CRITIQUE

La Crêperie du Pain Béni: tacos bretons!

Les crêpes du Pain Béni sont l'incarnation du repas... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Les crêpes du Pain Béni sont l'incarnation du repas rapido presto de qualitéé

Le Soleil, Pascal Ratthé

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Stéphanie Bois-Houde

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) À  défaut d'avoir de la vraie cuisine de rue itinérante à Québec, les gourmands ont droit à de la cuisine «avec domicile fixe». À un jet de pierres - lire «en face» - de son quartier général, Le Pain Béni a ouvert en juin une crêperie dans la cour de la cathédrale Holy Trinity. Une vraie de vraie bonne idée!

Une fois repliée, la pâte, devenue récipient comestible,... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 1.0

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Une fois repliée, la pâte, devenue récipient comestible, accueille une série d'ingrédients dont des oeufs, du fromage et du jambon en guise de protéines populaires. 

Le Soleil, Pascal Ratthé

Sans se cannibaliser - l'argument est revenu à maintes reprises dans le camp du Non à la cuisine de rue à Québec -, Le Pain Béni va plutôt chercher avec sa cabane à crêpes une clientèle complémentaire d'affamés spontanés à petit budget.

Élaboré en partenariat par Marc-André Doré (Le Pain Béni) et Éric Gauthier (Ateliers et Saveurs), son menu est constitué de crêpes salées et sucrées. Ces tacos bretons - permettez-moi l'expression - sont l'incarnation du repas rapido presto de qualité.

Une fois repliée, la pâte, devenue récipient comestible, accueille une série d'ingrédients dont des oeufs, du fromage et du jambon en guise de protéines populaires. Se joignent à ces garnitures classiques de la saucisse de porc d'élevage bio sans gluten Du Breton, de l'emmenthal de Laiterie Charlevoix ainsi que de l'oignon confit. Une option végétarienne comble également les appétits peu portés sur la viande.

Les becs sucrés trouvent leur bonheur auprès des crêpes desserts, dont l'une tartinée de pâte choco-noisette en plus de la très frenchie crêpe au sucre. 

Méthode de travail

En m'y rendant quelques jours après ma diète 100 % tapas, j'ai été réjoui par ce concept de cuisine sur le pouce, à un seul détail près : le service. Je ne sortirai pas les violons de l'indulgence pour vous rappeler à quel point il est difficile de trouver et de former du personnel. C'est déjà un défi pour les restos opérés à l'année; imaginez pour un commerce saisonnier. Néanmoins, La Crêperie du Pain Béni aurait besoin d'un leader en cuisine. Entendons-nous, les jeunes derrière le comptoir sont gentils, pleins de bonne volonté, mais dépourvus d'une méthode de travail. D'où la queue qui s'allonge et quelques râles qui se font entendre. 

Par exemple, j'ai dû demander au commis de préparer les boissons de notre commande au lieu d'attendre que les crêpes soient prêtes et tiédissent. Des peccadilles? Peut-être! Sauf qu'en restauration rapide, chaque pas perdu correspond à une minute volée au temps... Autre conseil, même dans le «jus», les commis devraient établir un contact visuel avec les clients et leur indiquer qu'ils seront à eux dans les prochaines minutes. À la limite, gérer le trafic en établissant le sens de la file aiderait à diminuer la pression. 

Cela dit, il faut prendre La Crêperie du Pain Béni pour ce qu'elle est, c'est-à-dire un point de ravitaillement sans chichis où, malgré les petits irritants, la qualité triomphe. D'abord, la pâte à la farine de sarrasin décolle du billig chaude et moelleuse. Pendant la cuisson de la crêpe nommée La Terre promise, la jeune fille à l'oeuvre - elle compense par son efficacité - casse dessus des oeufs et éparpille du fromage râpé. Les ingrédients fusionnent avant que la pâte soit refermée, puis garnie de tomates, de laitue et d'une petite mayo pas piquée des vers. Miam!

Baptisée la Sainte-Trinité (oeuf-fromage-saucisse-oignons caramélisés), la crêpe la plus costaude - et la plus chère, à savoir un gros 7,50 $! - décroche un large sourire. Encore plus arrosée d'une citronnade «naturelle» où l'agrume n'a pas pris sa retraite au profit du sucre. Assis devant la fontaine crachotante de place d'Armes pour pique-niquer, j'ai l'impression d'être ailleurs... en vacances!

=> AU MENU

La Crêperie du Pain Béni, cour de la cathédrale Holy Trinity.

  • Ouvert 7 jours de 10h à 21h tout l'été jusqu'au 27 septembre 
  • À la carte
  • Crêpes salées et sucrées de 3,50 $ à 7,50 $
  • Coût de l'addition pour trois avant taxes et service : 26,45 $ (incluant deux crêpes salées, une crêpe sucrée et les boissons)
  • Stationnement : dans la rue

On aime : la présentation pratico-pratique dans un support en carton - comme un hot-dog de stade - qui facilite la dégustation sans débordement disgracieux! 

On n'aime pas :  l'absence d'accueil à l'arrivée.

***

Critique express

Adoré...

 ...Madrid. Je reviens d'Espagne, un périple culturel et gourmand, qui m'a mené jusqu'à Séville en passant par les rues serpentines des hauteurs de Grenade. 

Constaté...

...que si Québec ne compte plus ses restos, Madrid frise le record de terrasses, tavernes, bars à tapas et restaurants. Qu'il s'agisse de spécialités ultraclassiques - je pense au plat dit «du pauvre», les patatas con huevos (les pommes de terre et oeufs au plat) - ou de cuisines régionales, le sud de l'Espagne regorge de tables où trouver son profit, sangria incluse. À 30 euros (autour de 45 $ CA pour deux et demi, car fiston ne picorait que des sandwichs au jambon ibérique, des olives et des churros) nous mangions, vin inclus, comme des rois à l'heure (21h30-22h) des Madrilènes.

Rêvé...

 ...d'un marché San Miguel (près de la Plaza Mayor, à Madrid) à Québec, même si objectivement notre cité n'a ni la météo ni la masse critique pour faire vivre pareilles halles ouvertes tous les jours dès 10h. Comment ça fonctionne? Les visiteurs se promènent de kiosque en kiosque, ramassant à l'un des brochettes d'olives sophistiquées, à l'autre des tostadas de brandade couronnées d'alevins, des langoustines enrobées de fritures de pommes de terre, une portion de paella (quatre euros), une coupe de cava... En moyenne, il en coûte entre un et deux euros la bouchée. Ce festin déambulatoire est l'un des incontournables pour goûter l'art de vivre madrilène. 

Redemandé...

...des croquetas. J'en ai gobé des dizaines, de ces tapas frits à base de béchamel et autres ingrédients (morue, jamón, bolets, etc.) selon l'inspiration. J'aimerais bien en dénicher, à Québec, d'aussi moelleux. Vous connaissez des adresses? Écrivez-moi à sbhoude@lesoleil.com.

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