Le touriste et le cliché

Sur cette photo de la chute Yosemite, dans... (Photo collaboration spéciale Pierre-Olivier Fortin)

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Sur cette photo de la chute Yosemite, dans le parc national du même nom situé en Californie, on remarque que le couple et la chute sont placés sur des points forts aux tiers de l'image.

Photo collaboration spéciale Pierre-Olivier Fortin

Pierre-Olivier Fortin

Pierre-Olivier Fortin
Le Soleil

(Québec) C'est un peu notre marque de commerce. Il nous permet de nous reconnaître entre nous. Mais, d'un autre côté, il nous trahit : un appareil photo autour du cou, c'est le mot touriste écrit dans le front! Certains ne dégaineront que pour les moments marquants. D'autres en feront une maladie et prendront 300 photos de la tour Eiffel. Et je suis gravement atteint!

Mais ces souvenirs sont tellement précieux! Alors quand vient le temps de remercier le compagnon du millénaire dernier, aussi bien se poser les bonnes questions. Un bon truc que Guillaume Dugal donne à ses clients chez Gosselin, à Place Ste-Foy, est «d'évaluer les photos de nos voyages précédents et de se demander quel genre de photos on voudrait faire à l'avenir». Et il n'y a pas que le voyage. Si l'on veut de temps en temps des photos des petites-nièces-qui-grandissent-tellement-vite ou des Rembrandt du Rijksmuseum, il faudra en tenir compte.

Parmi les critères les plus importants : la grosseur de l'appareil. J'ai sorti la balance. Mon sac photo pèse tout près de 10 lb. J'accepte volontiers de porter ce poids, alors que d'autres laisseront à l'hôtel tout appareil qui ne se glisse pas dans une poche de pantalon. Le meilleur appareil du monde reste celui qu'on a avec soi.

Demandez-vous ensuite dans quelle mesure la qualité de l'image est importante. Le facteur principal dans ce cas est la taille du capteur (ce qui remplace le film en numérique). Plus il est grand, meilleure est l'image... et plus léger, le porte-feuille. Les mégapixels? On oublie : ils en ont tous assez.

Avez-vous besoin d'un zoom de 5X seulement pour bien cadrer? De 10X pour des portraits? De 30X pour les oiseaux? Pour les autres critères, pensons entre autres à la prise en main, à la robustesse, au GPS et aux modes de capture avancée.

Un peu de magasinage maintenant! Pour simplifier, mentionnons quatre catégories. J'ai demandé à M. Dugal de donner deux exemples de modèles performants et populaires pour chacune.

Les compacts automatiques comme le Sony WX50 et le Canon ELPH 110. De 100 $ à 250 $. Ils sont petits, mignons, simples et économiques, mais les possibilités sont restreintes parce qu'ils n'ont souvent qu'un mode automatique.

L'appareil doit faire un tas de calculs chaque fois (focus, exposition, etc.) et ça peut être long, juste assez pour que l'oiseau que vous vouliez prendre ne s'envole. En mouvement ou la nuit, il sera tout mêlé. D'un autre côté, tous les appareils ont un mode automatique simple à utiliser. Alors il ne faudrait pas vous priver d'un bon appareil, juste parce que les pitons vous effraient.

Les compacts intermédiaires comme le Lumix ZS20 et le Canon SX240. De 200 $ à 450 $. Un peu plus gros, mais beaucoup plus de zoom, souvent 20X. Ils sont plus rapides et surtout plus polyvalents puisque plusieurs ont les modes manuels nécessaires à la photographie plus complexe. Leurs capteurs restent petits.

Compromis

Les compacts avancés comme le Canon S100 et le Lumix LX5. De 400 à 800 $. Un compromis plus qu'intéressant : un plus grand capteur aux prix d'un zoom plus modeste. À mon avis, la question ne se pose pas. Le S100 par exemple, pour le prix de compact intermédiaire, se glisse dans une poche, a un mode automatique et tous les modes manuels.

Les bridges comme le Sony HX200v et le Canon SX40HS. De 350 $ à 500 $. On les appelle ainsi parce qu'ils font le pont entre les compacts et les appareils avancés et professionnels. Ils sont beaucoup plus gros que les compacts, notamment en raison des longs zooms qui vont jusqu'à 35X. Leurs capteurs sont souvent aussi petits que les compacts, mais l'optique est meilleure.

Ceux qui ne veulent pas de compromis sur la qualité de l'image iront du côté des reflexs ou de leurs petits cousins les micro 4/3. On trouve des ensembles Canon avec deux objectifs à 700 $.

Prévoyez toujours des piles et des cartes mémoire de rechange. Et lisez le manuel d'instructions... avant de partir! Pratiquez sur le chien. Ou la voisine. Ou les fleurs. Pour faire une belle photo, ça prend un bon appareil, mais surtout un bon photographe!

Un bon site pour comparer les fiches techniques des appareils photo : snapsort.com/compare

C'était la première d'En route. J'aurai le plaisir de signer cette chronique tous les mois. N'hésitez pas à me contacter!

***

Des trucs pour réussir ses photos

La règle des tiers. C'est simple, mais infaillible. Avant de faire feu, tracez un tic-tac-toe imaginaire dans le cadre. Les quatre points de rencontre de ces lignes sont les points forts de votre image.

Dans un portrait, ne laissez jamais trop d'espace au-dessus de la tête.

Il y a deux sortes de ciel : le ciel plate qu'on veut cacher (inclinez l'appareil vers l'avant), et le ciel grandiose qu'on veut montrer.

Pour prendre une photo, disons, de Michel et du Golden Gate, ce serait dommage pour Michel (et pour le Golden Gate aussi) de placer son visage dans un petit coin en bas.

Là, il faut se décider. Soit on lui fait une belle place sur un point fort, soit on prend juste le décor. Prenez deux photos, pas une photo entre-deux.

Retoucher et recadrer. Iphoto et Picasa sont deux bons logiciels gratuits qui permettent de classer et de retoucher les photos (il y a des modes automatiques) de façon non destructive.

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