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Griendel s'ouvre sur la rue Saint-Vallier; son look rustico-industriel tranche... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Griendel s'ouvre sur la rue Saint-Vallier; son look rustico-industriel tranche sans jurer avec les restos voisins.

Le Soleil, Yan Doublet

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Stéphanie Bois-Houde

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) CRITIQUE / Après le Nouvo St-Roch, c'est «St-So» qui se développe à vitesse grand V. Dans la foulée de l'engouement pour la bière de cru, Griendel ajoute un nouveau baril à l'édifice de l'industrie brassicole à Québec en plus d'animer à plus grande échelle la vie de quartier.

Parce qu'il n'a rien à cacher - bien au contraire -, Griendel s'ouvre sur la rue. Si vous aimez vous balader le soir et zieuter chez les voisins - pour la déco, j'entends -, vous serez servi en passant devant ce grand débit de houblon (en pieds carrés). Son look rustico-industriel tranche sans jurer avec les restos voisins. La rue Saint-Vallier prend donc un coup de jeune en plus de compléter l'offre existante des Bouchon du Pied Bleu, Kraken Cru, Renard et la Chouette, Shogun et j'en passe. Drainant déjà du monde, Griendel, du nom d'un inventeur de la Renaissance, deviendra une «génératrice» de nouvelles clientèles dans le secteur.

Mais revenons sur l'aménagement de ce pub ISO 2015, où le mélange des genres fonctionne avec succès. Des tables en bois laqué qu'on dirait «gossées» dans des planches d'arbres géants y jouent la carte du brut. Après, le béton, les structures apparentes et les ampoules en guise de luminaires-lucioles se chargent de créer une atmosphère urbaine qui va à l'essentiel. L'aspect «matières naturelles» s'incarne dans les ardoises qui servent de couverts. Quelques clins d'oeil vintage se glissent ici et là. Je pense au litre de lait en verre converti en pichet d'eau trônant à chacune des tables.

Pour boire, puisque c'est le but de la visite, le deuxième en fait, l'ardoise liquide liste 22 lignes de fûts - plus une carte de cocktails et des vins - dont la bière maison baptisée la St-So, une Rye Bitter (4,5 %). Comme chez Noctem, les bières proviennent du Québec, de l'Abitibi avec la Foublonne (India Pale Ale, 6,5 %) jusqu'à Saint-Jean-Port-Joli, représenté par les breuvages houblonnés de la Brasserie Ras L'Bock. Quant au menu, il compte sur une variété «d'amis» de la bière: bretzel, jerky, ribs. Des burgers colossaux, des tartares et quelques plats de spécialité, dont le Schnitzel, complètent le tour du chapeau.

L'appel des bretzels bits et de ribs gronde en nous. Nos bières aident à l'attente. Une deuxième tournée les devance. Ceux qui me connaissent bien savent que je suis allergique au «mou» lorsqu'il est question de service en salle. À la blague, je dis parfois qu'une petite décharge de Teaser en réveillerait certains. Quoique très sympa (et probablement à son premier job dans la restauration, du moins j'espère), notre serveuse souffre de désorganisation. Des pas perdus, en voulez-vous, en v'là, et au détriment du client.

Nos entrées de type Super Bowl de luxe finiront par se pointer, sauf que l'attente aura été si longue que les plats suivent dans un intervalle de moins de 10 minutes. Rendues là, nous décidons de profiter du moment présent et de tremper les petites boules de pâte salée (les bits) dans une sauce au cheddar et bière pleine de corps et onctueuse. Dans le genre, c'est dur à battre. Les ribs se classent aussi dans une catégorie à part. Juste assez gras, charnus et enrobés d'une glace «mélassée» sans que le sucre soit dominant, ces os viandeux seront grugés sans pitié. Des ribs pour connaisseurs!

L'ardoise liquide liste 22 lignes de fûts, tandis... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 2.0

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L'ardoise liquide liste 22 lignes de fûts, tandis que le menu compte sur une variété «d'amis» de la bière : bretzel, jerkyribs. Des burgers colossaux, des tartares et quelques plats de spécialité, dont le Schnitzel, complètent le tout.

Le Soleil, Yan Doublet

J'attaque le Schnitzel - une escalope - mettant en vedette dans ce cas-ci de la volaille panée délicatement. On l'aura segmenté en jolies bouchées (trois petits médaillons) nichées sur des spatzles dans lesquels une sauce aux champignons s'écoule et crée un effet risotto crémeux. Le tartare de boeuf, dit pâté chinois, s'avère un peu moins réussi en raison d'un assaisonnement déficient. Si du maïs renfle sa texture, des éclats de pommes de terre rissolées n'introduisent rien sinon qu'une saveur cartonnée de patates rôties froides. En renfort, un ketchup tonique de tomatillos (à part) réanime ce tartare qui tombait à plat.

Autre erreur de service à signaler, les frites d'accompagnement - excellentes - se font attendre. «Où sont-elles?» nous demande la serveuse. «Pas ici!» que je lui réponds en regardant sous la table, un peu exaspérée. C'est sans doute un peu «baveux», sauf que la finalité, c'est-à-dire recevoir ces frites avant la bouchée finale de cru, m'intéresse plus que trouver un coupable. Or, au lieu d'aller direct vers la cuisine, l'amie bifurque vers deux autres tables.

Malgré ce service en dents de scie, j'ai beaucoup aimé le Griendel, son énergie et sa carte de pub redessinée. J'y reviendrai pour boire et manger (encore des ribs et certainement un burger), car il y a une volonté affichée de bien faire les choses.

Griendel : Brasserie Artisanale, 195, Saint-Vallier Ouest, Québec

Tél. : 581 742-2884

  • Ouvert tous les jours dès 15h
  • Pub
  • Bière de 3 $ à 7 $ la pinte
  • À la carte
  • Entrées de 3 $ à 20 $ (pour 18 ribs)
  • Snacks de 10 $ à 14 $
  • Plateaux à partager de 14 $ à 28 $
  • Plats de 14 $ à 21 $ 
  • Coût de l'addition pour deux avant taxes et service : 48 $ (incluant deux entrées et deux plats)
  • Stationnement : dans la rue
On aime: les t-shirts St-So qu'enfile l'équipe en salle, le menu proposant des snacks hyper chouettes et l'atmosphère

On n'aime pas: l'éclairage un peu vif. J'ajusterais très légèrement à la baisse. Un service inexpérimenté, pardonné toutefois par une bonne dose de gentillesse.

Critique express

Essayé: le yogourt grec à la poire Oïkos. Raclant à la petite cuillère son yogourt, la collègue Chantal - la Anne Darche des tendances en laitage - m'a annoncé très sérieusement : «C'est une édition limitée.» On n'arrête pas le progrès! Poire et yogourt grec, l'équation est parfaite.

Exaspérée: par les 30 minutes de délai avant de «réussir» à commander un apéro au Versa. J'étais avec un groupe de huit personnes. Avec l'homme, nous sommes arrivés en retard. Lui, en moins de 10 minutes, sirotait un verre de blanc tandis que j'essayais toujours, à l'autre bout de la table, d'établir un contact visuel avec la serveuse. Débordée? Peut-être. Son attitude «carrée», qui s'assouplira au fil du repas, m'a rendue plus chatouilleuse. Bien mangé? Oui. L'aubergine parmigiana déstructurée en friture de panko m'a réjouie pour sa texture (de l'aubergine) bien en chair mise de l'avant (plus que la tomate). Apprêté sur couscous avec des légumes grillés, le saumon (en plat) avançait toutes les qualités d'un plat bistro généreux et réconfortant.

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