CRITIQUE

Chef chez soi: resto à part entière

Dressés sur des ardoises rectangulaires, les tartares ont... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Dressés sur des ardoises rectangulaires, les tartares ont de l'allure, surtout celui de boeuf, pour le contraste de couleur entre la chair crue et la pierre.

Le Soleil, Yan Doublet

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Stéphanie Bois-Houde

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) À ses débuts en 2010, Chef Chez Soi, c'était quelques plats frais en comptoir, des surgelés maison et, les midis, une formule «cafétéria». Du simple et bon. En cinq ans, l'entreprise a pris de la maturité, développé sa carte et grossit en acquérant Le Portobello Traiteur Créatif de Stoneham. Mieux encore, Chef Chez Soi porte très bien, à l'heure du lunch, sa toque de restaurateur.

Au départ, l'établissement parlait plutôt de cafétéria, histoire sans doute de ne pas élever les attentes ni se mettre trop de pression. Aujourd'hui, la référence au plateau-repas apparaît bien modeste. Assez, je dirais, pour que des restaurants du secteur soient un peu jaloux. D'abord, les 18 places de Chef Chez Soi trouvent vite preneurs. Pourquoi? Parce que c'est chouette et vivant de manger, comme chez Morena, dans l'épicentre d'un traiteur. Il y a du mouvement, la salle est lumineuse - «la faute» au carrelage blanc -, le vert lime en accent n'a pas pris une ride et les étagères en bois qui séparent la salle à manger - sur un palier - servent de rangement aux nombreuses bouteilles de vin. De l'importation privée à boire en salle ou à acheter avec des mets pour emporter. Croyez-moi par expérience, c'est très pratique.

Le jour de notre visite, il y a en plus des tartares - boeuf, saumon - un tataki de thon, une cuisse de canard confit aux champignons, une pâte carbonara à la saucisse de sanglier, un osso buco de veau, un sandwich du jour (au canard) ainsi qu'une cuisse dudit canard - décidément! - sur salade. Un bien pour un mal, je suis très canard. Mon invitée est très tartare. En entrée, le mesclun ou le potage équivalent à deux premiers choix. 

Pourtant, je me méfie du mesclun. Ici à tort. Loin du «mortel ennui» chanté par Gainsbourg, la belle verte entremêle feuilles vivifiées par une émulsion «moutardée», des copeaux de parmesan et des croûtons volontairement émiettés sommairement. Ceux-ci ajoutent du cric, crac, croc aux laitues bonifiées également d'une julienne de carotte jaune et de ciboulette. Un tour de poivrière et voilà, il n'en faut pas plus pour surpasser la salade basique. La crème dite jardinière - vive les racines qui traversent l'hiver! - se la coule douce dans un grand bol. Je note l'équilibre entre les saveurs des légumes et celle d'un corps lacté qui ne triomphe pas sur les autres ingrédients. 

Dressés sur des ardoises rectangulaires, les tartares ont de l'allure, surtout celui de boeuf, pour le contraste de couleur entre la chair crue et la pierre. Claire a choisi la version saumon, le poisson travaillé à l'asiatique. L'orient s'incarne dans ce cas précis dans l'apport du gingembre bien dosé et l'addition, sans forcer le trait, de sauce sriracha, source de piquant. Sa garniture - une salade - suit ce filon asiatique grâce à du vermicelle de riz et quelques nouilles frites qui l'émaillent. Pour styliser la présentation, des graines de sésame noir et blanc ont été saupoudrées en bordure d'assiette. Des chips de crevette - texture de foam - jouent les croûtons aériens. 

Même son de cloche positif pour le canard, une cuisse à peau si bien assaisonnée et croustillante qu'elle disparaît. Assise sur une purée de patate douce, la demi-glace au porto (la sauce) y creuse des rigoles gourmandes. En accompagnement, de gros quartiers de légumes (poivron orange et vert, oignon rouge) façon kebab végétarien donnent des airs de barbecue à ce plat bistro. Impeccable.

Une crème brûlée coco-lime - délicieuse sinon que les saveurs de coco et de lime sont réservées - finit ce lunch quelque part entre Key West (dans ma tête!) et Québec un jour de printemps...

=> AU MENUChef chez soi traiteur_restaurateur, 1280, rue du Chanoine-Morel, Québec, Tél. : 418 704-6114

et 336, chemin du Hibou, Stoneham-et-Tewkesbury

  • Type de cuisine : mets pour emporter et menu midi
  • Ouvert tous les jours
  • Salle à manger ouverte du lundi au vendredi de 11h30 à 13h30
  • Vin au verre à partir de 7 $ et bouteille en importation privée en vente à l'achat de plats pour emporter.
  • Menu midi de 16 $ à 20 $
  • Plats à la carte de 11 $ à 15 $
  • Mets pour emporter à partir de 10,50 $ (incluant les accompagnements)
  • Coût de l'addition pour deux avant taxes et service : 38 $ (incluant deux menus midi avec les entrées, les plats et les desserts en sus)
  • Stationnement : dans la rue

On aime : l'idée de faire un «petit» resto - l'espace l'exige - sans lésiner sur l'expérience globale avec des présentations soignées, un service courtois et efficace et la meilleure bande-son entendue récemment.

On n'aime pas : un détail, dans l'intitulé du confit de canard, il est question de champignons. Or, je n'en recense aucun. Erreur d'intitulé? Les frites du tartare sont trop cuites, d'où une chair sèche.

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