Cactus bar à bières: éternel étudiant

Un quart après son ouverture, le Cactus s'inscrit... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Un quart après son ouverture, le Cactus s'inscrit dans la continuité tout en s'adaptant.

Le Soleil, Patrice Laroche

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Stéphanie Bois-Houde

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) CRITIQUE / Débutons par une petite devinette. J'entends Come on Feel the Nose de Quiet Riot, où suis-je? Au Festival d'été lors d'un spectacle «nostalgie» de la programmation? Non! À un tailgate du Rouge et Or? Non plus. Je suis au Cactus de l'avenue Myrand. Célèbre pour ses ailes de poulet et sa terrasse l'été, l'institution vient de fêter ses 25 ans. S'est-elle renouvelée? Constat.

J'ai déjà pas mal fréquenté le Cactus lorsque j'étudiais à l'Université Laval. Science Po et pichet de fin d'après-midi, l'alchimie étant ce qu'elle est, les conversations sur l'atteinte de l'efficience en administration publique calquée sur un modèle Lockien débouchaient - sans jeu de mots! - sur des conclusions plus ou moins empiriques...  

Il en a coulé, de la bière, depuis, et les cohortes d'étudiants se sont succédé au Cactus. Sa cote de popularité, je l'attribue en partie à sa situation et à sa formule de départ gagnante. À son ouverture, le Cactus rompait les codes en s'établissant dans un quartier - stratégique - à la limite de la banlieue, mais près de sa clientèle cible. À l'opposé du clinquant de la Grande Allée (d'alors), l'établissement misait sur un côté rough assumé, une sorte de shack. Rétrospectivement, on pourrait dire que le filon industriel, toutes proportions gardées, y a pris racine (à Québec, s'entend) avant d'aboutir, aujourd'hui, sur des concepts plus fignolés. 

Un quart de siècle plus tard, le Cactus s'inscrit dans la continuité tout en s'adaptant. Son décor a gardé sa personnalité même s'il a gagné un peu de vernis - rien d'excessif. Le bois est toujours omniprésent et les tables évoquent par la bande le style des bureaux d'écolier. Quant au bar que plusieurs ont un jour foulé - pas moi, je le jure! -, il domine toujours la salle. 

Le midi de notre passage, ce zinc brut est occupé à 100 %. Une seule femme s'y trouve entourée d'hommes. Au total, nous sommes trois - excluant les serveuses en chemises à carreaux - représentantes de notre sexe. Les burgers, les poutines et le tex-mex, une affaire de gars? Pas sûre. En tout cas, nous voici à étudier le menu du jour qui regroupe, entre autres, une pizza torpille à la brisket de boeuf, un burger de bison aux canneberges, une lasagne aux fruits de mer et une suggestion du jour, à savoir du porc braisé à la bière et au sirop d'érable. Avec les goûts, la carte a évolué en prenant des libertés par rapport au filon sudiste des débuts.

Avec les goûts, la carte a évolué en... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 2.0

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Avec les goûts, la carte a évolué en prenant des libertés par rapport au filon sudiste des débuts. 

Le Soleil, Patrice Laroche

Tartare de thon et crème de tomate au pesto, voilà le programme du jour. Classique, voire basique par son assaisonnement - de l'oignon finement émincé et une mayo délayée pour lier l'appareil -, le tartare est servi dans une verrine en plastique généralement utilisée dans les cocktails dînatoires. Je comprends que c'est plus rapide pour portionner les parts à l'avance le midi. En revanche, l'effet visuel est «bof» avec une verrine perdue au centre d'une assiette à pain, des grignotines (idéales avec une bière) réparties autour. 

Du coup, le potage, qui ne nécessite pas particulièrement de «mise en scène», se révèle particulièrement sapide. Pourtant, y a-t-il plus banal qu'une crème de tomate? Onctueux, peu acide et rehaussé de pesto - l'alliance du basilic et de la tomate indubitable -, ce potage est bien exécuté. Exactement comme le plat mijoté de porc. Les deux pièces de porc avec os montrent une chair moelleuse qui se détache facilement. La viande s'enrobe d'un jus de cuisson épaissi à base de bière et de sirop d'érable en mode salé-sucré. Du riz et un sauté de petits légumes - dont des haricots verts croquants - accompagnent un bon plat façon bistro. 

Pour ma part, je renoue avec la part de menu tex-mex du Cactus. Je pige à la rubrique poutine. J'hésite entre la tex-mex et la Poulet Buffalo. La première l'emporte. Dans un grand bol fusionnent des frites maison - en quantité nettement insuffisante par rapport aux garnitures - et du fromage en grains nappés d'une sauce brune selon les règles de l'art. Si sa présentation vaut le coup d'oeil, sa signature, du boeuf dit tex-mex, ne me convainc pas en raison de la texture spongieuse de la viande enrobée d'une sauce à la fois sucrée et piquante. Faut croire que je suis du type poutine classique! 

De ce retour dans le passé, je retiens davantage l'option bière de fin de journée et nachos! Et puis de la relève étudiante, il y en aura toujours...

Cactus bar à bières, 814, avenue Myrand, Québec 

  • Tél.: 418 527-9111
  • Ouvert tous les jours
  • Bouteille de vin à compter de 40$ 
  • Table d'hôte du midi de 12,40$ à 17,80$
  • Entrée de 4,35$ à 27$ (pour 18 ailes de poulet)
  • Burger de 15,10$ à 18,45$
  • Poutine de 13,90$ à 19,15$
  • Plat tex-mex de 14,10$ à 32,30$
  • Coût de l'addition pour deux avant taxes et service: 30,80$ (un menu du jour incluant l'entrée, le plat et le café, un potage à la carte et une poutine)
  • Stationnement: dans la rue 
On aime: la suggestion du jour qui augmente l'offre du menu midi, l'atmosphère de perpétuelle fin de session et le choix de bières Benelux et autres microbrasseries du Québec.

On n'aime pas: le volume de la musique dans le plancher à l'heure du lunch. Attention au sel.

Critique express

Réservé: une bûche de Noël Chez Boulay. L'homme déteste la bûche. Moi, j'en mange pour faire bonne figure. Pourquoi se donner de la misère, vous me direz? Parce que j'adore les desserts à l'érable de Chez Boulay et que j'ai en bouche, depuis au moins deux ans, un éclair à l'érable inoubliable. J'ai donc commandé une bûche érable fumé au bois d'érable et pommes (35 $ pour 10 portions). Deux autres bûches complètent la corde : une chocolat noir et argousier (sans gluten) ainsi qu'une autre au petit merisier, bleuets sauvages, framboises et canneberges. Suivant la logique du «tant qu'à y être», j'ai ajouté un pâté à la viande (20 $ pour 6 à 8 portions) sur l'argument de l'ingrédient épaule de porc confit.

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