Duchesnay... en Segway!

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(Québec) À filer de la sorte entre les arbres, les roches et les racines l'un derrière l'autre, ça donnait l'impression d'être en plein coeur d'une poursuite dans Star Wars. Mais à des années-lumière des forces obscures d'une planète inconnue, c'était plutôt les sentiers de la Station touristique Duchesnay qui servaient de trame de fond à notre aventure. Le vaisseau de choix pour cette mission? Le toujours aussi futuriste Segway.

Car l'ingénieux gyropode électrique, apparu en 2001, sait aussi se débrouiller loin de la ville. Décliné en une panoplie de versions de nos jours, le Segway existe en effet en modèle tout-terrain, le x2.

À Duchesnay, au nord-ouest de Québec, 12 Segway du genre circulent depuis l'été 2012. Une idée du directeur de la Station, David Deslauriers, raconte Yannick Girard, responsable des activités de plein air. Le patron avait essayé le Segway dans un tour de ville, durant une visite à Chicago. «Il a ensuite ramené l'idée d'utiliser le Segway. Avec l'équipe de travail, on s'est dit qu'il y avait une façon pour nous de le faire, unique, propre à ce qu'on met en valeur : nos sentiers en forêt.»

Le gyropode est donc ici mis en vedette dans des sentiers étroits qui s'apparentent à ceux de vélo de montagne. Car une fois l'entraînement de base complété sur le gazon, la balade s'amorce sur un chemin en gravier, assez large pour permettre les erreurs de pilotage. Puis, c'est sur un sinueux sentier pédestre en direction du lac Jaune que se poursuit l'escapade. Une sortie totale d'environ cinq kilomètres qui dure autour d'une heure et demie, dont une trentaine de minutes pour apprivoiser l'appareil.

*****

Doté de pneus à crampons surdimensionnés, et capable d'une autonomie de 19 km, le Segway x2 ne laisse aucun doute quant à sa nature sauvage. Mais encore faut-il dompter la bête, capable de filer à 20 km/h.

C'est que tout se contrôle grâce à la position du pilote sur la machine. C'est ce qui est appelé l'équilibre dynamique. Car en Segway, il n'y a pas de manette des gaz... ni même de freins! Vous inclinez votre corps vers l'avant, l'appareil avance. En penchant vers l'arrière, il recule. Quant à la direction, elle est contrôlée par l'inclinaison gauche-droite du manche relié au guidon.

Un contrôle qui est très simple et qui est calqué sur celui du corps humain. Des capteurs sophistiqués et deux ordinateurs font le reste... 100 fois à la seconde! Le résultat? L'utilisation du Segway - même en sentiers - devient vite instinctive. «C'est un peu comme conduire sa voiture. Si vous êtes un bon pilote, vous n'aurez pas de problème», illustre Yannick Girard.

Reste que le contrôle demeure délicat par moment - pensez dans les descentes - et qu'il faut un peu de pratique avant de se transformer en Jedi du Segway. Il n'est d'ailleurs pas rare, fait remarquer Girard, que des pilotes un peu trop téméraires se fassent éjecter. C'est donc pour prévenir les problèmes que l'encadrement d'un guide-animateur est inclus dans la sortie, offerte au coût

de 55 $.

Mais malgré le prix des x2, soit environ 8000 $ pièce, jamais on ne sent l'inquiétude de notre accompagnateur envers les précieuses machines. «Si vous en perdez le contrôle, j'aime mieux que vous sautiez que de tenter de les retenir. Le Segway ira juste s'arrêter dans le bois...» 

Dans notre cas, malgré quelques pointes de vitesse et autres folies à zigzaguer entre les arbres, il n'y a pas eu d'incidents à déclarer. Juste du plaisir!

*****

La question se pose : est-ce qu'un appareil comme le Segway a sa place en nature? Par expérience, Yannick Girard ne constate pas de problèmes de cohabitation. À preuve, certains randonneurs n'entendent même pas le discret ronronnement du moteur électrique quand un Segway arrive par-derrière. 

Sans compter que l'activité en forêt, qui donne des sensations proches du vélo de montagne ou du ski en slalom, attire une clientèle qui ne prendrait peut-être pas le temps de découvrir le milieu naturel, souligne Girard. Quant à l'impact sur les sentiers du passage des Segway, ça ne semble pas causer d'ennuis, étant donné la taille des pneus et leur basse pression.

«Ça reste assez paisible [comme activité]. Nous, on est confiant qu'on en fait une utilisation qui s'inscrit quand même bien dans nos valeurs. Après tout, on permet aux gens de se balader en forêt et de la découvrir d'une autre façon.»

Cette aventure a été rendue possible grâce à la précieuse collaboration

de la Station touristique Duchesnay. Info : www.sepaq.com/duchesnay

À l'assaut de l'hiver... sur deux roues

Devant le succès du Segway x2 dans les sentiers de Duchesnay, la station touristique a décidé de pousser le concept pour en faire une version hivernale. L'an dernier dans la neige, les essais ont été suffisamment concluants pour qu'on aménage un nouveau sentier consacré au Segway d'hiver. Le parcours étroit d'environ trois kilomètres sera surfacé par motoneige. Les amoureux de l'hiver pourront, dès janvier, s'amuser en Segway en compagnie d'un guide-animateur. Responsable des activités à Duchesnay, Yannick Girard assure que l'appareil électrique ne craint pas le froid, bien que cela taxe davantage les batteries. Proposée au même tarif que l'été (55 $), l'activité a tout de même dû être raccourcie de 15 minutes. Mais ce n'est pas la machine qui fait défaut. Plutôt l'humain! «La question, ce n'est même pas les batteries. C'est le fait qu'à un moment... tu as froid aux mains!»

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