Métis et Doris, deux jardins à découvrir

Jardins de Doris : les jeunes de Katimavik... (Collaboration spéciale, Michel Samson)

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Jardins de Doris : les jeunes de Katimavik ont contribué à l'embellissement de ce coin de jardin.

Collaboration spéciale, Michel Samson

Anne-Marie Voisard
Le Soleil

(Québec) Quelque 3000 espèces de plantes sur 17 hectares au bord de la mer : les Jardins de Métis sont un endroit magnifique. À Matane, les Jardins de Doris sont aussi une halte recommandée, surtout avec des enfants.

Sculpture en escalier aux Jardins de Métis... (Photo collaboration spéciale Michel Samson) - image 1.0

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Sculpture en escalier aux Jardins de Métis

Photo collaboration spéciale Michel Samson

Jardins de Métis: la vue depuis la villa... (Photo collaboration spéciale Michel Samson) - image 1.1

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Jardins de Métis: la vue depuis la villa donne sur les jardins et la mer.

Photo collaboration spéciale Michel Samson

Si les jardins ont une âme, celle d'Elsie Reford nous accompagne à Métis. Sous un pommetier qu'elle a planté, dont les branches ont besoin de soutien, on sent sa présence. Quelques pas encore, et elle retrouve sa vitalité dans un massif de pavots bleus en pleine éclosion. La fleur emblème des jardins qu'elle a créés en 1926, lesquels jouissent aujourd'hui d'une réputation internationale.

Et pour cause. L'endroit est magnifique. Il s'étend sur 17 hectares au bord de la mer et contient quelque 3000 espèces de plantes. À voir absolument si vous allez en Gaspésie. Chanceux, nous avons bénéficié d'une visite guidée par Mélanie Gauthier, coordonnatrice aux ventes et aux événements, qui arpente les jardins depuis une dizaine d'années. Alexander Reford, arrière-petit-fils d'Elsie, qui les dirige depuis 18 ans, a répondu ensuite de bonne grâce à nos questions.

C'est une longue histoire qui commence il y a 125 ans, lorsque George Stephen, homme d'affaires d'origine écossaise et oncle d'Elsie, a fait construire sur le domaine la villa Estevan. Sa nièce en a hérité. Elle l'a habitée avec son mari Robert Reford, photographe amateur, dont les clichés permettent aux jardiniers de conserver les aménagements d'origine.

Elsie Reford s'adonnait à la pêche et faisait de l'équitation, lorsqu'une crise d'appendicite l'a forcée à des activités plus calmes. À 54 ans, elle s'est mise à l'horticulture. Avec le succès que l'on sait. «C'était mon jardin, et j'allais y vivre», disait-elle. Jusqu'en 1955, elle s'en est occupée. Son fils Bruce, grand-père d'Alexander, l'a vendu au gouvernement du Québec en 1962. Il y a donc 50 ans que les lieux sont ouverts au public. Coïncidence, c'est l'année de naissance de notre hôte. Double anniversaire qu'on ne manquera pas de souligner cet été (consulter www.jardinsdemetis.com).

Alexander Reford est historien. Lorsque Québec a voulu privatiser les Jardins, en 1994, il a choisi de s'impliquer. Avec les ateliers Plein Soleil, son frère Lewis et la femme de ce dernier, il a formé une société sans but lucratif, Les amis des Jardins de Métis. Pareil à son aïeule, qui avait su établir des relations harmonieuses avec ses voisins, il a gagné l'estime tant du personnel que des gens de la région.

Sous sa gouverne, les jardins continuent de s'enrichir. Un chef cuisinier, Pierre-Olivier Ferry, cultive les fines herbes qu'il utilise pour le restaurant aménagé au rez-de-chaussée de la villa. La fleur de basilic citronné, un régal! Depuis 2000 revient le Festival international de jardins. Vingt-six nouvelles installations s'ajoutent cette année à celles qu'on a conservées. Une raison de plus pour s'y rendre.

Adresse Internet :

www.jardinsdemetis.com

La serre des Jardins de Doris... (Photo collaboration spéciale Michel Samson) - image 2.0

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La serre des Jardins de Doris

Photo collaboration spéciale Michel Samson

Sculpture aux Jardins de Doris... (Photo collaboration spéciale Michel Samson) - image 2.1

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Sculpture aux Jardins de Doris

Photo collaboration spéciale Michel Samson

Du soleil à temps plein!

Il fait toujours soleil aux Jardins de Doris. La pluie n'a pas d'importance, parce que la lumière est dans les coeurs. Pour les visiteurs, particulièrement ceux qui voyagent en famille, avec des enfants, c'est une halte à recommander chaudement. Entre les Jardins de Métis et Matane, où ils sont situés, la distance dépasse à peine 50 kilomètres.

Le soleil, c'est d'abord Doris Côté, qui est à l'origine de cette aventure grâce à laquelle cohabitent horticulture et réinsertion sociale. Secrétaire médicale, elle a pris sa retraite en 1997, et lancé son projet avec trois personnes atteintes de schizophrénie. Son mari, Sylvain Ross, possédait le terrain qui s'étend aujourd'hui sur quatre acres. Ensemble, parce qu'ils aiment les fleurs et ont toujours eu le talent d'attirer autour d'eux les gens en difficulté, ils ont construit les Jardins de Doris. Une société sans but lucratif, Les amis des Jardins de Doris, en assure l'administration. Jusqu'à maintenant, plus de

600 jeunes (et moins jeunes, puisque les âges vont de 7 à 57 ans) ont fréquenté les Jardins. Avec bonheur.

Cela se voit par la qualité de leurs réalisations. Il y a les fleurs, bien sûr, les annuelles et les vivaces. Mais aussi les légumes. Louis Richard, le coloré chef d'équipe horticole, nous a montré, avec fierté, ce qui pousse dans la serre, notamment les plants de concombres qui devraient grimper pour atteindre jusqu'à presque sept mètres. On les a plantés dans des bacs bleus de recyclage. Ici, le compost à base de déchets de crevettes et de copeaux de bois. Là, des vers qui grouillent par centaines. M. Richard est une encyclopédie du jardinage.

Plus loin, c'est l'atelier de menuiserie qu'anime Yves Desrosiers. Chaises, cabanes d'oiseaux, éoliennes miniatures dans une région où elles remplissent de plus en plus le paysage... «La menuiserie, c'est ma passion», lance un des participants, Jean-Pierre Lefrançois.

Sur le terrain, les attraits ne manquent pas non plus. L'histoire reconstituée des trois petits cochons avec leurs maisons, une en paille, l'autre en bois, la troisième en briques, le loup posté sur un parterre de marguerites, a tout pour plaire aux enfants. Les petits animaux, canards, paons, émeus, moutons nourris à la bouteille ont aussi de quoi les attirer. Et ce jeu d'échecs géant pour les plus grands.

Les Jardins de Doris vivent de dons, qui vont du groupe Simple Plan à la fondation Maurice Tanguay, et de l'appui de quelques organismes, parmi lesquels se trouvait Katimavik. «Je suis frustrée. On peut-tu le dire?» Doris Côté déplore qu'Ottawa sonne le glas de ce programme. Heureusement, il y a aussi le bénévolat. Et les visiteurs.

Adresse Web : www.jardinsdedoris.ca

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