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Virée effrayable dans le nord du Nouveau-Brunswick

La nouvelle promenade riveraine de Campbellton... (Yves Ouellet, collaboration spéciale)

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La nouvelle promenade riveraine de Campbellton

Yves Ouellet, collaboration spéciale

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Yves Ouellet, collaboration spéciale
Le Soleil

Dans la République du Madawaska, le qualificatif effrayable désigne quelque chose d'extraordinaire. Mais c'est sans doute aux Brayons eux-mêmes et aux Acadiens qu'il s'applique le mieux. En place pour une virée dans quatre villes du nord du Nouveau-Brunswick : Edmundston, Campbellton, Bathurst et Miramichi.

Le quatuor des villes du nord du Nouveau-Brunswick offre à lui seul tout l'éventail de cultures et de traditions de cette province de forêt et de mer. On traverse d'abord le pays utopique des Brayons, qui a été inventé avant la conclusion du traité de Webster-Ashburton établissant les frontières américaine et canadienne de part et d'autre du fleuve Saint-Jean, en 1842.

On passe à l'Acadie du littoral, puis on termine chez les descendants des Irlandais, des Écossais et des loyalistes, non sans aller à la rencontre des nations micmacs qui sont là depuis des millénaires. Que du monde aussi fascinant qu'accueillant, qui ne demande qu'à partager ses passions et sa fierté.

À Edmundston, Guy D. Laforge a totalement transformé... (Collaboration spéciale Yves Ouellet) - image 2.0

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À Edmundston, Guy D. Laforge a totalement transformé sa maison privée en un complexe ferroviaire miniature.

Collaboration spéciale Yves Ouellet

Edmundston

Située à peine à une centaine de kilomètres de Rivière-du-Loup, Edmundston est déjà bien connue des cyclistes comme étant l'étape finale du parc linéaire Petit-Témis. À l'entrée de la ville, le parc provincial de la République leur réserve un secteur de camping. Les autres campeurs profitent d'un environnement naturel exceptionnel et de la proximité immédiate de deux attraits majeurs. Le Jardin botanique du Nouveau-Brunswick est le plus important à l'est de Montréal et il compte plus de 80 000 plantes dans 11 jardins thématiques et 2 arboretums. Ses mosaïcultures en forme d'animaux parfois chimériques sont particulièrement remarquables.

Dans son petit pavillon, on rencontre un artiste extrêmement attachant, le sculpteur sur bois Luc Cyr, qui réalise de superbes oiseaux ainsi que des personnages humoristiques caricaturaux, dont un qui lui ressemble drôlement. Il faut voir la maison extraordinaire de Luc Cyr, à Baker Brook. Une oeuvre d'art éblouissante dans ses moindres détails, peinte par sa femme.

Près du camping, le Musée des voitures d'autrefois recèle plusieurs trésors dont un exemplaire de la fameuse Bricklin SV-1, construite au Nouveau-Brunswick entre 1974 et 1976. Il s'agit de la fameuse auto futuriste avec les portières papillon, qui a inspiré la célèbre DeLorean du film Retour vers le futur.

Si on arrive à Edmundston par la route 289, on peut faire une pause à la plage de Lac-Baker et faire escale au petit camping RJ Bélanger, qui loue aussi des cabines au bord du lac. À la cantine du camping, Suzanne, Nicole et Francine vous attendent avec leur sourire taquin, leur verve et, surtout, leurs pets-de-soeur irrésistibles.

Guy D. Laforge et sa femme Géraldine sont d'autres de ces personnages absolument incontournables. Maniaque de modélisation, Guy D. a totalement transformé leur maison privée en un complexe ferroviaire miniature d'une complexité et d'un réalisme ahurissants. Leur centre d'interprétation des voies ferrées s'appelle Du réel au miniature et il s'y ajoute un petit musée de même que le projet d'un train à l'échelle qui, en 2014, transportera les visiteurs à travers leur futur camping rustique. Mais, le meilleur dans tout ça reste ce couple d'incroyables passionnés qui nous communique son enthousiasme avec toute la conviction du monde.

La visite d'Edmundston s'achève sur une note historique par la visite très intéressante de la reconstitution du Fortin du P'tit Sault, qui évoque la guerre des frontières, dite «non sanglante», conclue par le traité de 1842.

Campbellton

Tout au nord du Nouveau-Brunswick, aux abords de la poissonneuse rivière Restigouche, la ville de Campbellton a choisi le saumon comme emblème. En plein centre-ville, non loin du pont J.C. Van Horne qui la relie au Québec, on admire le plus grand saumon au monde (8,5 m) dans une pose que les pêcheurs décriront comme on ne peut plus sportive.

Cet immense et rutilant poisson d'acier en plein élan dans son bassin s'appelle Restigouche Sam et il se trouve sur le boulevard du Saumon le long duquel la ville termine l'aménagement d'une magnifique promenade riveraine qui s'étire jusqu'au quai municipal.

Entre les abris et les tables de pique-nique, la principale vocation touristique de Campbellton s'exprime encore par une sculpture amusante représentant un saumonier maîtrisant une prise vigoureuse. D'ailleurs, la table la plus réputée où savourer le saumon reste le pittoresque restaurant de la pourvoirie Salmon Lodge, en amont sur la Restigouche.

À partir de la promenade, un circuit pédestre se rend jusqu'au mont Sugarloaf et au parc du même nom où il rejoint le sentier Terry-Fox. Le parc possède 25 km de sentiers de randonnée, dont un qui grimpe au sommet de la montagne d'où l'on a une vue panoramique sur la ville, la rivière et la baie des Chaleurs. Le parc est également le haut lieu du vélo de montagne au Nouveau-Brunswick et on y trouve un très beau camping boisé.

Le lobster roll servi à la réserve micmac... (Collaboration spéciale Yves Ouellet) - image 3.0

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Le lobster roll servi à la réserve micmac Papineau, à Bathurst

Collaboration spéciale Yves Ouellet

Bathurst

Poussons plus à l'est où nous attendent Bathurst et le fort plaisant camping Malybel dans la localité voisine de Beresford. Ici, les couleurs de l'Acadie sont omniprésentes, sur les devantures des maisons, sur les poteaux électriques et même au camping où l'étoile brille devant plusieurs emplacements de saisonniers. Le camping offre aussi des cabines en location.

Ça sent la mer au fond de la baie Nepisiguit et le long de ses plages à n'en plus finir. Et ça goûte bon les fruits de mer sur la promenade Waterfront, à la meilleure table de la ville, le Nectar, où le chef Ronald LeBlanc propose une cuisine internationale, mais ajoute à son menu quelques touches non annoncées qui mettent subtilement en valeur les produits de la région.

Pour faciliter la digestion, une petite marche dans la Réserve naturelle de la pointe Daly s'avère un juste choix, en plus de nous permettre d'admirer la baie, l'écosystème des marais salés et des aboiteaux, de nombreuses espèces aviaires et un boisé diversifié.

Bathurst est également l'endroit où sortir les bâtons de golf au prestigieux club Gowan Brae, qui offre 14 trous sur 18 avec vue sur la mer et dont le parcours est considéré comme l'un des plus difficiles au Canada Atlantique.

Et comme l'appétit vient en marchant, on peut faire un détour jusqu'à la réserve micmac Papineau où se savoure le lobster roll à plus forte densité en homard dans la région. Un vrai délice! Ou bien, on va pêcher soi-même son souper de maquereau avec Les Aventures de la mer L'Acadien. Une demi-journée de plaisir avec un vrai pêcheur acadien.

La promenade de French Fort Cove invite à... (Collaboration spéciale Yves Ouellet) - image 4.0

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La promenade de French Fort Cove invite à de plaisantes randonnées.

Collaboration spéciale Yves Ouellet

Miramichi

Dernière ville au programme, Miramichi est la seule où il faut sortir son anglais quelque peu et cela vaut la peine lorsqu'on visite le site historique de l'île Beaubears, bien que tous les panneaux explicatifs soient bilingues. Le toponyme Beaubears vient de la déformation du nom français Boishébert et fait référence à Charles Deschamps de Boishébert, qui, à la suite de la Déportation de 1755, a conduit les Acadiens sur une île de la rivière Miramichi. Un monument commémoratif du Grand Dérangement évoque aujourd'hui cet épisode de l'histoire.

Par la suite, au XIXe siècle, l'île Beaubears devient un important chantier de construction navale en activité durant 75 ans. Parcs Canada protège maintenant ce patrimoine dont les vestiges n'ont pas fait l'objet de recherches archéologiques et c'est un groupe d'amants de l'histoire locale, les Amis de l'île Beaubears, qui s'occupe magistralement de l'animation du lieu historique.

On visite d'abord le centre d'interprétation qui présente fort bien les nombreux acteurs de cette épopée. Puis on part en ponton vers la pointe Nelson, où l'héritage écossais est aussi évoqué, et l'île pour une visite guidée par d'excellents comédiens en saison. On peut aussi réaliser ces visites à l'occasion d'une descente de la rivière en canot rabaska offerte aux groupes de quatre personnes et plus.

En ville, le parc de French Fort Cove invite à de plaisantes randonnées dans un milieu naturel enchanteur alors que c'est sur Ritchie Wharf qu'il faut se rendre pour rencontrer les gens de la place. C'est de ce quai que le MaxAiten, le bateau du capitaine acadien Azade Haché, personnage coloré au verbe musical, prend le départ pour une excursion bilingue qui marie humour et information en levant le voile sur les secrets du fleuve Miramichi et de sa ville.

Information

Edmundston : www.tourismeedmundston.com/1 866 737-6766

Campbellton : www.campbellton.org/1 506 789-2367

Bathurst : www.destinationbathurst.ca/1 866 540-4877

Miramichi : www.miramichi.org/1 800 459-3131

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