Défi kayak Montréal-Québec: contre la montre... et la météo

Tôt dimanche, les pagayeurs ont entamé la dernière... (Collaboration spéciale, Jean-Sébastien Massicotte)

Agrandir

Tôt dimanche, les pagayeurs ont entamé la dernière étape de leur défi pour éviter de mauvaises conditions météo. Mais 20 minutes après le départ, ils ont dû composer avec un vent de face et une marée montante qui leur ont donné du fil à retordre.

Collaboration spéciale, Jean-Sébastien Massicotte

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Le fleuve en kayak

Vivre

Le fleuve en kayak

Le 13 août, quelque 140 intrépides se lancent dans une aventure unique: relier Montréal à Québec, sur le fleuve, en kayak! Notre chroniqueur plein air Jean-Sébastien Massicotte tentera de relever le défi, qui vise à amasser des fonds pour Jeunes musiciens du monde. Lisez ses reportages dans Le Soleil et lesoleil.com et suivez-le en direct au fil de la journée sur Instagram (#clicquebec) et Facebook (lesoleildequebec). »

(Québec) Au quatrième et dernier jour du deuxième Défi kayak Desgagnés entre Montréal et Québec, le gros lot risquait de nous échapper. À moins de 65 km de notre ultime destination, les vents annoncés menaçaient de tout gâcher.

Ce qui fait qu'avant même de nous coucher samedi, nous savions qu'il n'y avait pas de temps à perdre. Les organisateurs avaient été clairs : si nous voulions atteindre la capitale et compléter la distance dans son intégralité pour la toute première fois de l'histoire du Défi kayak, il fallait battre de vitesse la mauvaise météo. La course contre la montre était amorcée.

À 5h30 dimanche matin, bon nombre de participants au Défi étaient donc déjà debout. Endormis et souvent endoloris, mais déterminés à tout faire pour compléter le dernier tronçon du Défi, entre Portneuf et Québec. Il restait à savoir si les prévisions de vents à 15-25 noeuds (28 à 46 km/h) du sud allaient se concrétiser...

Avant de prendre le fleuve, au moment des messages de sécurité, les encadreurs en kayak ont été encore plus précis : ceux qui ne pensaient pas être en mesure de fournir l'effort nécessaire en direction de Neuville pour le dîner, puis vers Québec, étaient mieux de ne pas prendre le départ.

«Attendez-vous à ce qu'on vous pousse dans le dos aujourd'hui», s'est excusé avant le départ Jonathan Chabot, l'un des chefs encadreurs. C'est qu'il fallait aussi arriver à la baie de Beauport aux environs de 17h, pour éviter les effets de l'inversion de la marée et son courant contraire à notre progression. Au fait de ce qui les attendait, une centaine de kayakistes sur les 146 inscrits se sont mis à l'eau, gonflés à bloc et prêts à en découdre.

C'est au son de la cornemuse du pompier de Québec Sylvain Fiset que notre cortège s'est mis en route. Tombé au combat après les premières journées chaudes et éreintantes du Défi, le cornemuseur kayakiste sonnait ainsi la trame de fond d'une journée bien spéciale.

Moins de 20 minutes après le départ, un vent de face et une marée montante rendaient la surface du fleuve pareille au-dessus d'une meringue de tarte au citron. Des creux et des pointes de vagues cassantes que les kayakistes devaient négocier au meilleur de leurs capacités.

Si certains s'amusaient ferme dans ce manège nautique, d'autres moins assurés s'accrochaient de leur mieux en espérant que ça passe. Le fleuve nous a bien donné quelques moments de répit, mais pour la majeure partie de la journée, nous avons été brassés, même après que nous ayons changé de direction vers Québec et que le vent soufflait de côté. 

Rien de trop extrême en fait de conditions pour du kayak de mer. Un fleuve simplement vivant. Sauf qu'après plus de 200 km en trois jours et avec autant de novices sur l'eau, la vigilance était de mise comme jamais. Encore une fois, le ballet des équipes de sécurité, orchestré par le commodore François Rainville, a permis que tout se passe bien malgré quelques dessalages, remorquages et retraits au fil de la journée.

Fatigués mais heureux, les kayakistes ont été accueillis... (Fournie par Gérald Massicotte) - image 2.0

Agrandir

Fatigués mais heureux, les kayakistes ont été accueillis à la baie de Beauport par une foule nombreuse. 

Fournie par Gérald Massicotte

Des anciens en visite

Devant le temps qui filait et alors que nous risquions de manquer notre échéance de 17h, la seule solution possible pour gagner du temps était d'amputer le dîner. Réduite à 15-20 minutes, la pause à Neuville a été presque aussi intense que l'humeur du fleuve. 

«C'est un vrai défi!» a rappelé Yann Perreau, pendant qu'il tentait d'avaler en vitesse son dîner tout en reprenant son souffle. Le porte-parole de la randonnée caritative au profit de Jeunes musiciens du monde aura d'ailleurs démontré par l'exemple son implication sincère à la cause, pagayant en tandem toute la distance.   

Ce lunch écourté aura tout de même permis de retrouver quelques anciens du Défi kayak 2015, venus encourager les pagayeurs à défaut d'être sur l'eau. Merci, les amis!

Après quelques changements d'équipages et de participants, notre flottille a repris sa route, déterminée comme jamais. Rapidement, les ponts de Québec sont apparus à l'horizon. Puis tout a défilé en un clin d'oeil. Si bien que nous sommes arrivés à destination... avec 30 minutes d'avance!  

En longeant le corridor fluvial entre Québec et Lévis, puis en voyant la foule qui s'était déplacée pour nous accueillir à la baie de Beauport, j'ai alors réalisé tout le chemin parcouru depuis quatre jours sur l'eau.

Une grande fierté d'être rentré à la maison par mes propres moyens, même si parfois j'ai douté qu'ils seraient suffisants. 

Un défi relevé en groupe qui a certainement permis à tous de repousser leurs limites ou d'en découvrir de nouvelles, qu'ils aient complété la distance complète ou à relais.

De quoi célébrer. Bravo!

La vue sur les ponts de Québec et... (Collaboration spéciale, Jean-Sébastien Massicotte) - image 3.0

Agrandir

La vue sur les ponts de Québec et Pierre-Laporte était imprenable à l'arrivée des pagayeurs. 

Collaboration spéciale, Jean-Sébastien Massicotte

Entente prolongée

«Ouf! On a travaillé fort!» a soufflé Mathieu Fortier, une fois à bon port dimanche. Malgré la difficulté plus relevée de la deuxième présentation du Défi kayak Desgagnés Montréal-Québec, à cause des conditions météos qui ont taxé les pagayeurs, l'instigateur de l'événement ne pense pas que ce soit un problème dans l'avenir. «Ça se veut un événement grand public. Mais il faut que les participants fassent leurs devoirs!» D'ailleurs, lors d'une discussion sur l'eau durant le Défi, Fortier réfléchissait à voix haute et disait qu'il devrait sans doute envoyer aux inscrits des rappels plus réguliers sur le sérieux de la préparation requise. Et c'est aussi bien, car le Défi kayak reviendra au moins jusqu'en 2021. En effet, le groupe Desgagnés a récemment revu sa participation comme commanditaire principal. De trois ans l'an passé, l'armateur du Saint-Laurent a haussé sa proposition à six ans, incluant cette année. Avec encore des dons à recevoir pour la randonnée nautique au profit de Jeunes musiciens du monde, Mathieu Fortier calcule que les participants ont permis d'amasser environ 111 000 $ jusqu'ici.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer