CRITIQUE

Qui Lu Crü: crûment bon!

Qui Lu Crü a pris le parti de... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Qui Lu Crü a pris le parti de ne servir que des aliments bios crus, à l'exception d'une soupe miso.

Le Soleil, Patrice Laroche

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Stéphanie Bois-Houde

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Pour faire une histoire courte, j'ai découvert le resto Qui Lu Crü grâce à une lectrice, Martine Houde, qui m'écrivait son découragement par rapport à l'offre végétarienne anémique à Québec. En lisant ma réponse dans nos pages du 1er novembre, Anne Beaudoin m'a signalé l'existence de Qui Lu Crü. C'est ce qu'on appelle du travail d'équipe! Mme Beaudoin ne l'avait pas testé. J'y suis allée en mission végétalienne. Mes impressions.

Manger végétalien (lire sans produits animaux, ce qui exclut oeufs et produits laitiers) et cru à l'année, j'aurais l'impression de rater un petit quelque chose. Sauf qu'aux cures végétales - rien de drastique - et une consommation accrue de légumes et de fruits, je dis «oui, je le veux». C'est donc dans cette perspective de lunch santé ultra énergisant et digeste que j'ai évalué Qui Lu Crü (oui, chers traqueurs de coquilles, c'est un jeu de mots!).

M'y voilà, perplexe, en novembre, saison du boeuf bourguignon et des mijotés tout poil! Qui dit végétalisme ne signifie pas nécessairement sans cuisson. Qui Lu Crü a toutefois pris le parti de servir que des aliments bios crus, à l'exception d'une soupe miso. D'où une dose de créativité obligatoire. C'est là l'une des forces de l'alimentation vivante, le brainstorming culinaire continu qui ne s'arrête pas aux spirales de betterave.

La créativité, je disais donc, Qui Lu Crü a choisi de la brider un peu pour démarrer en douceur avec quelques plats entourés de jus frais, smoothies et salades. Pour ceux qui connaissent les restaurants Crudessence à Montréal, ne cherchez pas de comparatifs. Ni dans le niveau d'inventivité ni les moyens. Néanmoins, l'approche séduit. D'abord par la qualité de l'expérience humaine. Dès l'accueil, il y a une prise en charge lors de la commande au comptoir. «C'est votre première visite?» «Vous êtes allergique à quel type de noix?» Par là, je veux dire aussi que la mission du resto est de nourrir ses clients, pas de leur vendre un mode de vie.

Vous l'aurez compris, vous n'êtes pas dans un ashram ni dans un repaire hipster qui prêche par le green! On va chez Qui Lu Crü pour sa dose de vitamines. Je siffle donc un jus - L'articulé - qui combine le sucré de la carotte, le côté aqueux du céleri et la saveur bien «verte» du persil. Ce nectar végétal, j'en servirais dans les cafétérias d'école au lieu du jus du légume à taux élevé de sodium.

Je poursuis avec une soupe miso - plus froide que tiède - qui s'agrémente de pluches de brocoli. Le chou lui donne du corps ainsi que les lamelles de champignons, les algues et les oignons verts. Jusqu'ici, rien ne sort de l'ordinaire.

C'était avant de goûter à l'original pad thaï. Exit les nouilles de riz. Bienvenue les similipâtes de courgette. Au lieu des protéines animales, des graines de chanvre et de sésame rendent plus soutenant ce sauté à froid! En garniture, des fèves edamame, du chou rouge finement râpé et du poivron colorent et texturent le faux féculent. L'appellation pad thaï se justifie ici par l'addition - le liant avec lequel les ingrédients sont touillés - d'une vinaigrette crémeuse d'inspiration asiatique au gingembre et sésame très équilibrée, le gingembre suffisamment expansif. Sceptiques? Voyez-y une salade repas à saveur d'orient.

Claire, mon invitée, a pris le wrap au végépâté. Puisque le cru «interdit» le pain, la tortilla cuite sur plaque est remplacée, au choix, par une feuille de chou ou une autre à la mangue. Mon invitée retient la seconde d'une texture rappelant une pâte de fruits (en moins gélatineuse et plus élastique) étirée au rouleau à pâte. Tartiné de végépâté contenant des noix de Grenoble - une préparation savoureuse plus souple que ferme -, ce sandwich salé sucré se gonfle aussi de luzerne - très fraîche -, de carotte râpée et normalement d'avocat, retiré en raison d'intolérance.

Plus qu'une affaire de bonne conscience et de style de vie, ramenons l'appréciation de ce sandwich à un niveau terre à terre : ce wrap est fondamentalement bon. Point barre. Ce qui nous intéresse maintenant, c'est comment Qui Lu Crü évoluera dans les prochains mois.

=> Au menu

Qui Lu Crü, 1700, 1re Avenue (en face de l'hôpital Saint-François d'Assise) Tél. : 581 300-9278

  • Ouvert du mardi au vendredi de 9h30 à 14h
  • Entrée de 2 $ de 4,95 $
  • Salade de 7,95 $ à 10,95 $
  • Plat de 9,95 $ à 11,95 $
  • Ajoutez 3,95 $ au prix d'un plat pour obtenir une soupe et 6,95 $ pour une soupe et une salade
  • Coût de l'addition pour quatre avant taxes et service : 36,30 $ (une soupe miso et un pad thaï, un wrap complet et un jus frais)
  • Commande pour emporter
  • Stationnement : dans la rue
  • À noter : sur inscription, des formations en cuisine crue et hypotoxique sont offertes

On aime : l'attitude pétillante du personnel, les plateaux vert lime et l'eau parfumée à la lime et à l'orange.

On n'aime pas : la musique «hypno-zen». Là où le bât blesse en alimentation crue : l'absence du réconfort que procure  un repas chaud.

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