Au bout d'une petite route en terre battue, être accueilli par la musique à flanc de montagne a de quoi impressionner dès l'arrivée.
«Viens partager mon bonheur», tel est le message inscrit à l'entrée de cette propriété privée remarquablement bien aménagée. Impossible de ne pas sentir, simplement en lisant les pensées inscrites en début de parcours, l'authenticité d'une rare ouverture. De grands bras sympathiques - est-ce le vent ou les nuages, l'eau ou le soleil, les fleurs ou la lumière? - vous enveloppent déjà avant que vous fassiez vos premiers pas dans le monde de la famille d'Arthur Lachance. Planent en ces lieux mystères et magie, couleurs et énergie d'une fantastique intensité.
«Ici, c'est quasiment le paradis! Nous ne sommes pas au bout du monde, mais plutôt sur le toit du monde», dit fièrement Hugo Desrosiers, en me serrant la main.
Retour aux sources
«En 1979, lors du centenaire de la municipalité, qui compte maintenant 296 personnes, Benoît, mon patron, a effectué un retour aux sources. Avec ses frères et soeurs, ils ont d'abord campé. Le but premier : réunir la famille. La seconde année, ils ont ouvert un chemin. De fil en aiguille, Benoît a aménagé un, puis plusieurs lacs, racheté des lots du terrain situé à 1500 pieds d'altitude. Électricien de métier, mais surtout homme d'affaires ayant sa compagnie de cinéma et de son à Montréal, il s'amusait à tracer les plans de ses rêves en hiver et, le printemps venu, il les concrétisait», raconte Hugo, sous l'oreille attentive de ses enfants Koralie et Raphaël.
À travailler sept jours sur sept, l'homme retraité, maintenant âgé de 83 ans, est-il devenu un artiste de la nature, un ermite, un sage, ou tout ça à la fois? Je ne saurais vous dire. Quoi qu'il en soit, l'harmonie qu'il a su créer en ces lieux vivifie le coeur et l'âme.
10 000 visiteurs
Depuis un an, près de 10 000 personnes ont profité des décors enchanteurs du «lac des quatre saisons», de «l'étang des rêves», de «l'île des amours», où fontaines d'eau, fleurs, son et lumière se marient. Ils visitent aussi «le sanctuaire», où les valeurs d'unité et de liberté se dessinent derrière un imposant escalier de pierres, un arbre aux branches entrelacées, un banc magnifique usé par le temps et l'amour, un solide et imposant rocher recouvert d'une mousse aux verts extraordinaires.
«Ici, c'est un mélange de jardin et de parc... Les gens marchent paisiblement, s'assoient et bavardent. Ils viennent pique-niquer, se reposer, communier avec la nature. Pour parcourir le tout sans se presser, prévoyez trois heures. N'oubliez pas vos jumelles pour profiter de la vue de ce promontoire. L'accès est gratuit. Celles et ceux qui le souhaitent peuvent faire un don, ce qui contribue à peaufiner les aménagements», indique M. Desrosiers.
Pour se rendre au Domaine à l'Héritage, il suffit d'emprunter l'autoroute 73, sortie Vallée-Jonction et direction route 112. Si vous souhaitez admirer le panorama de la vallée beauceronne, longez la route 173 aux abords de la rivière Chaudière.
Ouverture de 10h à 22h, tous les jours, jusqu'à la mi-octobre. Pour accéder au site Internet : www.domainealheritage.com.
Et, comme le note Benoît : «Tout comme les arbres et les étoiles, chacun a le droit d'être ici.»