«Les blessures ne devraient pas être comprises comme faisant partie du jeu. On entend souvent les entraîneurs dire qu'une blessure, ça fait partie de la game, que le joueur est un tough et que ce n'est pas grave. Ce n'est justement pas cette attitude qu'il faudrait avoir afin que les jeunes puissent profiter au maximum de l'activité physique», a affirmé, hier, Claude Goulet, professeur au Département de l'éducation physique et des sports de l'Université Laval, lors d'une conférence de presse dans le cadre de la Semaine québécoise du traumatisme crânien.
À son avis, l'attitude de certains entraîneurs est partagée malheureusement par des parents encore aujourd'hui. «Les parents doivent aussi être conscients des conséquences des blessures de leur jeune et ne pas les banaliser», a dit M. Goulet.
La réduction des blessures dans le sport passe par une meilleure prévention sur plusieurs plans. «Il ne faut pas voir les blessures comme une fatalité, un acte fortuit sur lequel on ne peut agir. On peut travailler sur les comportements et les attitudes, s'assurer que les règles seront respectées. Au hockey, on peut s'assurer qu'il n'y ait pas de coups à la tête, qu'un skieur ira dans les pistes qui correspondent à son niveau de difficulté», a-t-il expliqué. Le choix de l'équipement, dont le port du casque en ski, est aussi une autre façon de réduire les risques de blessures, a-t-il ajouté.
Un environnement physique plus sécuritaire permet d'éviter des blessures qui peuvent dans certains cas entraîner la mort. «Il y a trois ans, un de nos étudiants [Pier-Yves Bouchard] est décédé en jouant au soccer intérieur. Il n'y avait pas assez d'espace entre les lignes de côté et le mur du gymnase. Il a eu un traumatisme crânien extrêmement sévère», a rappelé M. Goulet. La Fondation Pier-Yves-Bouchard a été lancée pour venir en aide aux personnes ayant été victimes d'un traumatisme craniocérébral et à leur famille.
Les blessures dans la pratique de sports au Québec sont un phénomène important. On estime que 175 personnes en décèdent chaque année et qu'elles entraînent l'hospitalisation de 5000 personnes.
On évalue que 670000 personnes au Québec consultent un professionnel de la santé à la suite d'une blessure causée lors de la pratique d'un sport ou d'une activité récréative. De ce nombre, on relève 21000 cas de traumatismes craniocérébraux légers (commotions cérébrales) et sévères, soit 57 cas par jour.