Zone de confort avec Le District

L'ex-Petit Impérial, devenu Le District, est à la fois... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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L'ex-Petit Impérial, devenu Le District, est à la fois salle de spectacle, bar et resto.

Le Soleil, Patrice Laroche

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Stéphanie Bois-Houde

Collaoration spéciale

Le Soleil

(Québec) À la fois salle de spectacle, bar et resto, Le District (ex-Petit Impérial) groove les papilles plein volume sur Saint-Joseph.

En apprenant que Sébastien Laframboise - vous l'avez «connu» à l'émission Les chefs! saisons 2012 et 2014 - avait quitté La Goéliche pour revenir «en ville», je n'étais pas surprise. Le potentiel de glace pour un jeune chef est plus important dans ce nouveau joueur qu'à l'auberge-restaurant de l'île d'Orléans où le défi était de convaincre une clientèle, disons conservatrice, d'adhérer à sa cuisine plus moderne.

Le District n'est pas non plus sans limites pour Sébastien Laframboise qui a fait ses classes au Bistro B auprès de François Blais (aperçu d'ailleurs chez son ex-collègue). Pourvu qu'il puisse s'éloigner des grillades basiques et s'adonner à des nourritures terrestres plus élaborées qu'un steak-frites. En tout cas, selon les plats testés, sa ligne actuelle est de pimper des plats réconforts comme le pâté chinois, le poulet frit et l'iconique pogo et de s'évader à travers une cocotte du jour à partager (par exemple, de l'agneau au dukkah). Autrement, j'avais entendu que le bourbon - l'alcool emblématique de l'établissement - serait très présent dans le menu. Plutôt discret dans les plats du moment, le whiskey américain s'affiche en force en plusieurs versions liquides.

Côté décor, je craignais que Louis McNeil - associé au Festival d'été de Québec dans ce projet - importe la recette Cosmos au District. Je n'ai absolument rien contre la marque Cosmos, sinon que l'exubérance du design des établissements me rejoint moins. Du coup, j'ai été agréablement surprise par l'aménagement du District par Perron Design (aussi signataire des Cosmos). Moins de gadgets et plus épuré, Le District s'avance même en salle de spectacle cosy grâce au choix des teintes chaudes (jaune or, orange brûlé, brun chocolat), au mobilier en bois brut et au jardin de végétaux en suspension. J'ai aussi aimé le grand bar entouré de tabourets orange et acier, l'espace à boire dominé par une rutilante cylindrée. Que voulez-vous, qui dit bourbon et steak, dit moto! Comme le cow-boy et la politiquement incorrecte Marlboro!

Autant à la fin de l'année, j'avais un ras-le-bol du comfort food, autant le froid de janvier nous amène spontanément, l'invitée et moi, à choisir ce qu'il y a de plus près des plats d'enfance. En entrée, le PPC (pour «petit pâté chinois»... pas si petit!) et le pogo dit «fait ici». Petite confession, le pogo, «le vrai» avec le bâtonnet certifié, s'élevait jusqu'à hier en norme en la matière. Celui-ci vient d'être déclassé par le pogo du District. Pourquoi? D'abord, la qualité de la saucisse, une William Suisse fumée du saucissier William J. Walter, la pâte cassante parfaite et la moutarde salée sucrée. J'en aurais mangé un deuxième. Le pâté chinois ne manque pas d'amour. Sa purée où l'on devine le beurre - on ne veut pas savoir la quantité! -, du fromage en grains par douceur recouvre de l'effiloché de boeuf braisé qui pourrait être légèrement plus assaisonné. Un ketchup maison compense. Le genre de condiment aromatique qu'il faut se retenir pour ne pas le manger à la petite cuillère. Est-ce de la cannelle, du clou de girofle ou les deux qui le réchauffent? Secret!

Si l'idée de remplacer les coudes par des orecchiette (petites pâtes en forme de coupelles) pour le Mac & Cheese est méritante, le trop-plein de persil, d'ail et de chapelure finit par dénaturer la saveur du fromage recherchée dans un macaroni. Comme le chef utilise une belle pâte ferme, un Grondines, il pourrait y aller mollo avec les à-côtés et laisser s'exprimer pleinement le fromage. Sébastien Laframboise frappe un grand coup avec son poulet au babeurre frit (deux morceaux). Un certain colonel n'a qu'à bien se tenir! «J'peux-tu?» demande Anik avant de mordre dans mon pilon de poulet. Je la comprends. En le voyant, l'envie est irrésistible. Une friture compacte et peu huileuse forme une croûte autour d'une volaille à la chair moite. La salade de chou crémeuse qui l'accompagne est bien relevée (avec une pointe d'acidité bienvenue) et le chou, croquant. Les frites ne font pas pitié et, surtout, elles n'ont pas séjourné sous une lampe «en attendant». Tant qu'à y être, j'aurais un pot de miel sous la main pour les clients qui, comme moi, associent poulet frit et «butinage».

«Ouin, le pogo...», lance Anik sur la route du retour. «Ah oui, LE pogo...», je soupire. On y retourne? Oui, mon colonel!

Selon les plats testés, la ligne actuelle du... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 2.0

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Selon les plats testés, la ligne actuelle du chef Sébastien Laframboise est de pimper des plats réconforts.

Le Soleil, Patrice Laroche

Au menu

Le District, 240, rue Saint-Joseph Est, Québec

  • Tél. : 418 717-0240
  • Ouvert tous les jours
  • Menu du jour de 12 $ à 15 $
  • En soirée à la carte
  • Bouteille de vin à  Entrée de 7 $ à 11 $
  • Plat de 19 $ à 36 $
  • Coût de l'addition pour deux avant taxes et service : 66 $ (pour deux entrées, deux plats et un dessert partagé)
  • Stationnement dans la rue
On aime: une adresse vraiment hybride où l'on peut manger à prix raisonnable, par exemple un pâté chinois (une entrée poids lourd à 11 $), ou seulement s'enfiler un cocktail avant ou pendant un spectacle dans une salle accueillante.

On n'aime pas: le menu diffusé sur écran géant. Va pour l'écran pour les spectacles. Vivement une carte ou feuille volante pour lister les plats.

Critique express

Jusqu'à combien êtes-vous prêt à payer un chou-fleur? Vu dans le temps des Fêtes et encore il y a quelques jours, des choux-fleurs à 7 $ et des bottes d'asperges gringalettes à 10 $. La baisse du dollar n'a pas fini de se répercuter sur le panier d'épicerie. Les restaurateurs, eux aussi, paient inévitablement leurs denrées plus cher. Doivent-ils - voire peuvent-ils - revoir leurs prix à la hausse sans ébranler un marché déjà difficile? Écrivez-moi à sbhoude@lesoleil.com.

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