En entrant à Chicoutimi, après la traversée de la réserve faunique des Laurentides, on en a plein les yeux, de cette lourde montagne qui occupe tout l'horizon. Pour les Saguenéens, il s'agit «des monts», leur paradis de pêche, de chasse, de villégiature ainsi que de ski alpin et de motoneige. Mais, à l'intérieur de ce vaste territoire sauvage, le parc national des Monts-Valin préserve 154 km² d'une nature à la fois grandiose et fragile, proposant aux amateurs de plein air un terrain de jeu exceptionnel sous maints aspects.
Il faut reconnaître au départ que le parc national des Monts-Valin est d'abord réputé pour son hiver qui s'installe un bon huit mois par année en altitude et qui est caractérisé par des accumulations de neige plus qu'impressionnantes. Ses fantômes et ses momies de neige qui errent en haute forêt ont frappé l'imaginaire des mordus de raquette et de ski nordique qui le fréquentent en grand nombre.
Durant les quelques mois d'été et d'automne pendant lesquels la vie s'empresse de reprendre ses droits, le parc national des Monts-Valin devient une destination de prédilection pour les pêcheurs et les marcheurs. Puis voilà que l'inauguration toute récente d'un premier sentier de longue randonnée, 15 ans après la création du parc, suscite l'intérêt et la curiosité des randonneurs. Et pour cause, puisque, après l'avoir parcouru d'un bout à l'autre et, conséquemment, traversé tout le territoire du parc, on ne peut qu'être enthousiasmé par ce sentier.
D'un sommet à l'autre
La grande ambition du sentier des Pics consiste à amener les marcheurs à découvrir les sommets les plus élevés et les plus spectaculaires qui parsèment le massif. Du pic de la Tête-de-Chien (570 m) au pic Dubuc, qui culmine à 980 m, les belvédères vertigineux nous révèlent des panoramas saisissants marqués par la saillie du fjord du Saguenay, par la succession à perte de vue des sommets de la chaîne des Laurentides, par la présence discrète de la ville qui s'illumine aux aurores ainsi que par la grande plaine du lac Saint-Jean qu'on distingue au loin. Certains faîtes dénudés permettent même une vision sur 360 degrés des montagnes des Laurentides fuyant vers l'horizon, un tableau où se lit clairement l'oeuvre des glaciers qui ont nivelé le plateau laurentien.
Le sentier des Pics nous fait aussi voir la succession des plateaux végétaux qui varient avec l'altitude en nous démontrant toutes les variantes de la nature nordique. Ainsi, le piémont est caractérisé par la présence de la sapinière à bouleau jaune au sein de laquelle on remarque quelques rares érables. L'épinette noire domine le plateau intermédiaire jusqu'à 800 mètres d'altitude alors que le secteur des hauts sommets est occupé par la sapinière à bouleau blanc ainsi que par quelques îlots de taïga localisés sur les pics les plus hauts. Au long du sentier, on croise aussi quelques plans d'eau où les castors exercent leur autorité ainsi que des lacs de tête pittoresques, mais dépourvus de poissons.
En sentier
Le sentier des Pics affiche un tracé rectiligne de 20 km de longueur, donc un aller-retour de
40 km, avec un niveau de difficulté qui va de moyen à élevé. Il comporte un dénivelé de 755 m au total, ponctué de nombreuses montées et descentes exigeantes. Pour le concrétiser, il a fallu aménager deux nouvelles sections de pistes dont le sentier Dubuc, qui relie le refuge le Pionnier au pic Dubuc et le sentier Des plateaux, qui s'étire de la vallée des Fantômes au lac Martin-Valin.
La moyenne des marcheurs mettra deux jours à effectuer le parcours dans un sens ou dans l'autre en profitant du service de navette qui permet de retrouver votre véhicule à l'extrémité du sentier ou de vous y faire reconduire au départ. Le parc propose également un service de transport des bagages utilisé par la majorité de la clientèle. Des chalets très confortables sont disponibles aux extrémités du sentier alors que, en cours de randonnée, les marcheurs peuvent passer la nuit en refuge de montagne. L'exercice est moins exigeant en partant de l'extrémité nord du sentier alors que la descente est régulière, mais non sans difficulté. Les sportifs aguerris préféreront entreprendre la randonnée à partir de l'accueil du parc et affronter de face l'ascension du massif.
Quant au sentier lui-même, malgré que le sol soit souvent composé de terre noire, on peut affirmer qu'il a été aménagé de main de maître et très bien drainé, ce qui lui confère déjà une qualité remarquable.
Parc national des Monts-Valin
Information: 1 418 665-6527/
www.parcsquebec.com
Réservation: 1 800 665-6527