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Le Sacrement: béni sois-tu

Le Sacrement est un bar qui combine les... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le Sacrement est un bar qui combine les bières de  microbrasseries québécoises et la bouffe du terroir.

Le Soleil, Erick Labbé

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Stéphanie Bois-Houde

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Un quartier à la population vieillissante, Saint-Sacrement? En tout cas, Le Sacrement arrive à point pour lui donner un sacré coup de jeune!

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Le Sacrement (dans l'ex-Bourbon Café) devrait parvenir à rassembler et durer. Pourquoi? Parce qu'il occupe une niche.

Le Soleil, Erick Labbé

Oui, Saint-Sacrement n'est pas «zonée» comme un quartier de jeunes familles, mais celles-ci y reviennent progressivement. J'en suis la preuve. J'y ai été élevée et, adulte, j'y suis revenue après l'avoir déserté pour Montcalm. J'ai beau habiter officiellement Sillery - l'autre côté de René-Lévesque -, néanmoins, quand je situe les gens qui viennent pour la première fois chez moi, je parle du Bois-de-Coulonge et de la paroisse de mon enfance.

Hormis La Girolle qui connaît du succès, l'offre en restaurants dans le secteur relève plus du comptoir pour emporter avec quelques bannières, dont Sushi Shop. Le Sacrement (dans l'ex-Bourbon Café) devrait parvenir à rassembler et durer. Pourquoi? Parce qu'il occupe une niche. Oui, la fameuse niche dont je vous ai parlé dans ma revue de l'année. Quelle est-elle? Un bar spécialisé dans les microbrasseries québécoises - un filon très porteur depuis trois ans - qui combine bières d'ici et bouffe du terroir. C'est la même ligne de parti que le bar-bistro Le Projet du quartier Saint-Jean-Baptiste. Aucune surprise ici, deux de ses proprios, Martin Villeneuve et Nathan Walsh (en cuisine), ont décidé d'importer leur formule gagnante un peu plus à l'ouest.

Simple et bon

À l'image du Projet, le menu du Sacrement - version simplifiée appelée à se bonifier - n'a rien de bien compliqué. La carte répond à l'équation simple et bon grâce au renfort de plusieurs ingrédients traçables et non pas «génériques» dont le bacon Turlo. Au trio de plats principaux composé pour l'instant d'un costaud burger de boeuf, d'un panini au canard confit et d'un tartare de saumon se greffent la portion entrée de tartare, une soupe du jour, et des ailes de canard. C'est court, vous direz, mais il y a place à trouver chaussure à son pied.

L'ardoise des bières est nettement plus longue avec, entre autres, des produits de la Tête d'Allumette, de Frampton brasse et de la microbrasserie Dieu du ciel! Au total,18 fûts et des fûts «flottants» pour avoir la liberté de couler des nouveautés. Côté atmosphère et décor, la parenté avec Le Projet est claire : rien de chichiteux ni de formaté, lire dans la langue de Shakespeare de stagé. Le Sacrement se situe entre le loft industriel et le shack de gars. J'aime bien d'ailleurs l'énorme panache - que dis-je, c'est un roc! c'est un pic! c'est un cap! - qui trône dans ce havre de bois. Près du bar, un piano espère être effleuré du bout des doigts. Quelques jeux de société sont aussi là pour accrocher les joueurs dans l'âme. Une partie (interminable) de Risk et de la bière fraîche, il y a pire dans la vie.

Cela dit, il est midi, le temps ne s'arrête pas. Tandis que la copine règle ses problèmes de locataires volatiles à coup de textos, je commence mon tartare de saumon qui m'étonne par sa fraîcheur. Quelques jours plus tôt, j'en ai mangé un, dans un établissement qui d'habitude le réussit, fait au robot. Ce vice de plus en plus répandu tue les chairs en les éclatant. À l'opposé, le tartare du Sacrement fait au couteau décuple les textures en présence. Agrémenté d'une brunoise de concombre et de betterave jaune - une garniture rafraîchissante et croquante -, l'appareil de saumon s'illustre par sa saveur moyennement relevée. De plus, des oeufs de poisson volant - pour l'esthétisme - lui insufflent une identité nippone. Même la verdure en accompagnement fait mouche : les feuilles sont en vie, vertes et tendues. Y niche une julienne de betterave rouge et jaune. Quelques gouttes d'un pesto de fines herbes - plus qu'une vinaigrette - servent de liant peu invasif à ce mesclun printanier avant l'heure.

La crème de carotte de ma vis-à-vis avance une texture soyeuse et la saveur sucrée de la racine. Certains potages ne goûtent pas toujours le légume annoncé. Ici, aucune ambiguïté possible, ni à l'oeil, ni à la cuillérée. Une fée clochette tinte au loin. Nos plats sont prêts. Burger et panini sont accompagnés d'un petit seau de frites brûlantes et d'une salade, jumelle de celle du tartare.

Bun ou pain rond, le pain qui accueille la boulette de viande assure par sa mie à la fois alvéolée et suffisamment compacte pour boire le jus de cuisson du boeuf. À noter que la galette de viande hachée a été façonnée sans chercher à ce qu'elle devienne aussi compacte qu'une rondelle de hockey. Elle n'en est que meilleure. Comme au Projet, l'excellent bacon Turlo, bien en chair, ajoute du bon gras à l'édifice. Du Migneron fondant et un ketchup maison où quelques dés de tomates ont échappé - à la bonne heure - au mélangeur, lui donnent du pep. Verdict : un burger signature.

En comparaison, mon panini est un poids moyen sur le plan de la taille! À l'intérieur du pain aplati, de l'effiloché de canard confit, du fromage Oka ainsi qu'un confit d'oignon, les oignons plus fondus que caramélisés. Un autre sandwich gourmet. Néanmoins, ma faveur va au burger, l'argument d'un retour prochain... bien avant celui des oies!

=> Au menu

Le Sacrement, 1380, chemin Sainte-Foy, Québec  Tél. : 418 686-2067

  • Ouvert tous les jours
  • Type de cuisine : sandwiches et tartares
  • Verre de bière de microbrasseries québécoises : 5 $
  • Verre de vin à compter de 6,50 $
  • Menu midi : le prix d'un plat inclut la soupe
  • Entrée de 4 $ à 12 $
  • Burger et panini de 14 $ à 20 $
  • Coût de l'addition pour deux avant taxes et service : 44,27 $ (incluant une soupe du jour, un tartare de saumon [entrée], un panini et un burger)
  • Stationnement : dans la rue

On aime : une adresse susceptible d'animer en soirée une artère autrement très tran-quille. Au prin-temps, la baie vitrée grande ouverte, plusieurs y verront une adresse pour boire une bière de fin de journée. 

On n'aime pas : peut-être un peu cher le midi si l'objectif est de fidéliser une clientèle de dîneurs.

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