La Gueule de bois: sans contre-indications

Définitivement, La Gueule de bois maintient le cap... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Définitivement, La Gueule de bois maintient le cap aux plans nourriture, service et atmosphère.

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Stéphanie Bois-Houde
Le Soleil

(Québec) Quand un chef, en l'occurrence François Blais (Bistro B), vous confie qu'après le boulot, il aime aller manger chez un resto-ami, «l'ami» en question doit certainement livrer la marchandise! C'est le cas de La Gueule de bois. François Blais y accorde son vote. Nous aussi.

Lorsque j'ai découvert ce bistro sorti de nulle part - voisin de La Cuisine -, je n'en avais dit que du bien. À nouveau, après quelques visites dans l'intervalle, je réitère mon allégeance à ce resto qui définitivement maintient le cap aux plans nourriture, service et atmosphère. Lors du dernier passage, j'y étais avec des collègues de bureaux, dont l'un devait nous quitter avant que nous passions à l'entrée. Quel est l'intérêt de le préciser? L'apéro a pu s'étirer (c'est-à-dire près d'une heure) sans que l'on nous fasse sentir coupables de monopoliser une table. Une cool attitude de plus en plus rare! Pourtant, le resto était complet. 

Enfin, puisque nous n'y étions pas que pour boire, mais pour manger, nous avons levé les yeux à l'ardoise. En entrée, les choix étaient cruels avec, entre autres, une salade de pieuvre et des gnocchis au ris de veau. La torture mentale s'est prolongée à l'étape des résistances. Comment dire non à du cassoulet (sanglier, pintade confite, saucisse Toulouse de cerf), un pavé de boudin maison, du risotto aux champignons sauvages, des cannellonis langoustines, sauce foie gras et un poisson du jour? Sur quoi statuer, moi la girouette? Que voulez-vous, je suis une fille née sous le signe de la Vierge. La soirée a failli y passer. Un beau problème! 

Comme les collègues travaillaient avec moi, les assiettes ont tourné et j'en ai pris le pouls. D'abord, du potage de courge, escargots, gouda et champignons homard. Ce service liquide corpulent sort le potage de la fade banalité crémeuse. La facilité tenue à distance, le potage, déjà «texturé» par la courge, a été additionné de gros croûtons qui s'en imbibent. Avec les champignons poêlés et les escargots, voilà un jardin d'automne miniaturisé. Du gouda, je ne sais quoi en dire, car son apport ne se mesurait qu'à l'intitulé du plat. Qu'importe, il y a déjà ce qu'il faut dans ce bol

- saveurs, textures contrastantes - pour se divertir. 

Le carpaccio de betterave jaune et cubes de chèvre noir descend de la même lignée de service axé sur trois-quatre saveurs judicieusement combinées. En étagé, les minces rondelles de bette sont croquantes et s'alternent de petites feuilles et d'un croûton au sommet. Une réduction de vinaigre balsamique fouette ces ingrédients qui, ensemble, font mouche sans nécessiter d'autres interventions. 

À propos de mon plat, je n'arrive pas à dire si j'ai préféré le gratin de pommes de terre ou la joue de porc. Ce couple a produit des étincelles en bouche. Grâce à son collagène, la joue débordait de tendreté et sa sauce - un jus de viande - était suffisamment réduite pour mettre de l'avant des arômes caramélisés. Mais mon estomac conserve un souvenir encore plus ému du magnifique gratin aux étages soudés par du cheddar fort. La douceur de la patate escalopée en sauce laiteuse était tranchée par l'amertume de bouquets de rapini à l'aise en accompagnement de mets en sauce blanche et/ou à base de fromage. 

Souvent, la chair d'un magret de canard est trop cuite ou sacrilège, découpée grossièrement. Exactement à l'opposé du magret dégusté. Sa cuisson particulièrement réussie, la viande se présentait médium saignante, détaillée avec soin et son gras doré. Suivant le filon cuisine de jour froid, ce canard nichait sur une purée très onctueuse à la courge musquée. Un délice.

J'avoue que je ne suis pas très mi-cuit au chocolat. Au dessert, je me suis quand même laissée tenter. Davantage un pouding chaud qu'un mi-cuit (ou un mi-cuit qui ne l'est pas!), le résultat ne change pas et m'a charmée : une explosion de chocolat coulant doublée d'une vague de caramel... Dure de faire la gueule après tout cela!

Entrée de boudin noir maison, pétoncles poêlés sur... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

Agrandir

Entrée de boudin noir maison, pétoncles poêlés sur pain de maïs et crème de poires

Le Soleil, Erick Labbé

Au menu

La Gueule de bois, 207, rue  Saint-Vallier Est, Québec  418 353-0505.

  • Ouvert du mardi au samedi
  • Bistro  
  • Bouteille de vin à compter de : 35 $
  • Table d'hôte du midi de 13,95 $ à 16,95 $, à la carte en soirée. Mise en bouche de 3 $ à 12 $ (pour le plateau de fromages). Entrée de 9 $ à 13 $. Plat de 15 $ à 28 $.
  • Coût de l'addition pour deux avant taxes et service : 63 $ (incluant les entrées, les plats et les desserts)
  • Stationnement : dans la rue

On aime : du bistro. Du vrai (prix inclus) avec le plat boudin à 15 $ et surtout une cuisine chargée de saveurs, de réconfort sans prétention sinon que c'est bon. 

On n'aime pas : l'absence d'un système de ventilation adéquat. On se serait cru dans une étuve. Défaut de plusieurs restos, l'acoustique est défaillante d'où un environnement très bruyant (en présence d'un groupe).

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer