Saint-Henri micro-torréfacteur: zénitude

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De très hauts plafonds, du bois blond, de la céramique blanche et quelques végétaux redéfinissent le nouvel archétype de la buvette caféinée.

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Stéphanie Bois-Houde

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) CRITIQUE / Fondée à Montréal par le torréfacteur Jean-François Leduc, la cinquième adresse de Saint-Henri micro-torréfacteur de Saint-Roch, permet de rêver sa vie une gorgée à la fois. Logée à la même enseigne, la beignerie artisanale SUMO s'occupe du dessert.

Aérien et axé sur la mise en valeur de la luminosité du local fenestré sur deux faces, le concept signé par la firme Rhoncus Design rompt définitivement avec le décor stéréotypé des cafés existentialistes aux tables branlantes et à l'atmosphère saturée de l'odeur de la nicotine de l'époque où la cigarette vous donnait un genre. De hauts (très) hauts plafonds, du bois blond, de la céramique blanche et quelques végétaux redéfinissent le nouvel archétype de la buvette caféinée.

Chez Saint-Henri, le café, toujours torréfié en petites quantités, se sirote dans un état d'esprit assez près de l'ultime zénitude grâce à l'espace oxygéné par un minimalisme volontaire. Marie Kondo, gourou japonaise du rangement et auteur de l'ouvrage Le pouvoir du rangement, applaudirait. Et n'allez pas croire que l'adresse manque de personnalité. Au contraire!

Malgré sa localisation excentrée - près du Métro, à l'extrême Est de la rue Saint-Joseph -, Saint-Henri attire à lui une clientèle hétéroclite à savoir le geek à la recherche une palette d'arômes déterminés, le hipster moyen qui est là parce qu'il est partout, «le gars de ben ordinaire» de Charlebois et la buveuse finie de kombucha. Pas d'effet «clanique» - lire de gang - qui vous plombe l'ambiance du point de vue de l'outsider. Non. La mixité de Saint-Henri fait plutôt en sorte que les places autour des longues tables réfectoires trouvent vite preneurs. Des bulles se créent. Des frontières psychologiques s'ouvrent par le biais de conversations banales ou des échanges de sourires en réponse à un «je peux [m'asseoir]?». C'est ainsi que j'apprends que la salade repas du jour s'est envolée plus vite qu'une douzaine de beignes un samedi.

L'offre alimentaire est limitée, mais adéquate en ayant... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 2.0

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L'offre alimentaire est limitée, mais adéquate en ayant en tête que les beignes SUMO demeurent (avec le café) l'objet de la destination. 

Le Soleil, Yan Doublet

Bâti autour d'un potage, d'une baguette, d'un panini et de la populaire salade repas, le menu du jour évolue quotidiennement. L'offre est limitée, mais adéquate en ayant en tête que les beignes SUMO demeurent (avec le café) l'objet de la destination. Ces beignes «couture» aux glaçages pastel et aux crèmes soyeuses - huit en rotation - sont la création de la pâtissière Geneviève Casaubon. J'en sélectionne quatre à tester en passant la commande du lunch salé. Avant, l'invitée et moi voyons le fond d'un bol de crème de patate douce et de carotte. Très onctueux, d'une texture de purée allongée de bouillon, ce potage se révèle fade. De l'assaisonnement, voire même une basique pointe de sel, vaudrait le coup. 

Nous cassons ensuite la croûte d'une baguette à la tartinade de ricotta et dinde et d'un panini au poulet, pesto, parmesan et tomates séchées. Deux sandwichs pleins de saveurs, particulièrement le second, sauf que dans les deux cas, les garnitures m'apparaissent un peu chiches. Servi seul, c'est court en échange de plus 8 $. 

Nous nous rattrapons avec les beignes. Ni trop sucrée ni grasse, leur pâte montre la même densité que celle de nos grands-mères. À partir de cette base maîtrisée, la pâtissière varie les plaisirs. Parmi nos choix, notre préférence va au beigne d'inspiration tropicale lime-coco pour sa crème vivifiante et son glaçage aux effluves de piña colada. Il est suivi de près par celui au citron, dont la meringue dorée et la crème rafraîchissante créent le wow. Le beigne au caramel salé est sans doute le plus classique. Alter ego haut de gamme du beigne industriel au miel - aucun comparable -, il s'enrobe et s'imbibe joyeusement de caramel. Dernier du peloton malgré son coup d'oeil irrésistible, le s'mores pêche par une trop mince couche de glaçage au chocolat et une guimauve un peu élastique. J'y reviendrai pour un beigne à la fois!

Au menu

Saint-Henri micro-torréfacteur, 849, rue Saint-Joseph Est, Québec

  • Tél.: 581 300-7211
  • Ouvert tous les jours
  • Café
  • À la carte
  • Soupe à 5,50 $
  • Sandwich et baguette à partir de 8 $
  • Salade repas à partir de 10 $
  • Beigne à 3 $ l'unité, 15 $ pour la demi-douzaine et 27 $ la douzaine
  • Coût de l'addition pour trois avant taxes et service : 41,97 $ (deux soupes, deux sandwichs, quatre beignes et deux sodas)
  • Stationnement: dans la rue
On aime: la luminosité du grand local et la coolitude ambiante.

On n'aime pas: l'addition relativement chère au fil d'arrivée si l'on prend soupe-sandwich-beigne-boisson.

Critique express

Arrosé: ce lunch de Kola et de bière d'épinette Henri Sodas qui goûtent respectivement le vrai Coke «comme dans le temps» et le conifère. Le secret? Ces boissons pétillantes sont brassées en petites quantités et sucrées avec du sucre de canne bio.

Appris: et heureuse de l'apprendre qu'une nouvelle crémerie ouvrira à l'angle Bergerville et Maguire dans l'ancien local de Pat Rétro. J'espère que ce bar laitier ouvrira selon un horaire qui tient autant compte des fringales de glace du mardi soir à 19h30 que celles du samedi après-midi à 30 degrés à l'ombre. Une poutine et une molle, ça sent l'été!

Mangé: dimanche dernier une poutine printanière au Chic Shack dans un Vieux-Québec prit d'assaut par les flâneurs. J'ai pris La Classique avec les quartiers de pomme de terre nappés de sauce au poivre et d'herbes fraîches en plus du fromage couic couic en quantité idéale. Pour une «collation» d'après-midi, la petite (7 $) est une portion sur mesure. J'ai aussi constaté que la formule de commande au comptoir a été remplacée par un service aux tables. Bonne idée. Seule déception : la musique, du rock FM pour ado, assez beige merci pour les oreilles!

Acheté: une des deux nouvelles variétés de granolas biologiques de Kashi (près de 6 $ les 311 g). J'ai cédé à l'appel du trio blé de Khorasan, cacao et noix de coco. Une grosse poignée dans un yogourt grec nature et c'est le bonheur. L'autre variété réunit de l'avoine, de l'épeautre, du lin et des canneberges.

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