La sédentarité plus dommageable que l'exercice physique

Selon le Dr Paul Poirier, faire de l'exercice,... (Photothèque Le Soleil)

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Selon le Dr Paul Poirier, faire de l'exercice, du jogging entre autres, peut être fatal pour certains, mais il s'agit d'une possibilité qui arrive rarement, voire très rarement.

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(Québec) Le décès d'un homme de 50 ans à Québec, en fin de semaine dernière, après son jogging matinal, n'a pas remis en question l'opinion du Dr Paul Poirier sur les bienfaits de l'exercice sur la santé.

«Ce qui est dramatique, c'est que ça arrive chez des gens jeunes et de façon imprévisible», a déploré, lundi  au Soleil, le directeur médical du Pavillon de prévention des maladies cardiaques de l'Hôpital Laval.

À son avis, faire de l'exercice, du jogging, peut être fatal pour certains, mais il s'agit d'une possibilité qui arrive rarement, voire très rarement. «Aux États-Unis, l'an dernier, sur un million de marathoniens, six personnes ont eu un arrêt cardiaque, dont deux en sont décédées. Quatre ont été réanimées. C'est donc dire que c'est rare avec des athlètes ou des pseudoathlètes préparés pour une telle compétition», a-t-il avancé.

Le médecin demeure persuadé que de pratiquer des sports, courir ou faire de l'exercice n'est pas dommageable dans la mesure où ces actions sont adaptées à la condition de la personne. «Il y a plus de chances de mourir du coeur en étant sédentaire que de faire de l'activité physique», a-t-il dit.

Le Dr Poirier n'a pas paru étonné que la mort subite soit arrivée après le jogging. «C'est bien prouvé que chez les gens qui font de l'exercice de façon intensive, les morts subites ou les arrêts cardiaques ou les problèmes surviennent dans les quatre à six heures incluant l'exercice. Il y a une augmentation des risques immédiatement après l'exercice chez les gens qui font de l'exercice intense», a-t-il dit.

D'autre part, selon le cardiologue, il est normal que le coeur ne fonctionne pas comme à l'habitude après un marathon. «Il y a trois ou quatre ans, une étude a été faite au marathon des Deux-Rives. Avec des résonances cardiaques, on a constaté des dysfonctions chez une bonne proportion des marathoniens tout de suite après la course et 48 heures après. Il y a des parties du coeur qui contractent moins bien parce que le coeur devient enflé. Ça se corrige normalement par la suite.»

Par ailleurs, il constate la propension de bon nombre de quinquagénaires de vouloir faire des sports d'endurance très exigeants sur le plan physique. «Il y a une recrudescence, de mode, quand tu es rendu à 50 ans, de pouvoir faire ton Ironman, ton triathlon ou ton premier marathon. On ne voyait pas ça il y a 10, 20 ans. Ce n'était pas à la mode. Je ne sais pas ce que les gens cherchent par ça mais il y a un problème associé à ces exercices», a-t-il affirmé.

Sportifs du dimanche

Il met en garde les week-end warriors ou les guerriers de fin de semaine qui se défoncent les samedis et dimanches à faire du sport ou des exercices alors que durant la semaine, «ils ne font rien et mangent mal».

Le Dr Poirier ne recommande pas une évaluation automatique de la condition physique avant de faire de l'exercice. «Si vous êtes capable de monter deux paliers d'escalier sans arrêter, soit deux fois 13 marches, sans être essoufflé de façon disproportionnée, que vous n'avez pas de douleur au thorax et que le coeur ne veut pas vous sortir de la poitrine, vous pouvez commencer tranquillement», a-t-il proposé.

Les symptômes d'un malaise cardiaque sont des douleurs au thorax qui irradient à la gorge ou dans le bras gauche et qui sont associées à un essoufflement disproportionné, des palpitations ou une sensation de grande fatigue, a indiqué le médecin.

Les facteurs de risque pour un arrêt cardiaque sont d'être un homme de 55 ans et plus, de fumer, d'être hypertendu, diabétique, obèse ou avoir un cholestérol élevé. Le stress et les antécédents familiaux sont aussi des facteurs importants. Chez les femmes, le critère de l'âge est de 65 ans.

Pelleter sans s'épuiser

Le Dr Paul Poirier s'attend à recevoir un peu plus de patients ayant une douleur au thorax aujourd'hui à l'Hôpital Laval - ou l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec - après avoir pelleté, lundi, peut-être avec un peu trop d'ardeur, à la suite de la première bordée de neige de l'hiver.

«Si on n'est pas capable de maintenir une conversation ou siffler une toune en pelletant, il faut arrêter. Bien souvent, les gens ont un trop gros ego. Ils veulent finir avant d'avoir commencé. L'activité physique doit être ludique. Il ne faut pas que ce soit une corvée. Les gens qui ont un trop gros ego n'ont qu'à détacher un lacet», a-t-il suggéré.

Il conseille de pousser la neige au lieu de la lever. «En maintenant une conversation, vos fréquences cardiaques seront de 100-110, ce qui est très confortable. Vous allez avoir chaud, mais c'est moins dangereux que de faire ça en vitesse. Comme dans bien des activités humaines, trop, c'est comme pas assez», a-t-il ajouté.

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