Un verre d'eau chaude?

De manière générale, l'eau chaude dissout mieux les...

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De manière générale, l'eau chaude dissout mieux les métaux et les minéraux que l'eau froide, et jusqu'à une certaine température, les bactéries y prolifèrent davantage. A priori, donc, l'eau froide doit être considérée comme plus saine.

(Québec) «Nous sommes quatre jeunes dans la vingtaine qui aimeraient savoir si l'eau chaude contenue dans les réservoirs domestiques à eau chaude est propre à la consommation. Le cas échéant, pourriez-vous nous fournir des détails sur les compositions microbiennes et résiduelles de cette eau? Aussi, y a-t-il des cas répertoriés d'affections ou même de mortalités liées à la consommation d'une telle eau?», demandent Annick Morin, Marie-Claude Bourget, Jean-François Côté et Philippe Côté, de Québec.

De manière générale, explique Christine Beaulieu, chimiste qui supervise la qualité de l'eau potable à la Ville de Québec, l'eau chaude dissout mieux les métaux et les minéraux que l'eau froide, et jusqu'à une certaine température, les bactéries y prolifèrent davantage. A priori, donc, l'eau froide doit être considérée comme plus saine.

Parmi les substances qui peuvent être présentes dans l'eau du robinet figure notamment le plomb - du moins, pour les vieux tuyaux -, dont les dangers ont été abondamment démontrés. L'eau n'en recèle jamais de grandes quantités, remarquez : même dans l'eau très chaude, les teneurs demeurent infimes. Mais il n'en faut pas beaucoup pour obtenir un effet toxique : la norme fédérale n'est que de 0,01 mg/l. Et d'après un rapide calcul de Mme Beaulieu, l'oxyde de plomb (PbO) est environ 10 milliards de fois plus soluble à 60 °C qu'à 25 °C. Cela ne signifie pas que la norme est enfreinte, mais cela reste toute une augmentation.

Par ailleurs, ajoute la chimiste, dans les réseaux d'aqueduc comme celui de Québec où l'on ajoute du chlore pour contrôler les bactéries, les chauffe-eau peuvent causer un autre problème. Leur chaleur, en effet, se trouve à «fournir» un surplus d'énergie au chlore, qui réagit alors plus rapidement avec divers composés organiques. Cela génère divers sous-produits, dont des trihalométhanes, qui sont des substances cancérigènes. Le risque additionnel est très mince et il faut une consommation fréquente et chronique pour le courir, mais il existe tout de même.

Enfin, pour ce qui est des microbes, il n'y a généralement pas de problème majeur (dans la mesure où l'on purge les tuyaux) pour les chauffe-eau dont la température est réglée à 60 °C, dit Mme Beaulieu. Une telle chaleur a pour effet de «désactiver» une grande partie des bactéries pathogènes - les thermophiles, qui sont adaptées aux chaleurs extrêmes, n'étant habituellement pas équipées pour envahir le corps humain.

Certains chauffe-eau, cependant, sont réglés à 49 °C, température à laquelle certaines bactéries pathogènes peuvent se multiplier. Ce sont principalement celles du genre Legionella qui posent problème, puisqu'elles peuvent causer la légionellose - laquelle provoque des symptômes semblables à ceux de la grippe, mais qui peuvent se rendre jusqu'à la pneumonie. D'après Hydro-Québec, une centaine de personnes seraient hospitalisées chaque année pour cette raison.

«Dans votre article (du 20 septembre 2009), il est mentionné qu'il y a perte de masse lors des réactions nucléaires, contrairement aux réactions chimiques comme la combustion, où la masse totale des déchets est la même que celle du combustible au départ. Alors je me pose la question suivante : l'énergie serait-elle de nature différente selon qu'elle soit d'origine nucléaire ou chimique?» demande le perspicace Laurent Dubois, de Sainte-Sophie-d'Halifax, dans le Centre-du-Québec.

Dans notre chronique «L'équation-vedette», l'an dernier, nous expliquions en effet ce que signifie la célèbre formule d'Einstein, E = mc2, qui dit essentiellement que l'énergie E est égale à la masse m multipliée par la vitesse de la lumière c au carré. Comme celle-ci est extraordinairement grande, à près de 300 000 kilomètres par seconde, ce c2 est donc un multiplicateur absolument monstrueux. C'est ce qui explique pourquoi les réactions nucléaires, au cours desquelles une partie de la masse du combustible est transformée en énergie, produisent de telles quantités d'énergie.

Et votre tout dévoué a bel et bien écrit qu'il n'en allait pas ainsi des réactions chimiques, mais il aurait sans doute fallu préciser qu'il s'agissait là d'une simplification - largement répandue et généralement acceptée, mais une simplification quand même.

En fait, explique le physicien de l'Université de Montréal Normand Mousseau, «il y a une perte de masse lors des réactions chimiques aussi, mais c'est juste qu'elle est si petite qu'elle devient négligeable». Par exemple, a-t-il calculé, si l'on brûlait un kilogramme de méthane (CH4, principale composante du gaz naturel), la masse des déchets - soit du dioxyde de carbone (CO2) et de l'eau (H2O) - serait légèrement, infinitésimalement, inférieure à la masse du carburant (et de l'oxygène requis pour la combustion) par un minuscule 6 x 10-7 g ou, si l'on préfère, 0,6 millionième de gramme.

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