Pub St-Patrick: le trèfle en berne...

Avec son nouveau look, la salle du St-Patrick... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

Agrandir

Avec son nouveau look, la salle du St-Patrick bénéficie désormais d'un bar illuminé aux allures modernes.

Le Soleil, Caroline Grégoire

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CRITIQUE / Le St-Patrick affiche un nouveau look! L'objectif du Soleil : constater de visu les changements et évaluer son menu aussi prometteur que le miracle d'un trèfle au beau milieu du désert.

Vrai que la salle du St-Patrick (à l'étage) profite maintenant d'un bar illuminé qui modernise l'espace exigu où la circulation demeure toutefois difficile. L'aire d'accueil aurait d'ailleurs mérité d'être reconfigurée pour plus de fluidité. Autre bémol ergonomique, les tables devant les banquettes lévitent quasiment tellement le mobilier est haut. Assez pour qu'à la blague, je demande un siège pour enfant. Quant à l'atmosphère, des écrans diffusent les matchs cruciaux et, en fond sonore, on a droit à du rock (daté), sauce Bon Jovi. 

Pour ma part, le menu est davantage le centre d'intérêt. Celui-ci est vraiment intéressant. Consulté sur le site Web de l'établissement, j'y ai trouvé l'argument de visite. Généraliste avec les burgers, pâtes, pizzas, la carte du St-Patrick met également de l'avant les bières dans ses préparations à l'instar de la nouvelle génération de microbrasseurs (Noctem et Griendel) qui brassent et cuisinent leurs fluides. Un filon tendance et gagnant.

Si ce maillage prend ici forme plus simplement dans les entrées - soupe à l'oignon à la Stout, pogo merguez (pâte à la bière), etc. -, l'alchimie s'élève d'un cran ainsi que le niveau [de cuisine] à la rubrique Spécialités avec, par exemple, le suprême de poulet à l'irlandaise (poitrine de poulet manchon cuite dans la bière brune avec lardons et petits oignons), le jarret d'agneau cream ale (braisé 12 heures avec dattes et miel) et la cuisse de canard braisée à la Belle Gueule rousse, au Jameson et au romarin. Un fish and chips de morue joint les rangs. C'est sans doute ce qu'il y a de plus irlandais dans le menu. Oubliez donc le irish stew et le black pudding!

Notre constat: le Pub St-Patrick ne livre pas... (Le Soleil, Caroline Grégoire) - image 2.0

Agrandir

Notre constat: le Pub St-Patrick ne livre pas la marchandise. 

Le Soleil, Caroline Grégoire

Du papier à l'assiette, qu'en est-il maintenant? Au premier service, nous partageons avec l'invitée un panier d'oignons panés et la fondue au Migneron et au canard. Les oignons «français», vous goûterez les mêmes dans n'importe quel casse-croûte d'aréna. Tout sauf maison, ce sont des fritures génériques qui aurait dû être le prétexte à une pâte à la bière ou un enrobage de panko. Un sirop d'érable réduit (en nappage) les réchappe de justesse. Quant à la fondue au parmesan façon «fromage d'ici», il s'agit d'un énorme carré de friture où le canard s'est volatilisé. Quant à son confit de canneberges à la bière Cheval blanc (une blanche), il se révèle très acide. La présentation souffre aussi d'une absence de finesse. Les ingrédients semblent littéralement «garrochés». 

Sérieux coup de barre

En résistance, mon pavé de saumon grillé - une pièce initialement fumée à froid par le Fumoir du Nord - a été badigeonné d'une laque érable et whisky très salée. Comme le poisson l'est déjà en soi, l'assaisonnement de la laque aurait dû en tenir compte. L'accompagnement de salade de légumes à la stout et au balsamique s'illustre aussi par sa forte teneur en sel. En raison d'une erreur de commande, le burger Black Velvet (boeuf, pommes confites, cheddar à la Guinness, bacon) de l'invitée a patienté sous la lampe chauffante. La viande du burger s'est asséchée, le pain a durci et la salade (au lieu de la retirer) est tombée au combat, la chaleur l'ayant cuite.  

Notre constat : le Pub St-Patrick ne livre pas la marchandise. Ne reste plus qu'à espérer que le fantôme du chef Serge Bruyère - qui a jadis occupé l'édifice Livernois - apparaisse à l'équipe en cuisine ou, soyons réalistes, que l'administration donne un très sérieux coup de barre, ne serait-ce que pour la clientèle locale. Quant aux touristes américains - très présents lors de notre visite -, au pire, ils se diront : «On mangera mieux demain...»

Au menu

Pub St-Patrick, 1200, rue Saint-Jean, Québec

  • Tél. : 418 694-0618
  • Ouvert tous les jours
  • Type de cuisine: pub
  • Bière en fut à compter de 5 $
  • Menu du jour de 11 $ à 18 $
  • Coût de l'addition pour deux avant taxes et service: 41 $ (Incluant deux entrées, un burger. Le plat de saumon n'a pas été facturé.)
  • Stationnement: dans la rue
On aime: un service décontracté sans être déconnecté. À l'heure du verdict, notre serveur ne se contente pas d'un «oui, c'était bon» devant des assiettes pleines. Pour s'excuser, il ne facture pas le saumon. Un geste apprécié.

On n'aime pas: des portions inutilement grosses et surtout l'importante distorsion entre les attentes suscitées par le menu et le rendu à l'assiette très approximatif. L'équipe en cuisine mériterait d'être supervisée de plus près pour éviter des erreurs de pee-wee. Carte des vins extrêmement limitée et choix de bières correct.

Critique express

Surveille: L'ouverture prochaine dans l'ancien Bagel Traditionnel de l'avenue Maguire de Pizzeria Nº900. Je me demande bien pourquoi (hormis une question de loyer plus dispendieux) Pizza Mag n'a pas saisi l'occasion de déménager et de profiter d'une vraie salle à manger... En tout cas, on a hâte de goûter à la pizza dite napolitaine de la bannière montréalaise. Encore plus depuis sa toute nouvelle terrasse.

Acheté: Un sirop de concombre et d'estragon (Les Charlatans) pour donner un air de printemps à mon gin-tonic. Je prévois aussi tester ce «condiment» à fluides, du bar à la cuisine, pour aromatiser un ceviche de pétoncles ainsi que des crevettes à l'orange. Pour connaître les points de vente, rendez-vous à www.lescharlatans.com.

Découvert: Chez Papilles (Halles de Ste-Foy) une polenta artisanale (8,30 $, le sac d'un kilo). D'une teinte jaune dorée, cette farine de maïs moulue à la meule de pierre réclame de l'huile de bras (45 minutes de cuisson) avant de finir au fond d'une assiette creuse. Sauf que pour un plat rustique «luxueux», c'est une candidate de première ligne. Je me la réserve pour un plat de poisson en papillote avec des tomates séchées surmonté d'une salade de tomates crues avec beaucoup, beaucoup de basilic et un bon filet d'huile d'olive ou bien pour des polpettes au veau.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer