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Tourisme humanitaire: joindre l'utile à l'agréable

Julie Ayotte, entourée de deux jeunes Guatémaltèques, à... (Horizon Cosmopolite)

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Julie Ayotte, entourée de deux jeunes Guatémaltèques, à l'été 2009. Si la clientèle des voyages humanitaires est souvent étudiante, des adultes aussi se laissent tenter par l'expérience.

Horizon Cosmopolite

Geneviève Gourdeau
Le Soleil

Après la conscience environnementale, voilà que la conscience sociale interpelle les voyageurs. Qu'on parle de tourisme humanitaire, tourisme solidaire ou tourisme social, ceux qui y prennent part ont tous un point en commun : ils désirent voyager pour aider des gens et des communautés beaucoup moins bien nanties qu'ici.

Bien que souvent considéré comme un segment du tourisme d'aventure, le tourisme humanitaire se base sur des motivations fort différentes. Les voyageurs veulent faire quelque chose d'utile, découvrir de nouvelles cultures, s'immerger dans de nouveaux modes de vie, apprendre une nouvelle langue et même améliorer leur curriculum vitae.

Selon des données recueillies sur le Réseau de veille en tourisme, on estime à environ 100 000 le nombre de voyages de cette nature annuellement. Les touristes proviennent principalement des États-Unis, du Canada, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande.

Cette clientèle est largement composée de jeunes étudiants, soit en année sabbatique ou vivant une expérience dans le cadre de leurs études. On retrouve aussi un nombre significatif de jeunes retraités ou de personnes qui prennent une pause dans leur vie professionnelle, et qui veulent que leur expérience de vie et de travail puisse profiter aux gens dans le besoin. On voit même des entreprises, qui souhaitent s'engager socialement ou consolider l'esprit d'équipe des travailleurs, offrir à leurs employés ce type de voyage. Et bien sûr, le milieu scolaire, avec ses nombreux programmes «internationaux», s'intéresse aussi aux voyages humanitaires.

Payer pour aider

Plusieurs organisations et agen-ces de voyages ont pris le train de l'humanitaire et offrent des séjours à des particuliers ou à des groupes. Chez Horizon Cosmopolite, dont la mission première est de développer une solidarité durable entre les peuples, on offre des stages individuels, des immersions linguistiques (espagnol et portugais), un programme de groupe et un programme pour les groupes scolaires.

«On a une clientèle surtout étudiante, mais aussi des adultes. Chez les jeunes comme chez les adultes, les gens veulent mettre à profit leurs compétences, dans divers domaines, que ce soit auprès des enfants, en santé humaine, avec les animaux, en enseignement, en agriculture, etc. Nous avons en ce moment trois dames âgées dans la soixantaine qui participent à un programme au Guatemala. Elles font du travail dans la communauté et elles suivent aussi des cours d'espagnol», explique Marie-Pierre Fortin, coordonnatrice de programmes.

Aller aider son prochain dans un autre pays n'est pas gratuit. Par exemple, avec Horizon Cosmopolite, un séjour d'un mois en Amérique latine coûte l'équivalent d'un voyage de type «sac au dos», avec un hébergement modeste. Un total d'un peu plus de 2000 $, billet d'avion inclus. À ce montant s'ajoutent les frais pour les vaccins, les assurances et l'achat de vêtements et de matériel adéquats pour le voyage.

«En général, étant donné le type de partenariat que nous avons, il est difficile d'envoyer des gens pour moins de un mois. Des liens se tissent avec les gens de la place, souvent des enfants. C'est pourquoi il est impensable pour nous d'envoyer des gens pour seulement une semaine ou deux», précise Mme Fortin.

Certains organismes, comme AFS Interculture Canada, vont demander aux voyageurs d'effectuer une levée de fonds afin de couvrir une partie des frais de voyage.

Rester humble

Le tourisme humanitaire offre certes plusieurs avantages : le plaisir de voyager, le sentiment d'être utile, la découverte d'une autre culture, l'aventure, le contact chaleureux avec les gens et l'exotisme. Qui dit mieux? Certes, l'humanitaire a la cote. Mais selon Marie-Pierre Fortin, il faut que les gens aient des attentes très humbles par rapport à ce type de voyage.

Conscientiser les voyageurs

«Bien sûr, tout le monde trouve que ça a l'air merveilleux d'aller aider les autres. Mais il faut vraiment conscientiser les voyageurs avant le départ. Il faut que les gens prennent le temps de se poser des questions comme "Est-ce que je suis prêt à vivre dans un confort minimal, à être constamment déstabilisé, à ne pas toujours comprendre ce qui se passe? Ce n'est pas nécessairement fait pour tout le monde.»

Mme Fortin croit qu'il faut être doté d'une grande tolérance aux différences et d'une ouverture d'esprit élastique, de même qu'une grande capacité d'adaptation pour s'engager dans une telle aventure.

«Sois le changement que tu voudrais voir dans le monde» (Gandhi) est la devise préférée de Stéphane Gagné, fondateur de Humanis Voyages. Pour lui, il ne faut pas partir avec l'idée de changer le monde, mais au contraire aller apprendre des autres peuples.

Humanis travaille actuellement avec une clientèle adulte, mais est en train de développer le marché des groupes scolaires dans les écoles privées. «L'an dernier, j'ai accompagné un groupe au Pérou pendant 29 jours, et il y avait une dame de 75 ans. Elle a accompli le travail dans la communauté et nous a accompagnés dans toute la portion d'exploration, dont un trek en altitude», raconte M. Gagné avec admiration.

Humanis Voyages offre des séjours de groupes ou individuels, en formule que l'on pourrait qualifier de «tout-inclus» : une combinaison de travail communautaire, avec une portion d'exploration et d'aventure, en plus de sorties culturelles et de cours (salsa, merengue, espagnol).

Le séjour est bien encadré avec un guide toujours sur place, mais coûte plus cher qu'un séjour où il n'y a pas de portion d'exploration du pays et de visites de lieux touristiques. Ainsi, un voyage de 23 jours en Amérique latine, incluant l'avion, l'hébergement, les repas, les excursions, les cours, et le travail communautaire coûte aux environs de 5000 $.

À ce prix, le niveau de confort est plus élevé qu'un voyage humanitaire «standard». Il est important pour M. Gagné de garantir à ses voyageurs de bonnes nuits de sommeil.

«Nos voyageurs, avec Humanis, sont hébergés dans des familles à revenu moyen dans les pays que nous visitons, donc ils ont une chambre avec pratiquement le même confort que dans une maison ici. Ils sont logés et nourris par la famille d'accueil. L'important, c'est que les gens s'initient à des valeurs de générosité et d'entraide, qu'ils reviennent ici avec une nouvelle vision du monde, et qu'ils reproduisent ces valeurs, cette entraide et cette ouverture d'esprit dans leurs milieux ici.»

Informations pratiques

Quelques adresses

Horizon Cosmopolite

www.horizoncosmopolite.com

Humanis Voyages

www.humanisvoyages.com

Voyages Campus

www.travelcuts.com

AQOCI (Association québécoise des organismes de coopération internationale)

www.aqoci.qc.ca

CECI (Centre d'études et de coopération internationale)

www.ceci.ca/fr

Uniterra

www.uniterra.ca

AFS Interculture Canada

www.afscanada.org

à lire

ALEXANDRE CHOUINARD. Stagiaires sans frontières, guide Ulysse.

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