Centre Portage de St-Malachie: pour les ados toxicomanes fragilisés

Sur le même thème

Le Centre Portage est situé dans un décor... (Photo fournie par le centre Portage de St-Malachie de Bellechasse)

Agrandir

Le Centre Portage est situé dans un décor enchanteur au pied de la montagne La Crapaudière, sur le bord de la rivière Etchemin.

Photo fournie par le centre Portage de St-Malachie de Bellechasse

Pierre Pelchat
Le Soleil

(Québec) «La drogue de synthèse que consomment les adolescents aujourd'hui n'est pas juste dommageable. Elle est monstrueuse. On le voit dans les urgences en pédopsychiatrie qui sont pleines.»

Une chambre à coucher au Centre Portage... (Centre Portage) - image 1.0

Agrandir

Une chambre à coucher au Centre Portage

Centre Portage

Un  petit salon avec deux téléscopes... (Centre Portage) - image 1.1

Agrandir

Un  petit salon avec deux téléscopes

Centre Portage

Ces propos sont ceux du directeur du Centre Portage pour jeunes de 14 à 18 ans de Saint-Malachie de Bellechasse, Serge Comeau. Au cours des dernières années, il a côtoyé des centaines de jeunes toxicomanes. La santé mentale de ces jeunes est plus fragilisée que celle de leurs aînés à cause des nouvelles drogues, a-t-il constaté.

«Quand j'ai commencé à travailler à Portage, il y a une quinzaine d'années, ça nous prenait de quatre à cinq jours avant qu'un adolescent ait bien dormi, bien mangé et qu'il soit réceptif à la programmation clinique. Aujourd'hui, on parle d'une période minimum de trois semaines. Ça donne une idée de l'impact des drogues que consomment les jeunes aujourd'hui», a-t-il fait part lors de notre visite du nouveau centre de Saint-Malachie.

Au fil des décennies, les producteurs de drogues se sont ajustés au goût du jour. «En 2012, on est confronté malheureusement à un phénomène d'instantanéité. Si je veux me trouver une blonde, me payer un voyage, payer ma carte de crédit ou trouver un terrain de camping, je peux le faire en quelques secondes. La drogue s'est adaptée à cette culture avec la drogue de synthèse [drogue chimique]. C'est rapide. C'est instantané. Ça gèle vite. Ça ne coûte pas cher, mais c'est beaucoup plus dommageable», a-t-il expliqué.

Aujourd'hui, des jeunes commencent à consommer des speeds, de l'ecstasy, des méthamphétamines dès l'âge de 10 ans. Ce n'est que plus tard que certains deviennent toxicomanes. «Ils peuvent venir autant de milieux défavorisés que de milieux plus fortunés. Ce sont des ados qui ont une faible estime d'eux-mêmes. La drogue a une influence sur leur estime, leur confiance», a indiqué M. Comeau.

Une salle de séjour et de jeux... (Centre Portage) - image 2.0

Agrandir

Une salle de séjour et de jeux

Centre Portage

Travaux de 2 millions $

Le centre de Saint-Malachie accueille environ 110 jeunes (60 % de garçons et 40 % de filles) de l'Est-du-Québec chaque année. La majorité d'entre eux proviennent des régions de Québec et de la Chaudière-Appalaches. Sur une base volontaire, ils peuvent y demeurer de trois à six mois.

Les deux bâtiments, l'un pour les garçons, aménagé dans le chalet de l'ancienne station de ski La Crapaudière, et l'autre pour les filles, peuvent loger 40 jeunes dans des chambres. En plus, on y retrouve des salles de séjour, des salons, une salle d'entraînement physique, des cuisines et des salles de classe.

Les travaux d'aménagement ont coûté plus de 2 millions$ et ont été financés par des dons. La campagne de financement de Portage à Québec est coprésidée par le président de Cominar, Michel Dallaire, et le président de la compagnie d'assurances L'Unique, Mario Cusson.

Une entente a été conclue avec la commission scolaire locale afin que des cours du secondaire soient donnés au centre. De plus, les jeunes visitent des entreprises et font du bénévolat en plus de pratiquer des sports.

«L'école, ici, c'est obligatoire. Notre mission est de raccrocher ces jeunes à l'école, les motiver, les encadrer, leur faire vivre des réussites sur le plan académique pour qu'ils retournent dans leur école respective», a dit M. Comeau. Sept jeunes sur 10 qui complètent leur démarche au Centre Portage retournent aux études.

Tout est fait pour augmenter le sentiment de réussite, de fierté des jeunes. «Une game de soccer pour une game de soccer, c'est vide de sens ici. Il faut que ce soit une occasion pour développer des compétences, des habiletés.»

Le Centre compte une vingtaine d'employés dont des éducateurs spécialisés, des gens qui ont un certificat en toxicomanie, des conseillers en orientation, des travailleurs sociaux, des cuisinières, des gardiens de sécurité. Une infirmière assure un service de santé sur place.

Pour beaucoup, le traitement des jeunes toxicomanes est fait avec l'approche de «donnez au suivant». Les plus anciens sont jumelés avec les nouveaux arrivants et leur viennent en aide.

«Un succès à Portage, ce n'est pas un jeune qui arrête de consommer, mais un jeune qui entrevoit d'autres perspectives. On a des jeunes qui sont passés ici qui sont devenus des enseignants, des travailleurs sociaux, des propriétaires d'entreprise», a souligné M. Comeau.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer