Tartares on the rocks à L'Atelier

Le nouveau visage lifté de L'Atelier a coûté... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Le nouveau visage lifté de L'Atelier a coûté de 2,5 millions $.

Le Soleil, Yan Doublet

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Stéphanie Bois-Houde

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) CRITIQUE / Mecque des cocktails de Québec, L'Atelier abreuve la Grande Allée de ses fluides funky créés par le mixologue Patrice Plante. Surtout, ce bistro-bar fait mentir la réputation d'une Québec endormie du dimanche au mercredi! Tout le monde debout!

Un des six choix de tartare qu'offre l'Atelier. ... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 1.0

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Un des six choix de tartare qu'offre l'Atelier. 

Le Soleil, Yan Doublet

Sans me lancer dans une analyse sur la valeur d'un placement publicitaire, disons que L'Atelier en se payant une pub - celle-ci bien roulée - durant Série noire risque d'aller chercher quelques nouveaux clients parmi les fans de ce polar déjanté. J'ai mordu à la plogue. Je voulais aussi voir de visu son nouveau visage lifté à coup de 2,5 millions $. Qu'est-ce que j'en pense? Sans vouloir offenser personne, un budget important n'est pas garant d'une signature originale. Oui, j'ai noté plusieurs belles idées - dont la section arrière très Mad Men -, sauf que l'extravagance inutile (la surdose de luminaires) et l'absence d'une ligne directrice entre les espaces ne me rejoignent pas. Seuls les décors épurés et nature de Kinfolk me plaisent? Peut-être. Je préfère donc me concentrer sur l'essentiel le manger et le boire. 

D'abord, le boire, car aller à L'Atelier sans tâter la carte de cocktails est à mon avis une hérésie. Hyper talentueux, Patrice Plante la renouvelle régulièrement avec flair. Si les deux amis qui m'accompagnent s'en tiennent au classique Cosmopolitan (vodka, Cointreau, jus de canneberge et de lime), j'ose le Yah Man! - à noter le côté facétieux et vaguement baveux des noms de quelques cocktails comme T'as quel âge? et Chest Bar.

Une fois de plus, j'ai oublié mes lunettes. Voyant mal, je commande un Ya Mani. J'ai pris un «!» pour un «i». Aïe, aïe, aïe! Petit résumé de l'échange avec notre serveur qui joue le gériatre avec une fille de 40 ans et des poussières (!). «Je vais prendre un Ya Mani, s'il vous plaît.» «Quoi?» Je répète. «Quoi?» Je pointe le menu. «Ah, Ya Man!» dit-il d'une voix gutturale. Ce premier contact va teinter la suite du service. Le fameux Ya Man! sauve la mise. De la fusion des alcools (rhum Appleton, Campari, vermouth rouge) avec l'amer au café et l'orange ressort un fluide à la fois plein de chaleur (l'effet du rhum d'une saveur de cassonade foncée) et le caractère vif du Campari. 

Qu'est-ce qu'on mange maintenant? Des tapas? Un tartare? Un burger? Si le bar à tapas me tente par sa simplicité hispanique (charcuteries, olives, poissons fumés, etc.), je penche pour une entrée suivie d'un plat plutôt qu'un «buffet spontané» sur planche. Je débute donc avec les acras de morue. Petites boules de purée additionnée de chair de morue (réduite en pâte de poisson), le coeur de ces fritures avance une texture de mousseline, la morue totalement incorporée. Leur garniture, une salsa de tomates, des pomodoro anémiques d'hiver, s'anime par l'apport d'une dose antigrippale et tonique de gingembre. Parfumée au paprika, la mayo pour la trempette assène un dernier coup de fouet à  ces croquettes marines. 

Mes comparses ont misé sur les rillettes de canard à l'orange. Présenté en conserve (pot type Mason), ce pâté à tartiner s'aromatise à l'orange comme l'indique la tranche d'agrume lovée au fond de ce pot de bonheur. Un confit de figues richement caramélisé agrémente chacun des canapés improvisés. Dans la catégorie entrée qui fait mouche et joliment présentée, c'est un très bon pari. 

En plat, la bavette (6 oz) de Régis m'apparaît de poids plume et manque d'épaisseur pour profiter vraiment de la texture unique de cette pièce de viande. La sauce à l'échalote et estragon n'avance pas le parfum anisé espéré et s'avère étrangement sucrée. Suzanne a pris le tartare de saumon «de filles», c'est-à-dire à base de yaourt grec, de mangue et de coriandre. Frais, léger (l'apport du laitage), voire «fouetté», ce «cru», quasi estival, brille par ses ingrédients sudistes. 

Incapable d'arrêter mon choix de tartare parmi les six, je m'en remets à la trilogie (tartares au choix) qui me permet d'en explorer trois. Ma préférence va à celui de thon écoresponsable (vinaigre de citron, avocat, ananas) en grande partie pour les mêmes raisons que j'ai aimé le tartare de Suzanne. En deuxième place, je salue la fusion du boeuf et du homard en tartare surf and turf. L'idée ne manque pas d'audace à défaut d'un assaisonnement sans éclat. Quant au saumon à l'huile de homard, l'apport de l'huile de crustacé, bien dosé, rehausse le saumon sans prendre le dessus. Des frites (très salées), une petite verte, les à-côtés sont basiques et demeurent des faire-valoir corrects. Ya Man!

Au menu

L'Atelier, 624, Grande Allée Est, Québec 

  • Tél.: 418 522-2225
  • Ouvert tous les jours
  • Bistro. Menu midi de 14 $ à 19 $ (jusqu'à 18h). À la carte en soirée. Brunch le dimanche.
  • Bouteille de vin à compter de 33 $. Cocktails de 9 $ à 22 $ (pour les fluides avec bulles)
  • Entrée de 5 $ à 16 $. Tartare de 13 $ à 31,50 $. Viande et poisson de 22 $ à 36 $. Burger de 16 $ à 22 $. Salade de 8 $ à 22 $. Coût de l'addition pour deux avant taxes et service : 78,50 $ (deux entrées et deux plats)
  • Stationnement: dans la rue et service de valet
On aime: la carte ultra-élaborée de cocktails - quelques alcools maison, dont de la vodka - et le choix de six tartares personnalisés au lieu de viser le record Guinness du plus grand nombre. 

On n'aime pas: la nonchalance du service et l'enveloppe de ketchup pour les frites. À 31,95 $ le trio de tartares, je m'attends à du ketchup dans un ramequin.

Critique express

Goûté... pour la Saint-Valentin, Chef Chez Soi par traiteur_plaisirs propose un repas cinq services (95 $ pour deux) et un minimum d'intervention. Des verrines apéritives jusqu'au dessert, un gâteau mousse chocolat-framboise fondant à souhait, j'ai noté la générosité de ce menu. Mes coups de coeur, la verrine de parfait de foie gras, fraises au porto et pain d'épice, le service de fromage (du Gré des champs) en feuilleté à partager et le potage à la betterave et anis étoilé à saupoudrer de chocolat. En plat, entre le saumon, le porc et le canard, je vous suggère le second nappé d'une sauce miel, thym et balsamique qui embrasse toutes les fibres de viande. Pour commander, rendez-vous à www.traiteurplaisirs.com ou par téléphone à 418 704-6114. 

Bu... au bar 1608 du Château Frontenac un VSOP Boulevardier, une actualisation du Negroni «fortifié» à base de cognac Rémy Martin VSOP, de whisky Gentleman Jack, de vermouth rouge et de Campari. À siroter tout doux!

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