Pourquoi il faut tuer les parents dans les films d'animation

Perdu, le jeune dinosaure Arlo dans Le bon dinosaure obtient... (Fournie par Pixar-Disney)

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Perdu, le jeune dinosaure Arlo dans Le bon dinosaure obtient l'aide de Spot, un enfant sauvage. Puisque ce sont les parents qui règlent les problèmes des enfants, il faut les évacuer pour rendre l'histoire captivante et que les enfants soient forcés d'affronter les problèmes eux-mêmes.

Fournie par Pixar-Disney

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Sandy Cohen
Associated Press
Los Angeles

Dans le dernier film de Pixar, Le bon dinosaure, le père du petit Arlo se noie tragiquement dans une rivière déchaînée.

Dans Big Hero 6, sorti l'an dernier, le personnage principal perd son frère dans une explosion. Puis il y a le poisson-clown Nemo, qui perd sa mère, mangée par un barracuda dans les premières minutes du film.

Bambi, Simba, Anna et Elsa, la liste des personnages de films pour enfants qui perdent un parent est longue. En fait, selon une étude, les protagonistes de ces films ont deux fois plus souvent souffert de la mort traumatique d'un proche que dans les films pour adultes.

Discuter avec les enfants

Pourtant, le but n'est pas d'effrayer les jeunes cinéphiles. En fait, la mort d'un parent est souvent utilisée pour mettre toute l'attention sur le jeune personnage principal, explique le professeur à l'Université d'Ottawa Ian Colman, qui a effectué une étude, publiée l'an dernier dans le British Medical Journal, sur le sujet. Puisque ce sont habituellement les parents qui règlent les problèmes des enfants, il faut les évacuer pour rendre l'histoire vraiment captivante, pour que les enfants soient forcés d'affronter le problème eux-mêmes. Une façon d'y arriver, donc, c'est de tuer les parents.

Mais lorsque des parents ou des frères et soeurs meurent à l'écran, les enfants s'en sortent mieux lorsque leurs parents sont là pour en parler... dans la vraie vie.

Les petits ne comprennent généralement pas le caractère permanent ou inévitable de la mort avant l'âge de l'école primaire, selon l'expert sur le deuil juvénile David Schonfeld. Et les films ne donnent pas de manières réalistes de gérer le deuil.

«On n'y voit que la détresse», note le Dr Schonfeld, directeur du Centre national pour les crises scolaires et le deuil de l'université de la Caroline du Sud. «On laisse le personnage dans cette détresse et la solution est : grandis et aie ton propre petit. Ce n'est vraiment pas comme ça qu'on fait son deuil.»

«Malheureusement, il y a peu de films d'animation qui montrent comment on peut aider les enfants à composer avec la perte d'un être cher. Ils deviennent davantage un véhicule pour les plonger dedans», poursuit-il.

Hystérique

Ian Colman a eu l'idée de lancer une étude après avoir vu Petit-Pied, le dinosaure avec sa fille de quatre ans. «La mère du personnage principal se fait attaquer et tuer brutalement par un tyrannosaure dans les cinq premières minutes du film. Ma fille était hystérique et me suppliait d'arrêter le film», raconte-t-il.

Avec son équipe, il a donc comparé les dessins animés ayant le plus rapporté depuis Blanche-Neige en 1937 jusqu'à La reine des neiges, en 2013 avec les drames pour adultes populaires des mêmes années. Ils ont conclu que le meurtre et la mort de personnages importants sont plus fréquents dans les films d'animation.

Ce peut être une bonne occasion pour avoir une discussion difficile, croit le chercheur.

L'équipe derrière la franchise Les bagnoles de Pixar a été malgré elle confrontée à la mort, lorsque l'acteur Paul Newman, la voix de Doc, est mort. «Nous n'avions jamais parlé de comment une voiture meurt ou naît, se souvient le directeur de la création, Jay Ward. La beauté de Pixar, c'est qu'on raconte différentes histoires de façons différentes, et, parfois, la mort est une partie importante de l'histoire. Pour les enfants, ce peut être difficile à assimiler. C'est une émotion humaine, une vraie chose. Ça arrive à tout le monde un jour.»

À partir de deux ans, les enfants peuvent commencer à comprendre la finalité de la mort, ajoute M. Schonfeld. «Les enfants de ce groupe d'âge tentent de comprendre le concept de mort. Ils y sont attirés parce que c'est important, fait-il valoir. Je ne voudrais pas que les histoires et les films pour enfants éliminent le thème de la mort, parce qu'ils auraient alors très peu d'occasions d'en parler.»

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