Les travailleurs mexicains charmés par l'été charlevoisien

Shonary Acosta, Jose Antonio Olivor Ortiz et Reynaldo... (Collaboration spéciale Brigitte Lavoie)

Agrandir

Shonary Acosta, Jose Antonio Olivor Ortiz et Reynaldo Vladouinos Salto travaillent à l'entretien ménager au Fairmont Manoir Richelieu.  Il s'agit de leur deuxième été dans Charlevoix.

Collaboration spéciale Brigitte Lavoie

Sur le même thème

Brigitte Lavoie
Le Soleil

(La Malbaie) «Ma mère est très fière de ce que je fais ici», confie le Mexicain d'origine Shonary Acosta. Le souriant jeune homme de 25 ans est préposé à l'entretien ménager au Fairmont Manoir Richelieu dans Charlevoix où travaillent également 35 autres de ses compatriotes.

Dans les cuisines, le chef Patrick Turco discute... (Collaboration spéciale Brigitte Lavoie) - image 1.0

Agrandir

Dans les cuisines, le chef Patrick Turco discute avec les travailleurs mexicains Monserrat Guzman Sol et Armando Cardoso Lozano.

Collaboration spéciale Brigitte Lavoie

«Ma famille pousse pour que je reste ici. C'est le rêve de ma mère, qui n'a jamais quitté le Mexique. Et si je pouvais lui permettre de venir voir la région, ça serait formidable. Je travaille très fort», raconte celui qui en est à son second séjour de travailleur au Manoir Richelieu. L'étudiant en restauration aime bien pouvoir y «pratiquer la langue» et «approfondir ses connaissances».

«Je découvre une autre culture, un autre pays. Ça ouvre les frontières de voir la réalité des gens d'ici», raconte-t-il au Soleil, venu voir comment se passe cette expérience au Manoir Richelieu.

Lui et ses compatriotes occupent des postes dans les cuisines, à la plonge et à l'entretien ménager du grand hôtel de Pointe-au-Pic qui embauche en haute saison un peu plus de 500 travailleurs, dont une majorité de travailleurs locaux, pour pallier aux problèmes de pénurie de main-d'oeuvre. Le salaire minimum horaire que Shonary y gagne (sur une base de 10 $ l'heure) est 25 fois plus élevé que les 4 $ par jour qu'il obtiendrait dans son pays d'origine pour le même emploi.

Un exil parfois difficile pour certains, dont ceux qui laissent un enfant à la maison le temps de ce lucratif voyage.

«C'est bien d'être ici et de vivre cette expérience, mais c'est aussi un certain sacrifice. On le fait pour le bien-être de nos familles. Six mois ici, c'est presque quatre ans de salaire chez nous», explique Shonary, originaire de la région de Yucata.

Arrivé en juin, il rentrera au pays en novembre. Son ami Reynaldo Valdouinos Salto raconte aller «à la poste chaque jeudi, envoyer de l'argent. Un petit peu pour moi et les distractions, et un petit peu pour la famille».

Salsa et baleines

Comme ce fut le cas l'an dernier, les amitiés se sont nouées rapidement au sein de ce noyau de travailleurs mexicains. Ils ont en souvenir quelques mémorables randonnées pédestres et leur croisière aux baleines ainsi que quelques descentes de ski pour certains. Poutine et pâté chinois sont maintenant inscrits à leur vocabulaire.

«J'ai aussi des amis québécois. Comme je parle un peu français, ça aide. Ils me font visiter la région», précise Shonory, éclatant de rire lorsque le directeur vente et marketing, Éric Quesnel, le taquine avec sa réputation de grand danseur de salsa. Le directeur constate que «la venue des Mexicains» sert également «la chimie et la culture de l'hôtel».

«Nous pouvons répondre aux demandes de la clientèle et pour nos employés originaires d'ici, ça veut dire des horaires plus stables et la possibilité de prendre quelques congés pendant la période estivale. Ils sont bien accueillis!»

À renouveler

L'expérience des travailleurs étrangers est à renouveler pour le Fairmont Manoir Richelieu. Le chef Patrick Turco apprécie l'attitude respectueuse de ces travailleurs et leur application au travail. «Leur présence dynamise l'équipe, constate-t-il. Et ça nous permet de voyager aussi, d'une certaine façon.»

Le directeur général du Manoir, Jean-Jacques Etcheberrigaray, est satisfaisait de cette seconde cuvée de travailleurs mexicains, sélectionnés dans les hôtels de la chaîne à Cancun et Riviera Maya et dans les écoles hôtelières.

«À moins que ce soit soudainement facile de pourvoir ces postes avec des gens locaux, nous renouvellerons l'embauche de travailleurs étrangers l'an prochain. Nous avons trouvé une façon, temporaire, de déjouer la pénurie de main-d'oeuvre. Ça nous coûte des sous, mais c'est un investissement pour assurer les périodes d'achalandage important. C'est ça où je ferme des chambres et des restaurants.»

Shonory est quant à lui séduit par la qualité de vie canadienne et acquiescerait volontiers à un projet de vie au Canada, «si c'est possible». D'ici là, le garçon s'affaire à l'entretien ménager du Manoir Richelieu, le sourire aux lèvres.

Des travailleurs étrangers plus nombreux

D'autres entreprises charlevoisiennes autres que le Fairmont Manoir Richelieu misent sur les travailleurs étrangers pour déjouer la pénurie de main-d'oeuvre. Aux Serres Lacoste, une entreprise des Éboulements spécialisée dans la culture en serre, 18 Guatémaltèques poursuivent actuellement un séjour de travail de neuf mois.

«C'est la troisième année que nous en accueillons», précise le propriétaire Éric Frenette. «Cette main-d'oeuvre est essentielle pour assurer la survie et l'expansion de l'entreprise.»

Depuis deux ans, la Pépinière Charlevoix à La Malbaie a également trouvé au Honduras une main-d'oeuvre assidue pour ses serres de production horticole. Arrivés en mars, les cinq hommes repartiront en octobre.

Quelques entreprises accueillent également des stagiaires étrangers en période de fort achalandage. C'est le cas de l'hôtel Cap-aux-Pierres de l'Isle-aux-Coudres où trois Lituaniennes terminent ces jours-ci un stage de trois semaines.

Assurer l'intégration de ces petits noyaux de travailleurs reste un défi pour les entreprises. Aux Serres Lacoste, des cours d'espagnol ont été offerts aux employés et une redoutable équipe de soccer a été formée cet été. Le Groupe interculturel Le Phare, fondé il y a quelques années par des «Charlevoisiens d'origine étrangère», vise pour sa part à faciliter l'adaptation et l'intégration des nouveaux arrivants.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer