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Des chemins de Compostelle québécois pour les pèlerins d'ici

Les Québécois sont de plus en plus nombreux...

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Les Québécois sont de plus en plus nombreux à vouloir prendre la route à pied pour se ressourcer physiquement et spirituellement.

Sylvie Ruel
Le Soleil

Les adeptes de la marche sont de plus en plus nombreux au Québec : marcheurs solitaires, randonneurs ornithologiques, excursionnistes amants de la nature ou du patrimoine... À cela s'ajoute une nouvelle catégorie de marcheurs : les pèlerins.

Ils marchent pendant 12, 18 ou 30 jours d'affilée, s'arrêtant seulement la nuit pour se reposer. Leurs défis? Se dépasser, retrouver la forme physique et psychologique, faire le point sur leur vie, mener une quête spirituelle ou religieuse... En 1998, on a créé au Québec le Chemin des Sanctuaires, une route de 375 kilomètres qu'empruntent les pèlerins modernes, à partir de l'oratoire Saint-Joseph, à Montréal, jusqu'à la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, à l'est de Québec, en suivant la vallée du Saint-Laurent. Une route qui s'effectue en 18 jours, à 20 kilomètres par jour.

Tous les étés, en juin et en juillet, quatre marcheurs prennent le départ chaque jour. Ce chemin se voulait la version québécoise du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, route légendaire reliant la France et l'Espagne, que parcourent à pied les pèlerins depuis le Moyen-Âge.

L'idée est d'un Montréalais, Denis Leblanc, policier à la retraite, qui a parcouru seul, à pied, pendant 70 jours, les 1800 kilomètres séparant Paris de Santiago de Compostela et qui, au retour, avait mûri le projet de créer un chemin semblable au Québec.

Depuis, le Chemin des Sanctuaires a fait des petits : on trouve aujourd'hui plus de 1500 kilomètres de chemins de pèlerinage au Québec, allant de l'Outaouais jusqu'en Gaspésie. Des chemins qui conviennent à tous les types de marcheurs, autant débutants qu'expérimentés, et qui traversent pour la plupart des paysages magnifiques, longeant une rivière ou le fleuve. Ils sont constitués de sentiers de marche et de routes rurales peu fréquentées par les automobilistes.

Rodolphe Latreille, de Gatineau, marcheur de 75 ans, a créé en 2005 le Chemin des Outaouais, un trajet de 230 kilomètres qui se fait en 12 jours le long de la rivière des Outaouais. Le chemin part de la cathédrale Notre-Dame à Ottawa, passe par le sanctuaire Notre-Dame-de-Lourdes à Rigaud et atteint le 12e jour l'oratoire Saint-Joseph du mont Royal, rejoignant ainsi le Chemin des Sanctuaires.

Du 25 mai au 18 juin, six marcheurs prennent le départ tous les jours. «Je suis retraité depuis 20 ans et j'adore marcher en solitaire, découvrir la nature», dit M. Latreille, qui a parcouru 850 km d'affilée en France et en Espagne et qui, en 2008, a marché 800 kilomètres pendant 33 jours, de Gaspé à Québec.

Même si ces chemins passent par les sanctuaires, tous les marcheurs ne les parcourent pas pour des motifs religieux.

Les motivations diffèrent d'un marcheur à l'autre; certains le font pour l'amour de la nature, d'autres par défi physique. D'autres encore veulent tout laisser derrière et partir à la rencontre d'eux-mêmes. Lise Doyon, responsable du Chemin des Sanctuaires, a choisi de marcher pour faire une coupure avec son quotidien. «J'avais besoin de penser à moi. Quand on marche, on amorce une réflexion, on revoit nos priorités. La dimension spirituelle finit par nous rejoindre.» Plusieurs marcheurs se trouvent souvent à une croisée des chemins. Ils se remettent en question sur le plan professionnel, après une rupture, un deuil... ou près leur retraite.

En marchant ainsi toute la journée, ils apprennent à connaître leur histoire personnelle, à reculer leurs frontières et à découvrir qui ils sont... La majorité des marcheurs ont plus de 55 ans, mais de plus en plus de jeunes commencent à fréquenter ces chemins.

Les marcheurs ont en main le guide du pèlerin, pour suivre l'itinéraire sans difficulté et obtenir plusieurs informations : le kilométrage, les haltes, l'hébergement, les restos... Ces marcheurs et pèlerins s'arrêtent le soir dans une ville ou un village. Ce n'est pas dans un hôtel de luxe qu'ils passeront la nuit, mais dans une école, une résidence pour personnes âgées, un centre communautaire, chez une communauté religieuse, parfois même une caserne de pompiers.

Et souvent, leur lit est constitué d'un simple matelas posé au sol.

Sur le chemin, les marcheurs se délestent de leurs biens matériels. Car ils ne possèdent que ce qu'ils portent sur leur dos. C'est un retour à l'essentiel, de vivre en mode être plutôt qu'avoir.

Des chemins à parcourir

- Chemin des Sanctuaires, Montréal à Sainte-Anne de Beaupré : 375 km en 18 jours.

www.chemindessanctuaires.org

- Chemin des Outaouais, Ottawa à Montréal : 230 kilomètres en 12 jours.

www.chemindesoutaouais.ca

- Chemin de Montréal, 60 kilomètres en six jours. Permet de visiter 50 églises et sanctuaires de différentes confessions (non disponible cette année).

- Chemin des Navigateurs, de Pointe-au-Père, dans le Bas-Saint-Laurent, à Sainte-Anne-de-Beaupré : plus de 400 kilomètres en 21 jours.

www.chemindesnavigateurs@gmail.com

- Sentier gaspésien Terre et Mer, Cap-Chat jusqu'à Gaspé : 164 kilomètres en 10 jours.

- Sentier Notre-Dame de Kapatakan, part de la statue Notre-Dame du Saguenay à Rivière-Éternité jusqu'à l'Ermitage Saint-Antoine de Lac-Bouchette : 215 kilomètres en 12 jours.

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