L'homme qui murmurait aux abeilles

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<p>Jean Soulard</p>
Jean Soulard
Le Soleil

(Québec) «Au début, ma passion était uniquement pour les abeilles, pas pour le miel. Lors de ma première récolte, je me suis demandé ce que j'allais faire avec le miel...» C'est en ces termes que Marc Lucas parle, installé au milieu de quelques-unes de ses ruches, dans un champ près de Québec.

C'est après avoir passé 28 ans dans une usine de pâtes et papiers que Marc décide de devenir apiculteur. Pour l'amour de ces bibittes qu'il trouve fascinantes, mais aussi pour faire ce travail d'une manière plus responsable et plus écologique.

Peut-être est-ce un peu surprenant, mais c'est le milieu urbain qui a été la réponse. OGM, monocultures, insecticides et fongicides y sont en effet absents, eux qui sont les responsables présumés de la disparition des abeilles.

Notre homme se qualifie aujourd'hui d'apiculteur urbain nomade.

«Pourquoi nomade?»

«Parce que je change mes ruches d'endroit régulièrement, le plus proche de la ville ou, mieux, dans la ville», me répond Marc.

 «Et urbain?»

«Parce que les abeilles se portent mieux en milieu urbain, comme de nombreuses expériences le prouvent. J'ai été le premier à installer mes ruches sur les toits de Québec en 2009. Elles bénéficient d'un environnement sans pesticides, elles aiment les températures plus chaudes des villes et elles ont une variété plus grande de fleurs à butiner, comme la verge d'or, la salicaire pourpre, le pissenlit ou le chardon, à l'opposé des champs en monoculture intensive»,  ajoute-t-il de son ton calme caractéristique.

L'apiculteur Marc Lucas a été un des premiers... (Le Soleil, Steve Deschênes) - image 2.0

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L'apiculteur Marc Lucas a été un des premiers à installer ses ruches sur les toits de Québec.

Le Soleil, Steve Deschênes

«Il y a urgence, insiste Marc. On parle d'équilibre naturel. La majorité des fleurs, environ de 70 à 80 % des aliments que nous consommons, sont pollinisées par les abeilles. L'hiver dernier les pertes dans mes ruches ont atteint 40 %.»

Le changement climatique n'aide pas non plus. Des hivers changeants, plus doux, avec des gelées, puis des redoux. Pas beaucoup de neige au sol. La province qui comptait environ 100 000 ruches par le passé n'en compte plus maintenant que 36 000.

Nous les connaissons mal, ces abeilles. Elles ne sont ni dangereuses ni agressives, sauf, bien sûr, si vous jouez dans leur environnement ou dans leur ruche. Très souvent, on les confond avec les guêpes. Contrairement à ces dernières, qui sont attirées par votre nourriture ou votre bière lorsque vous êtes bien installés sur votre terrasse, les abeilles sont des travailleuses autonomes qui ont une seule mission : faire du miel.

J'aime l'idée d'avoir une ruche chez soi. Celle installée sur le toit de ma maison fait d'abord le bonheur de mon voisin et surtout de ses arbres fruitiers. Mais il y a aussi ce plaisir d'aller chercher un rayon gorgé de miel pour le partager avec un couple d'amis. Nous avons l'impression de manger du soleil avec en finale la cire que l'on mâche comme les enfants chiquant une gomme.

Ma grand-mère connaissait aussi les bienfaits du miel. Lorsqu'elle voyait un rhume montrer le bout de son nez, elle arrivait avec un bol de lait chaud et une grosse cuillerée de miel dedans. Mon grand-père, lui, avait du rhum en plus dans le sien. C'était meilleur, soutenait-il!

Le saviez-vous?

-   Il y a trois types d'abeille dans une ruche : la reine, l'ouvrière et le faux-bourdon.

-    Une ruche contient une seule reine. Elle pond jusqu'à 2500 oeufs par jour et peut vivre cinq ans.

-    Durant l'été, la ruche peut contenir 70 000 abeilles.

-    Une abeille ouvrière vit environ six semaines l'été, six mois l'hiver. Elle peut faire approximativement 20 kilomètres par jour.

-    Le mâle s'appelle faux-bourdon et ne pique pas. Il ne fait pas grand-chose non plus, si ce n'est de féconder la reine. À la fin de l'été, les abeilles le mettent à la porte de la ruche. Comme quoi...

Vous pouvez trouver le miel de Marc Lucas sous la marque Rucher Turlu dans une vingtaine d'IGA de la région.

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