Dormir dans un village fantôme

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La chute Ouiatchouan alimente un moulin à pulpe,...

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La chute Ouiatchouan alimente un moulin à pulpe, qui est à l'origine du village de Val-Jalbert.

 

Sylvie Ruel, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) «Durant les années 20, Val-Jalbert était un village prospère de plus de 1000 habitants, qui était 25 ans en avance sur les autres villages du Québec», mentionne le guide aux visiteurs dès leur arrivée sur le site. «Ses habitants avaient l'électricité, un système d'eau potable, des commodités sanitaires à l'intérieur de leurs maisons, des pompes à incendie, etc.» Aujourd'hui, Val-Jalbert est un musée à ciel ouvert. Dès qu'on y met les pieds, on fait une prodigieuse remontée dans le temps.

Nous voici, déambulant devant le couvent-école avec ses grandes classes munies de pupitres de bois, puis passant devant le vieux bureau de poste et le magasin général, où l'on entrera pour acheter des bonbons à la cenne...

Puis, nous circulons dans les rues où s'alignent des maisons abandonnées qui penchent sous le poids des années et faisons, bien sûr, un arrêt au vieux moulin de pulpe, qui est à l'origine de ce village.

Située sur les rives du lac Saint-Jean, à la limite des municipalités de Roberval et de Chambord, Val-Jalbert a été construite en 1901 après que l'homme d'affaires Damase Jalbert y eut établi une usine de pulpe ultramoderne. Avant de prendre le nom qu'on lui connaît aujourd'hui, ce village de compagnie s'appelait alors Ouiatchouan du nom de la grosse chute qui alimentait le moulin.

En 1923, une importante crise secoua le secteur du papier, et l'usine dut fermer ses portes en 1927, laissant 350 hommes sans emploi.

Jusque dans les années 60, Val-Jalbert a complètement sombré dans l'oubli, pour devenir un village fantôme, envahi par les mauvaises herbes et les marmottes. Ce n'est qu'en 1973 qu'on a commencé la restauration des bâtiments avec le souci de préserver leur authenticité.

Le village de Val-Jalbert est aujourd'hui classé site historique.

L'an dernier, 15 millions $ ont été investis dans ce village pour l'amélioration de ses infrastructures; le village historique s'est enrichi de 24 chambres décorées avec une touche des années 20, lesquelles ont été aménagées dans les maisons d'époque ainsi qu'aux deuxième et troisième étages du magasin général.

Les chambres sont confortables et spacieuses et elles sont décorées d'objets anciens et de photographies du village, lorsque le moulin était en activité.

Même si elles nous replongent dans le contexte des années 20, ces chambres sont pourvues de tout le confort moderne : salle de bain complète, télé écran plasma, micro-ondes, machine à café, accès Wi-Fi...

«On vient à Val-Jalbert pour vivre une expérience», dit Nancy Donnelly de Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean. «Nous offrons ces chambres en forfaits, afin de permettre aux visiteurs d'en vivre l'expérience complète.» Le forfait inclut un souper table d'hôte, la nuitée et un petit-déjeuner.

Les repas sont servis au nouveau Restaurant du Moulin, situé dans le vieux moulin, à quelques pas des chambres. Le chef Carl Murray y prépare une cuisine du terroir qui met en valeur les produits de la région.

Hébergement

Il est possible également de dormir à Val-Jalbert en utilisant l'un des 180 emplacements du terrain de camping, qui est situé dans un boisé de feuillus et de conifères, et aménagé à l'entrée du village, le long de la rivière Ouiatchouan.

Le village de Val-Jalbert s'est également enrichi d'un tout nouveau belvédère, avec plate-forme de verre, situé en plein coeur de la chute. On peut ainsi y vivre une expérience unique. On peut également prendre le téléphérique qui nous transporte jusque sur les hauteurs, le long de l'impétueuse chute Ouiatchouan, haute de 72 mètres. De là-haut, on peut admirer le village historique et le moulin à pulpe ainsi que les eaux du lac Saint-Jean.

Dès qu'ils entrent dans ce village, les visiteurs peuvent monter dans un trolleybus des années 20 en compagnie d'un chauffeur et guide qui leur raconte les us et coutumes des habitants durant les années 20. Ils peuvent aussi visiter le village à pied, équipé d'un GPS ou d'un téléphone intelligent. «Mais pour vivre vraiment l'expérience de ce village des années 20, mentionne Nancy Donelly de Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean, il faut marcher dans la noirceur de la nuit à la lueur d'une chandelle ou d'une lampe de poche.»

www.saguenaylacsaintjean.ca

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