L'obésité mène davantage chez le médecin que le tabac

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Selon James McIntosh, chercheur et professeur au Département des sciences économiques à l'Université Concordia, sans obésité, les consultations globales au Canada diminueraient de 10 %.

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Claudette Samson
Le Soleil

(Québec) L'obésité occasionne plus de visites médicales que le tabagisme, selon un chercheur de l'Université Concordia, qui avance qu'en l'absence d'une telle problématique, le nombre de consultations diminuerait d'au moins 10 % au pays.

Le professeur au Département des sciences économiques James McIntosh a comparé le nombre de visites médicales faites au pays par les personnes obèses et celles des fumeurs réguliers ayant un poids santé. Il s'est servi pour ce faire des données de 60 000 Canadiens ayant répondu à l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2010. Il affirme que sans obésité, les consultations globales diminueraient de 10 %.

Selon le professeur, il ne s'agirait là que d'un minimum, puisque le calcul ne tient pas compte des consultations liées au développement du diabète de type 2, une maladie liée directement à l'obésité. On sait également que l'obésité est liée aux maladies du coeur et au cancer.

La comparaison n'a porté que sur le nombre de visites médicales, et non sur le coût des soins eux-mêmes, par exemple ceux liés au cancer du poumon chez les fumeurs.

Au Canada, près d'une personne sur quatre est obèse, a rappelé l'auteur de l'étude lors d'une présentation au congrès de l'Association canadienne d'économique, qui a eu lieu le 7 juin à Vancouver. À son avis, une telle comparaison va permettre à la population de mieux saisir l'enjeu que représente cette problématique, puisque chacun a une connaissance au moins intuitive de la nocivité du tabagisme.

Selon lui, il serait important d'inclure les informations sur les problèmes relatifs au poids dans la prochaine enquête nationale sur la santé afin de mieux documenter cette question.

Une solution financière

«Les données montrent clairement que les gens mangent trop et ne font pas assez d'exercice. Cela doit changer. Je crois qu'il est du devoir des chercheurs d'attirer l'attention des décideurs sur ces graves problèmes», a-t-il commenté dans un communiqué.

Il avance par ailleurs que l'une des solutions pour inciter les gens à perdre du poids pourrait être de nature financière, par exemple en imposant des primes d'assurance vie plus élevées aux personnes obèses, comme c'est le cas pour les fumeurs. Une telle action a toutefois des limites. «Comme l'obésité est plus fréquente chez les personnes à faible revenu, cette idée serait plutôt difficile à mettre en oeuvre», reconnaît-il lui-même.

Au final, il plaide pour une combinaison de mesures, dont un encadrement plus strict de la restauration rapide. À son avis, il faut agir avant que la situation soit critique.

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