Le Repaire: sans surprise

Sans prétendre à l'expérience, Le Repaire livre une prestation... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Sans prétendre à l'expérience, Le Repaire livre une prestation honnête en misant sur des produits du Québec.

Le Soleil, Patrice Laroche

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CRITIQUE / Des restos de proximité dans nos carnets d'adresses, il nous en faut quelques-uns pour les avant-spectacles. Le Grand Théâtre a pour voisins immédiats Le 47e Parallèle et le Ciccio Café. Quant au Petit Champlain, plusieurs tables répondent à la demande à quelques pas les unes des autres, dont Le Repaire, un bistro spécialisé dans la cuisine dite du terroir. On l'a essayé avant le concert d'Avec pas d'casque.

Le terroir est l'une des expressions les plus galvaudées des dernières années. Ce n'est pas parce qu'on sert une cuisse de canard confite qu'on peut s'approprier le label terroir. La définition est plus complexe et, généralement, elle identifie plutôt des produits locaux. En tout cas, c'est l'impression que nous a donnée Le Repaire, qui, sans prétendre à l'expérience, livre une prestation honnête en misant sur des produits du Québec, par exemple du lapin, du Sortilège (un whisky à l'érable) et l'emblématique poutine, ici «bistronomisée» avec, au choix, du porc ou du canard effiloché. 

Pour un restaurant qui visiblement vit grâce à une clientèle plus touristique que locale, j'ai noté plusieurs points positifs. D'abord, un accueil sympathique et convivial, voire à «l'ancienne», avec le serveur qui vous appelle «mes belles dames». La salle voûtée et la pierre d'époque - l'établissement situé dans l'escalier Casse-Cou - séduisent aussi pour leur charme vieille Europe. Quant à la carte, elle recense tous les plats susceptibles de fédérer avec une twist made in Québec : de la cuisse de pintade aux canneberges jusqu'au filet de porc au Sortilège.

L'établissement situé dans l'escalier Casse-Cou séduit aussi pour sa... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 2.0

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L'établissement situé dans l'escalier Casse-Cou séduit aussi pour sa salle voûtée et la pierre d'époque.

Le Soleil, Patrice Laroche

Pour ma part, je raffole de certains classiques comme les fondus parmesan. Quant à l'invitée, elle n'a pas mangé d'escargots au beurre à l'ail depuis plus de 20 ans. Ce sera son choix. Même si notre serveur m'assure que les fondus (à la bière) sont préparés sur place, je ne parierai pas un 5 $ là-dessus. Pas qu'elles soient mauvaises, ces fritures, mais le goût de l'appareil fromagé se révèle «générique», de déjà-vu. Leur présentation est toutefois soignée. L'ardoise sur laquelle ont été déposés les petits carrés est striée de réduction de balsamique et d'une brunoise de petits légumes. Les escargots sont tels que tels, arrosés d'un beurre à l'ail (sans excès d'ail). Pour jouer la carte «à la française», le beurre à l'ail a été parfumé (à peine perceptible) à l'anis. À l'avantage du client, ils se terrent deux par deux dans l'assiette à cavités. Exactement le genre d'entrée qui rappelle l'âge d'or du steakhouse américain.

Les résistances suivent prestement, à notre demande. Pour l'invitée, ce sera la cuisse de canard, tandis que j'ai été tentée par le filet de porc doublement identifié au menu comme plat du terroir et spécialité. Dans les deux cas, les viandes s'accompagnent d'un sauté de poivrons et d'oignons satisfaisant au goût, mais passe-partout. Dorée en surface et encore tiède-froide à l'intérieur, la cuisse de canard repose sur une purée de légumes d'hiver, celle-ci mal réchauffée. Finalement, il aurait été question d'un plat correct - sans originalité - si l'exécution élémentaire, à savoir la chaleur des aliments, avait été respectée. 

Découpé en trois médaillons, le filet de porc montre une belle cuisson rosée. À la carte, on le présentait «laqué au Sortilège». J'imaginais donc un jus de viande réduit avec des notes caramélisées. Dans les faits, la viande est nappée d'une sauce très crémeuse où le caractère gras et lacté l'emporte. En plein le type de sauce qui, jadis, faisait la réputation de la cuisine française. Sauf que dans le cas présent, la sauce n'exprime aucune saveur. Si le gratin dauphinois d'accompagnement est agréable, il n'a pas atteint une température de service convenable. 

Quel est le souvenir en bouche? Fugace. Est-ce que j'ai mal mangé? Non. Oublions la créativité et les «qu'est-ce qu'on aurait pu faire autrement» pour visualiser les plats servis à une température adéquate. Le verdict aurait été plus clément. Je conclurai sur un commentaire très pragmatique à savoir qu'il y a des tables pour nous épater et d'autres plus «alimentaires». Le Repaire appartient à la seconde catégorie.

Au menu

Le Repaire, 4, rue du Petit-Champlain, 581 300-7677

  • Ouvert du mercredi au dimanche dès 17h. 
  • Cuisine bistro
  • Bouteille de vin à compter de 40 $ 
  • À la carte en soirée
  • Entrées de 9 $ à 22 $ (pour la planche de charcuteries)
  • Salades de 15 $ à 23 $
  • Burgers de 19 $ à 21 $
  • Pâtes et pizzas de 19 $ à 23 $
  • Plats 25 $ à 38 $ (pour le filet mignon)
  • Coût de l'addition pour deux avant taxes et service: 75 $ (incluant deux entrées et deux plats)
  • Stationnement dans la rue 
On aime: un service très aimable et des vins de tous les jours à prix abordables  

On n'aime pas: des plats principaux garnis d'ingrédients aux températures très approximatives 

Suggestion: l'intervention de l'hôte à l'extérieur devrait se limiter à l'accueil et non pas installer les clients à leur table avec une tuque et des gants. La prise en charge dans le restaurant relève de l'équipe en salle.

Critique express

Goûté: le Baumkuchen ou Der Gâteau au Sortilège de Picardie! Un dessert-collation pas trop sucré parfait pour un thé gourmand de fin d'après-midi. D'origine allemande, ce beigne cuit à la broche est fabriqué en trois étapes: le trempage (de six à huit couches superposées de gâteau), le sculptage et le glaçage. Offert également au chocolat. On se le procure chez Picardie et au Marché de Noël allemand. 

Testé: le gratin de pommes de terre aux épinards de Ricardo dans son magazine Noël sans «trop» stresser. C'est crémeux à souhait et un brin décadent avec le fromage à raclette sur le dessus en guise de gratin.

Plongé: dans le monde nourricier et terrien de la patate en lisant Épatante patate. Éloge de la pomme de terre de Véronique Leduc et Fabrice Gaëtan (Parfum d'encre, 29,95 $). Plus que pour les recettes - quelques-unes de chefs de Québec, dont Olivier Godbout (La Planque), qui livre le secret de son rösti au Hercule de Charlevoix façon grilled cheese -, c'est l'histoire de la culture du tubercule et des familles qui en font leur pain et leur au Québec qui a retenu notre attention. À offrir aux connaisseurs de casse-croûte et amoureux de la poutine.

Mes derniers coups de coeur

  • Buffet de L'Antiquaire
Avant d'arpenter les deux marchés de Noël (allemand et Vieux-Port), rien de mieux qu'un gros déjeuner (oeufs, bacon, jambon, patates rissolées, pain doré) «à la québécoise». Rôties de pain blanc incluses! 95, rue Saint-Paul, Québec, tél. : 418 692-2661

  • Le Marché de Noël allemand
Pauses de bretzels, de marrons brûlants et de pain d'épices de Nurembert ponctuent, jusqu'au 18 décembre, la visite des kiosques du plus européen des marchés de Noël. Un p'tit vin chaud avec ça?Place et jardins de l'Hôtel-de-Ville, Québec

  • La Champagnerie
La journée se clôt en effervescence à la nouvelle maison des bulles de Québec. Qu'on s'y pose pour sabrer une bouteille ou simplement pour une flûte, la carte à boire recense plusieurs découvertes (champagne, cava, prosecco, crémant). 802, rue Saint-Joseph Est, Québec, tél. : 418 614-9802

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