Il faut prendre deux jours pour faire ce trajet et bien en profiter. Si le moyen de transport le moins cher est l'autocar, la Jeep «collective» avec chauffeur s'avère la solution la meilleure à la condition qu'elle ne soit pas surchargée. On peut réserver une Jeep pour quatre (il est facile de trouver des passagers supplémentaires à la gare d'autocars ou devant les kiosques de taxis).
Départ à 5h pour éviter la cohue sur le premier tronçon de la route sinueuse empruntée par de nombreux pèlerins hindous qui se rendent à Sonmarg. La route cahoteuse et de moins en moins asphaltée grimpe à flanc de montagne, surplombant vallée et rivière. On double des camions cachemiris très colorés avant d'emprunter une étroite route en lacets poussiéreuse qui vous hisse jusqu'au col de Zojila, à 3500 mètres d'altitude.
Dans la vallée suivante, un troupeau de moutons monte vers un alpage, tandis que le décor se fait de plus en plus minéral : pierriers, formations rocheuses en strates orangées, pics enneigés et glaciers...
Tandis qu'on admire le paysage à l'approche de Matayin, premier village du Ladakh, on croise des convois de camions militaires sur cette route stratégique entre Inde et Pakistan. Des dizaines de groupes d'ouvriers y travaillent, cassant la pierre à la masse dans la poussière. Des femmes transportent à pied de gros sacs de bouses de vache séchées, combustible prisé pour l'hiver à la ville de Dras, non loin de là. Passé le monument commémoratif militaire rappelant les combats ayant opposé en 1999 Indiens et Pakistanais dans la chaîne de montagnes Tololing, la Jeep descend vers Kargil, étape obligée du soir.
Le lendemain, le trafic est tout aussi intense sur la route qui longe rivières et champs de céréales, puis grimpe dans la rocaille. Le foulard est de rigueur pour éviter d'avaler trop de poussière, vitres ouvertes. À Mulbekh, arrêt requis près d'un grand moulin à prières tibétain et d'une grosse roche sur laquelle un bouddha a été sculpté sur neuf mètres de haut!
«Concert» bouddhiste
À Fotola, on franchira ensuite le plus haut col de toute la route Srinagar-Leh. L'Himalaya n'est plus qu'un souvenir. Au nord, la route se fraie un chemin entre les chaînes colorées du Zanskar et du Ladakh. Un petit monastère bouddhiste nous ouvre ses portes à l'heure de la prière. Occasion d'assister dans la pénombre et le recueillement à notre premier «concert», avec musique et psalmodies de moines et de moinillons.
Le trajet se poursuit en descente le long du tumultueux fleuve Indus, épine dorsale du Ladakh, avec de nouveaux villages tapis au fond des vallées, des monastères accrochés au roc, des stupas tibétains pour balises routières et des sommets enneigés à l'horizon. Leh, capitale du Ladakh et du trek d'altitude, est enfin là.
Repères
Infos touristiques sur l'Inde: www.incredibleindia.org et le Cachemire: www.jktourism.org
Vols aériens : Montréal-Delhi avec Lufthansa, puis vols intérieurs avec différentes compagnies indiennes depuis Delhi (www.lufthansa.com).
House-boats à Srinagar : les plaintes contre les propriétaires étant nombreuses pour standing inadéquat, dépenses supplémentaires, offre de «programmes» de visites, surtout au lac Dal, voici notre meilleure adresse (au lac Nagin) : Wangnoo Houseboats, www.wangnoogroup.com.
Conseil : le maître mot pour les transports en rickshaw, en shikara, en taxi ou Jeep et les achats en tout genre, dont les fameux châles en cachemire et pashminas, est : négociez!
Ce voyage a été rendu possible grâce à l'aide de la compagnie aérienne Lufthansa.