L'Gros Luxe Resto-Café-Bar: «gros» nouveau sur Myrand

Mi-kitsch, mi-nostalgique des dimanches chez grand-maman, L'Gros Luxe... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Mi-kitsch, mi-nostalgique des dimanches chez grand-maman, L'Gros Luxe s'éclaire aux lustres en cristal et a tapissé ses murs de papier peint.

Le Soleil, Patrice Laroche

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Stéphanie Bois-Houde

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) CRITIQUE / Après les fermetures de La Brigade et du MYR 859 version originale et seconde améliorée, existait-il un restaurateur assez fou pour s'installer dans ce local «maudit» de l'avenue Myrand? C'est une question à 1000 $ piastres. Et la réponse à cent mille (!) est oui! Le nom de la nouvelle enseigne : L'Gros Luxe.

Pour paraphraser Obélix, «ils sont fous ces Montréalais»! Car il fallait être très sûr de soi (lire, excusez l'anglais, game) pour transplanter ce concept de Montréal à Québec, là où d'autres ont échoué. Le «là» marque d'ailleurs le point. Pourquoi les locataires précédents se sont-ils cassé les dents? Plusieurs réponses. Chose certaine, L'Gros Luxe connaît déjà le succès. Lors de notre passage - un mardi de gadoue où l'on ne sort qu'obligé -, le restaurant débordait et la queue s'étirait jusque dehors. 

Comment décrypter le phénomène? D'abord, l'appel de la nouveauté. Puis, un peu comme l'attirance entre deux personnes, en raison d'une sorte d'alchimie énigmatique. Fin des hypothèses ésotériques. Dans le tangible, je dirais que la formule de plats à petits prix s'avance en argument béton. Vous répliquerez qu'il en était ainsi pour le premier MYR 859, je riposterai que la piètre qualité de la nourriture servie et l'atmosphère de sous-sol à finir faute de budget supposaient une mort annoncée d'avance.

Si l'on veut comparer des pommes avec des pommes, la référence s'avère Le Bureau de Poste (Saint-Roch), dans un style plus hipster que le «doudou-rétro» du Gros Luxe. Mi-kitsch mi-­nostalgique des dimanches après-midi chez grand-maman, ce dernier s'éclaire aux lustres à pendeloques en cristal et a tapissé ses murs de papier peint. Du coup, est-ce qu'on y mange de la cuisine «réconfort»? Oui dans le cas du mac & cheese et du grilled-cheese. Autrement, la carte correspond à l'air du temps : tacos, burgers, poutines et quelques plats végé dont la feta grillée (avec tomates cerises), le chou-fleur rôti, le sandwich Banh Mi au tofu, etc. Quant à la fourchette de prix, avec des plats bradés entre 5 $ et 10 $ (excluant les garnitures en supplément), elle tue toute velléité de compétition dans l'oeuf.

Le grilled-cheese à la poutine sauce végétarienne et sans gluten... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 2.0

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Le grilled-cheese à la poutine sauce végétarienne et sans gluten

Le Soleil, Patrice Laroche

Notre tablée de vieux - la moyenne d'âge en salle tourne autour de 20-22 ans - commande le macaroni, L'Gros Club sandwich et une poutine. Nous devançons nos assiettes respectives par le chou-fleur rôti. En bouquet, le chou-fleur parfumé au cari suscite l'adhésion du groupe. Doré en surface, le légume n'a pas perdu au change le nerf de sa texture croquante. Un peu de tahini (crème de sésame) le sort de l'ordinaire s'inspirant des spécialités servies dans un mezzé oriental. Un coup de coeur. 

Les pâtes s'en tirent, sans plus. Agrémentés de brocoli détaillé en gros bouquets - les réduire de moitié assurerait une meilleure répartition dans le mélange - et de lardons atones, ces coudes al dente sont secs. Une louche de béchamel fromagée bonifierait ce gratin qui, sans être mauvais, apparaît aussi basique qu'un macaroni de boursier à la fin de mois.

D'où le club qui épate la galerie. Entre ses trois tranches de pain marbré s'étage le quatuor indivisible, poulet, bacon, laitue, tomate. Flanqué d'une portion de frites, L'Gros Club fait le poids. Davantage que la poutine classique - une portion maigrelette - composée de frites un tantinet flasques, de fromage couic couic et d'oignon vert émincé. Ni excessivement grasse ni très salée, la sauce végé qui nappe le tout se mérite un 8 sur 10. 

Si je ne suis pas la cliente cible, j'admets que le rapport qualité-prix a de quoi drainer du monde. J'y retourne? Pourquoi pas en 5 à 7. Dans ma boule de cristal, je vois que l'atmosphère à la fête, le choix de cocktails funky et le «casse-croûte» à bas prix devraient fidéliser les étudiants, plus que «les vieux» de 40 ans...

Au menu

L'Gros Luxe Resto - Café - Bar

859, avenue Myrand, Québec

581 981-5727 

***

Ouvert tous les jours du lundi au vendredi dès 17h et la fin de semaine à partir de 10h. Ouverture à venir le midi.

Burgers, tacos, salades, mets végétariens

Brunch la fin de semaine

***

Bouteille de vin à compter de 30 $

***

Entrée 3 $ à 6 $

Plat de 5 $ à 10 $

Coût de l'addition pour deux avant taxes et service : 24 $ (pour trois plats)

***

Stationnement dans la rue 

***

On aime : le personnel souriant malgré la marée humaine déferlante. Chouette décor. Bonne idée de faire copiner les burgers avec une série de plats végétariens.

***

On n'aime pas : l'impossibilité de réserver par téléphone (sauf pour les groupes de plus de 10 avant 18h). La seule option pour se soustraire à la file consiste à s'inscrire sur une liste d'attente en téléchargeant l'application mobile. Dès qu'une table se libère, on vous appelle par ordre de priorité. Très bruyant.

Critique express

Dressé... 

... ma liste de nouveaux restos à essayer en 2016 : Le Cendrillon, Le District, Le Commandant et Le Camp de base. Gros mois de janvier à venir! J'irai aussi au Savini pour découvrir le nouveau décor et tester le plus récent menu.

Lu...

.... Confessions d'un enfant du siècle de Frédéric Beigbeder. S'il casse les couilles à plusieurs, ce mondain de la littérature - qui emprunte son titre à Musset (rien de moins!) - sait mener une entrevue l'esprit aiguisé au bordeaux et autres crus classés qu'il verse à ses invités, les Philippe Sollers, Umberto Eco, Jean D'Ormesson, Bret Easton Ellis, Tom Wolfe, etc. Dans cette recension d'entrevues réalisées entre 1999 et 2014, les digressions fusent et le name dropping pimente le sérieux sans jamais que ce le soit aux dépens de l'admiration que Beigbeder éprouve pour ses sujets. S'écrit en marge d'aveux arrachés, entre autres à L'arpège dans le cas d'Alain Finkielkraut, une liste de «à lire ou relire». Jay McInerney avait échappé volontairement à mon radar, j'y reviens avec Trente ans et des poussières et La belle vie.

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