Dès la sortie de l'aéroport en direction du centre-ville, le taxi emprunte de larges et verdoyantes avenues, dont une qui traverse un grand parc abritant la résidence du président indien. Elle mène à l'impressionnant Arc de triomphe d'India Gate, construit en hommage aux milliers de soldats indiens morts lors de la Première Guerre mondiale aux côtés des Britanniques. Le «voyage» donne un excellent aperçu de la circulation routière effrénée et de son organisation aussi chaotique qu'efficace! Il faudra certes s'habituer à la conduite à gauche et aux concerts de klaxons permanents, en plus de pratiquer l'attitude zen pour ne pas avoir la frousse quand le taxi se faufilera avec adresse dans les embouteillages, entre deux rangées d'autos, de bus, de motos et d'auto-rickshaws, voire de vaches en goguette...
Le quartier animé de Pahar Ganj, aux hôtels et restaurants à prix variés, est non seulement très central, mais constitue aussi une bonne entrée en matière à la vie commerciale de Delhi.
La rue principale de Main Bazar regorge de boutiques colorées où acheter épices, vêtements ou tissus indiens comme de gargotes où manger des plats typiques du pays. Sans compter que le métro et la grouillante gare de trains ne sont pas loin pour les déplacements plus éloignés que le centre-ville.
La gare est à visiter même si vous ne prenez pas le train pour assister, depuis la longue passerelle qui domine les quais, à un départ de grande ligne, quand la foule se précipite en rangs serrés dans les wagons! Le parc de la Mission Ramakrishna, avec salle de méditation, bibliothèque et petit musée ouverts à tous, fait figure de petite oasis au coeur du quartier.
Connaught Place est bien différente de Pahar Ganj. Avec les rues circulaires qui l'entourent et ses bâtiments d'architecture britannique des débuts du
XXe siècle, la place trône au centre d'un quartier cossu, paradis du magasinage haut de gamme. Pour un peu de tranquillité, on file au centre occupé par un parc aux pelouses très prisées des jeunes amoureux en quête d'un peu d'intimité!
Aux amateurs de desserts, on recommande un arrêt au Wenger's, pâtisserie réputée de Delhi. Quant aux astronautes en herbe, ils fileront tout droit au Jantar Mantar, à 10 minutes de Connaught Place. Dans ce jardin, on peut admirer des instruments conçus au XVIIIe siècle par le maharaja Jai Singh, passionné d'astronomie. L'un est une sorte de cadran solaire triangulaire, tandis que d'autres positionnent le soleil à l'équinoxe du printemps ou aident à la «lecture» du ciel. Au sud-ouest de Connaught Place, on file vers le plus grand temple sikh de Delhi, en marbre blanc surmonté d'un dôme doré.
Les fidèles font leurs ablutions dans un vaste bassin central avant d'entrer dans la salle de prières où vous serez admis, pieds nus et tête couverte.
À l'abri de la chaleur
Quand la chaleur est étouffante, on peut toujours visiter l'un des nombreux musées de la ville. Le Musée national et la National Gallery of Modern Art figurent parmi les plus réputés d'Inde, abritant des collections qui donnent un brillant aperçu de la production artistique, ancienne et contemporaine, du pays. Le Gandhi Museum accueille pour sa part des expositions temporaires sur la vie du grand mahatma. Le Musée de l'artisanat vaut lui aussi le détour. Des répliques d'habitats ruraux indiens agrémentent son parc.
À l'intérieur, les collections d'artisanat font la part belle à la sculpture, à la peinture comme à des objets d'art tribal. La salle des textiles donne à voir de superbes saris, châles et tentures, de quoi allécher avant un achat en ville...
Faites aussi une incursion dans le métro de Delhi (très propre et bien climatisé). En une demi-heure, on s'éloigne du centre-ville vers le sud pour aller visiter Qutb Minar, à une quinzaine de kilomètres.
Partie de New Delhi, ce superbe site archéologique planté dans un joli parc aux zones ombragées est un véritable havre de paix, loin des turbulences de la ville, en plus d'être l'un des dignes représentants de Delhi la vieille! Un minaret en beau grès rouge s'y dresse sur plus de 70 mètres de haut depuis le XIIe siècle.
Typique de l'architecture musulmane, il a été érigé pour célébrer une bataille au cours de laquelle les musulmans vainquirent un roi hindou. Il jouxte les vestiges d'une mosquée, tout en marbre et grès rouge, qui serait la plus ancienne d'Inde. La cour est entourée de colonnes finement sculptées, avec un portail en ogive couvert d'inscriptions, d'arabesques et de panneaux avec incrustations de schiste bleu.
On se balade de tombeau en tombeau avant de regagner le centre-ville, qui compte aussi son lot de jolis parcs, avec des monuments parfois imposants, abritant des tombeaux d'empereurs moghols ou de sultans des XVe et XVIe siècles. Cure de verdure et calme assuré au Lodi Garden, un peu excentré dans un quartier chic, comme à l'élégant mausolée de Safdarjung dans un jardin moghol ou à celui d'Himayum, aussi moghol, en grès rouge et marbre blanc. Non loin du Lodi Garden se trouve la Maison du Tibet, petit musée racontant l'histoire du royaume himalayen et de ses liens avec l'Inde.
Sa visite peut être un prélude à une excursion en banlieue, au Camp tibétain de Majnu Ka Tilla, quartier de réfugiés tibétains, développé dans les années 60 au bord de la rivière Yamuna. Dans son dédale de ruelles, un monastère lamaïste côtoie des boutiques d'artisanat tibétain, des librairies, restaurants et hôtels où se mêlent touristes et Tibétains en exil.
Des souks au palais
Pas de quartier plus populaire à Delhi que celui de Chandni Chowk, l'avenue principale d'Old Delhi. Les rues, bordées d'échoppes en tout genre, sont envahies par des bataillons de piétons, mais aussi de vélos-rickshaws ou de charrettes tirées par des chevaux ou des boeufs. On se croirait au Moyen Âge dès qu'on s'enfonce un peu au coeur du quartier qui ne date pourtant que du XVIIe siècle!
Ultracommercial, il a sa «rue du poivre» comme sa «rue de l'argent», avec une pléthore de bijouteries où la pacotille voisine des pièces rares! Il faut accepter de se perdre dans les plus petites ruelles : de vrais souks où, dans de minuscules locaux, les Indiens achètent tissus, breloques, robes de mariée...
Dans la pénombre ambiante, on longe des entrepôts de riz, d'épices, de fruits secs. Dans cette ruche d'abeilles se déroule le commerce de gros et de demi-gros de toute la ville. Des centaines de livreurs circulent dans les ruelles, portant sur le dos ou la tête de lourds sacs de victuailles, et mieux vaut leur céder le passage!
Pour prendre de la hauteur, on visite ensuite la grande mosquée Jama Masjid, toute proche. Elle domine le paysage du Vieux Delhi, perchée qu'elle est sur un promontoire rocheux. Sa vaste cour intérieure, entourée de galeries et de quatre entrées monumentales, est ultrasobre. On peut monter dans le minaret, côté sud, pour avoir une vue surprenante sur tout le quartier, Fort Rouge compris. Cette immense citadelle de forme octogonale a été conçue vers 1638 par l'empereur moghol Shah Jahan. Le Fort Rouge a vraiment des allures de ville fortifiée, tout de rouge vêtue. On entre dans la forteresse par une allée couverte, avec boutiques de souvenirs qui ont remplacé le bazar des temps anciens. De la Cour des tambours, où des musiciens accueillaient les invités de marque, on pénètre dans un immense parc. Au hasard de ses allées, le long de canaux et de bassins asséchés, on visitera les vestiges des bâtiments en marbre blanc et grès rouge, avec incrustation de pierres précieuses aujourd'hui disparues, qui composaient autrefois le palace de l'empereur et ses «dépendances» : hall à arcades et colonnades pour les audiences publiques, petite mosquée de la Perle aux trois dômes, tour impériale, bains royaux, palais privé dominant la rivière Yamuna... Le faste de cette époque transpire encore par tous les pores de la forteresse abandonnée.