, moins escarpées, mais non moins pleines d'intérêt.

Aux portes de la région montagneuse des Cariboo, la station de ski Sun Peaks demeure ignorée des Québécois, qui n'en ont que pour Whistler. Il s'agit du terrain de jeu de l'ancienne championne olympique Nancy Greene qu'on peut encore croiser régulièrement sur les pentes ou dans le village malgré ses activités de sénatrice. Sun Peaks s'avère quand même la deuxième plus importante station de Colombie-

Britannique et elle demeure active en été avec un programme de festivals musicaux et d'activités de plein air. On y pratique la randonnée pédestre sur les sommets, du vélo de montagne en descente ou en sentiers, de l'équitation, du golf et le village alpin compte de nombreux hôtels, restaurants et boutiques. Après une randonnée en altitude dans les alpages, on se retrouve non pas avec des cow-boys, mais avec un jeune québécois, Kevin Tessier, qui incarne un personnage central de l'histoire du Canada, le Voyageur. Il amène les vacanciers en canot rabaska sur un superbe lac voisin, le lac McGillivray, tout en présentant cet acteur incontournable de l'histoire canadienne qu'a été le Voyageur dont bien peu de Québécois ont entendu parler bien qu'il s'agisse souvent de Montréalais qui alimentait les postes de traite d'un bout à l'autre du Canada. L'activité se termine dans son restaurant, Le Voyageur, qui sert une cuisine inspirée de cette tradition, mais bien meilleure que ce que ces aventuriers mangeaient autrefois.

Sur la route

Impossible de parcourir le pays des cow-boys et des Indiens sans faire d'équitation dans un ranch. Mais, sur notre chemin, nous faisons d'abord escale au parc national Wells Gray, à Clearwater, pour voir trois chutes absolument magnifiques : Spafats, qui m'a fait penser à la Vauréal dans son écrin de roche. La chute Helmcken, la plus spectaculaire, est deux fois plus haute que celles du Niagara. Un sentier voisin du belvédère où on l'admire de face permet d'aller en trois heures de marche au-dessus de la gorge où elle s'élance dans le vide. Plus large, plus modeste et apaisante, la chute Dawson vaut également le détour.

En route vers le Big Bar Guest Ranch, nous arrêtons souper au Sugar Shack situé à 70 Mile House, sur la route des chercheurs d'or. L'endroit est tenu par un gars de Trois-Rivières, Robert Cinq-Mars. Tout un cow-boy à sa façon. Tout un numéro qui parle fort et sans arrêt, mêlant le québécois et l'anglais dans une performance parfois étourdissante. Il faut le voir pour le croire. «C'est moi qui fais la meilleure poutine au BC», clame-t-il avec assurance. Et il y ajoute du smoked meat en plus de faire goûter et de vendre tous les produits de l'érable. On croise sur place un couple qui a fait deux heures de route pour satisfaire sa rage de poutine.

À cheval

Le Big Bar Guest Ranch ne s'appelle pas ainsi parce que c'est un gros bar mais parce que tout le territoire avoisinant se nomme Big Bar à cause des bancs de sable (sand bar) du fleuve Fraser voisin. Il se trouve dans la région du Sud-Caribou, à 50 km de la route pavée, au milieu de nulle part, sur la piste du «gold rush», là où on ne trouve que de grands ranchs, des chevaux fiers et des vaches en liberté. S'il y a un coin où on est certain de dénicher des cow-boys, c'est ici! Le ranch est la propriété d'un jeune couple particulièrement entreprenant, Bryan et Amber Golat, qui se cherchaient un endroit ou réaliser leurs rêves agricoles et familiaux. Big Bar Guest Ranch, une ferme dont les origines remontent à 1933, abrite une cinquantaine de chevaux et une douzaine de travailleurs, surtout des étudiants et des aventuriers. On peut définir l'endroit comme tout à fait authentique, sans luxe mais confortable, très accueillant dans une ambiance générale hyper décontractée. Il offre l'hébergement en chambres ou dans de charmants chalets dominant le lac. Au petit jour, dès 7h00, la musique de Creedence Clearwater Revival retentit dans le corral et les hennissements ponctuent le matin plutôt que les petits oiseaux. Après un petit déjeuner auquel on doit soustraire le qualificatif «petit», le beau Dale, un jeune cow-boy d'origine ontarienne qui passe ses hivers en Jamaïque, nous donne les consignes de base avant de partir pour une randonnée équestre de trois heures. Une magnifique promenade qui se déroule dans d'impressionnants paysages, sur des sentiers arides et en forêt. Leurs chevaux sont exceptionnellement dociles et obéissants. On peut facilement passer trois ou quatre jours ici sans repasser sur la même piste.

En après-midi, nous avons la visite d'un personnage attachant, John Pierro, un aîné et conteur de la communauté autochtone de Bonaparte. Avec son costume de pow wow flamboyant mais en toute simplicité, il nous parle de sa vie souvent difficile (pensionnat, alcoolisme, mère assassinée et j'en passe) puis de son retour à la vie depuis 30 ans. Il nous entretient naturellement de son peuple, de leur territoire, de leur mode de vie et des problèmes que la vie moderne leur apporte. Il interprète quelques chansons en s'accompagnant au tambour et joue même de la flûte. Voilà une belle rencontre et une autre prise de conscience de la situation des Premières nations.

Les membres de la bande de Bridge River... (Collaboration spéciale Yves Ouellet) - image 4.0

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Les membres de la bande de Bridge River de la nation Statleum pratiquent leur pêche traditionnelle au saumon sur le fleuve Fraser.

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Le village historique de Hat Creek Ranch redonne... (Collaboration spéciale Yves Ouellet) - image 4.1

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Le village historique de Hat Creek Ranch redonne vie aux pionniers.

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Pêcheurs sur le Fraser

La conclusion de la découverte des cultures autochtones locales survient quelques jours plus tard, dans la petite ville longiligne de Lillooet, lorsque nous rejoignons la très spectaculaire vallée du fleuve Fraser. Les membres de la bande de Bridge River et quelques groupes voisins de la nation Statleum pratiquent ici leur pêche traditionnelle au saumon depuis des millénaires. Durant les semaines et les mois de la montaison du sockeye, ils s'installent sur les rives du fleuve et récoltent le saumon au filet ou à l'aide de longues puises au pied des rapides dont ils font ensuite sécher la chair à l'air libre. Une visite guidée des plus intéressantes (Xwisten Experience tour) permet de visiter le site, de voir les pêcheurs à l'oeuvre, de goûter le saumon séché et de savourer un excellent repas de saumon frais accompagné d'un spectacle fascinant de chants et de danse offert au casse-croûte dans la plus grande simplicité.

Sur la route principale (97) entre Kamloops et Lillooet, le village historique de Hat Creek Ranch redonne vie aux pionniers qui se sont installés dans la région de Cariboo au XIXe siècle dans un décor d'époque et complète parfaitement cette tournée ponctuée d'expériences mémorables.

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