Pizzéria no 900: viva Napoli!

Pizzéria no 900 offre des saveurs franches, de... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Pizzéria no 900 offre des saveurs franches, de contrastes, et surtout rien de trop compliqué.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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Stéphanie Bois-Houde

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) CRITIQUE / Si, dans un cul-de-poule, vous mélangez le savoir-faire du pizzaïolo Alexandre Brunet, fondateur de Pizza Stromboli, à celui de Dominic Bujold, créateur de la marque Sushi Shop, vous obtenez Pizzéria no 900, une enseigne formatée pour multiplier les franchises. À Québec, c'est l'avenue Maguire qui la première accueille le concept. Un bon coup pour l'artère qui a besoin d'un petit électrochoc.

«Une autre pizzéria dans le secteur Sillery a-t-elle sa place?» se demanderont certains. La question mérite d'être posée et j'y répondrai en trois mots par rapport à son plus proche compétiteur, Pizza Mag: nous sommes ailleurs. En clair, je continuerai à commander ma pizza du vendredi soir chez Mag. La Suisse et la Parmentière demeureront nos pizzas «de famille» et de rituels. Par contre, Pizzéria no 900 s'inscrira, je le sens, en «pizza de sortie» parce que la salle stylée et urbaine incite à s'y arrêter pour la formule totale, c'est-à-dire entrée-pizza-vino. Si je résume, Pizzéria no 900 comparativement à Pizza Mag, c'est l'expérience resto contre la commande cocooning

Autrement, Pizzéria no 900 s'apparente davantage à Nina Pizza Napolitaine. Dans les deux cas, leurs fours respectifs atteignent une température élevée qui se traduit par des cuissons rapides et des pâtes soufflées (avec des bulles d'air) et un peu plus sèches, comme en Italie. L'autre élément distinctif de Pizzéria no 900 est de ne pas vouloir réinventer la sphère napolitaine. Sa philosophie repose sur le respect de la tradition avec peu d'ingrédients - mais de qualité -, une pâte irréprochable et des mariages éprouvés de longue date comme la mozzarella et le prosciutto. La dégustation du produit d'origine l'emporte sur le filon daté et factice des pizzas des quatre coins du monde. Les entrées traduisent également ce souci de simplicité avec de la mozzarella, quelques charcuteries choisies (salami, mortadelle, prosciutto) et des salades apéritives (César et roquette-citron).

Suivant ce filon, la burrata s'avance en premier service frais et léger. Ici, la voilà vraiment bien faite, le coeur du fromage crémeux et très coulant. L'idée bien pensée de l'associer avec un pesto de pistaches rôties contribue à jouer dans la palette des saveurs rondes (davantage qu'un pesto de basilic). Ce monde de volupté se voit contrasté et amené plus loin par des légumes marinés (poivrons, aubergines, etc.) et quelques petites tomates pour un peu plus d'acidité. En plus, c'est joliment présenté sur une planche.

À Québec, c'est l'avenue Maguire qui la première... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 2.0

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À Québec, c'est l'avenue Maguire qui la première accueille le concept de Pizzéria no 900.

Le Soleil, Pascal Ratthé

À l'étape des pizzas, celle à la roquette rappelle qu'en Italie, la pizza bianca (blanche) est très populaire. Rien de chichiteux ni de complexe. Sur la pâte boursouflée, des saveurs primaires - l'huile d'olive, l'ail et l'origan - se joignent à de la mozzarella di buffala détendue. Une salade de roquette et quelques câpres lui assènent un coup de punch sans l'alourdir. De la vraie pizza d'été.

Sans nous décourager de la commander, notre serveuse ne nous vend pas le calzone. «Très coulante. Pas tout à fait au point.» Je me permets de la dédire, car rarement j'en ai mangé une aussi réussie. D'abord, en raison de la pâte. Ni «mouilleuse» au-dessous - un défaut fréquent -, ni fissurée, la pâte sur laquelle a été étalée une fine couche de sauce tomate se scelle sur de la mortadelle, de la fior di latte (une mozzarella de lait de vache), de la roquette et du parmesan. C'est connu, la mortadelle polarise. On l'aime ou on la déteste en la considérant de haut comme un baloney industriel. Or, la charcuterie italienne (d'IGP) pigmentée de dés de gras, si elle est tranchée finement, offre en bouche une expérience fondante et délicate. C'est le cas de celle de notre pizza. Son moelleux se voit amplifié par les fromages (fior di latte et parmesan) et le jaune d'oeuf liant tandis qu'un peu de roquette vitaminée vient, ici aussi, renverser la vapeur. 

C'est ce que j'ai aimé d'ailleurs de Pizzéria no 900: des saveurs franches, de contrastes, et surtout rien de trop compliqué. La vie l'est déjà assez!

Au menu

Pizzéria no 900,1332, avenue Maguire, Québec 581 742-5900

  • Type de cuisine: pizzéria
  • Ouvert tous les jours
  • Bouteille de vin à compter de 36$
  • Menu midi à 12$
  • Brunch pizz'oeuf la finde semaine
  • Entrées de 5$ à 12$
  • Pizzas de 8$ à 19$
  • Salade repas à 16$
  • Pizza pour emporter et livraison
  • Coût de l'addition pour deux avant taxes et service: 40$ (une entrée partagée et deux pizzas)
  • Stationnement: dans la rue
On aime: la cuisson impeccable de la pâte. Salle nickel (avec les carreaux blancs) et chaleureuse grâce au mobilier en bois et aux luminaires à l'éclairage doux. Carte de desserts (en format dégustation) authentiquement italiens.

On n'aime pas: le fait d'avoir mangé mes croûtes! D'où l'impasse sur les cannoli qui, de visu, semblaient faits selon les règles de l'art.

À noter: que le client est un peu à l'étroit sur la terrasse. Oubliez les questions existentielles ou les potins compromettants.

Critique express

Lu: L'amie prodigieuse et Le nouveau nom d'Elena Ferrante. Quel est le lien avec la pizza? L'intrigue de ce roman sur une amitié atypique s'ancre dans la Naples ouvrière et capitale de la pizza. Quelque part entre le cinéma d'Ettore Scola (pour citer ma libraire) et celui de Marco Tullio Giordana (Nos meilleures années), voilà une nourriture spirituelle plus rassasiante que le dernier Alessandro Barrico (La jeune épouse), une éducation sentimentale pseudo-érotique soporifique.

Abonnée: au rouleau de printemps Geisha gonflé de crevettes au coco, de tartare de saumon et d'une julienne de légumes craquants de Nihon Sushi (1971, rue de Bergerville, Sillery). À retenir pour les pique-niques au lieu du sempiternel sous-marin.

Garde au congélo: une sauce à la moutarde de la Boucherie Les Halles (Halles de Ste-Foy). J'ai trouvé en cette sauce onctueuse et suffisamment «moutardée» le nappage parfait pour un contrefilet ou des médaillons de filet de porc cuits sur le barbecue.

Pris: le brunch Chez Boulay. À 20$, l'assiette Le Pêcheur - deux gaufres à la pomme de terre et aux herbes avec saumon mariné et deux oeufs pochés -, incluant une verrine et un bol de café au lait, est une belle façon gourmande et copieuse de commencer une journée de tourisme dans sa ville. On remet ça!

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