Ski-raquette: une forêt aménagée

Guide-naturaliste d'expérience, Pierre Vaillancourt apprécie la mobilité que... (Le Soleil, Jean-Sébastien Massicotte)

Agrandir

Guide-naturaliste d'expérience, Pierre Vaillancourt apprécie la mobilité que lui procure le ski-raquette pour explorer l'intéressant terrain de jeu que propose la Forêt Montmorency.

Le Soleil, Jean-Sébastien Massicotte

Partager

(Québec) En roulant en direction de la Forêt Montmorency, je me demandais bien ce que cette proposition d'aller découvrir le ski-raquette me réservait. Car si je connaissais bien l'activité, rien n'avait été dit sur le programme de cette visite à l'espace nature situé à une quarantaine de minutes de voiture au nord de Québec. On ne m'avait surtout pas dit qu'une surprise m'y attendait.

À destination, le guide naturaliste Pierre Vaillancourt avait déjà tout planifié. Alors que je croyais naïvement qu'on allait simplement explorer les environs au hasard pour tester les skis hybrides, je n'aurais pu me tromper davantage.

«Tu as combien de temps?» a questionné Pierre avant qu'on ne prépare les sacs à dos pour la sortie. Satisfait de ma disponibilité, le sympathique guide qui cumule plus d'un quart de siècle de métier a aussitôt sorti une carte. «Je suggère qu'on fasse le grand tour pour te donner une bonne idée de ce que ç'a l'air.» Euh... Le grand tour de quoi?

En fait, mon guide me proposait une sortie de «trois ou quatre heures» pour découvrir en détail les zones nouvellement structurées et balisées, destinées spécifiquement au ski-raquette. Une escapade durant laquelle on allait pouvoir enchaîner de brèves montées à de courtes descentes dans la neige vierge, tout en appréciant le panorama.

Selon le directeur de la Forêt Montmorency, Hughes Sansregret, ce serait le tout premier centre du genre. Un territoire agréablement vallonné - le dénivelé reste modeste -, semi-aménagé, d'un kilomètre carré où l'on a su jumeler le récréatif à l'exploitation de la forêt.

Car la Forêt Montmorency, c'est d'abord un espace de recherche pour la Faculté de foresterie et de géomatique de l'Université Laval. Et intimement lié à cette mission scientifique qu'est l'aménagement polyvalent du territoire.

L'hiver, on y vient donc pour les sentiers de ski de fond ou encore pour y faire de la raquette. Car pendant qu'on étudie le développement et l'exploitation de la forêt, on garde en tête comment il est possible d'en faire profiter par la même occasion les amoureux d'activités de plein air.

C'est avec cette préoccupation constante que Hugues Sansregret, un passionné de télémark, s'est retrouvé il y a deux ans à visionner une vidéo sur le Web, envoyée par une connaissance. En action, des sportifs s'amusaient avec de petits skis étranges munis de «peaux de phoques» synthétiques pour permettre la progression dans les montées. La fixation, qui ressemble à celle d'une planche à neige, libère le talon pour avancer comme en raquette ou en ski de randonnée.

L'hybride, appelé ski-raquette, peut donc conquérir pratiquement tous les terrains et est assez facile à maîtriser. L'outil idéal pour profiter du territoire encore inexploité de la Forêt Montmorency.

C'est à l'intérieur des zones de coupes existantes que le secteur de ski-raquette a été développé. Le boisé ainsi éclairci dans la jolie sapinière à bouleaux blancs permet de se balader facilement. Puis, en utilisant les chemins étroits de transport où la machinerie passe, les sentiers d'accès et les pentes pour descendre sont déjà tracés! Un fruit mûr qu'il ne restait qu'à cueillir. Car à part certains aménagements - principalement du nettoyage au sol - et l'affichage, tout était déjà en place.

Curiosité piquée

Le jeune directeur de la Forêt s'enthousiasme de cette possibilité originale de «superposer les activités». Déjà, l'initiative qui a reçu le soutien de l'Office du tourisme de Québec pique la curiosité. D'autres organisations, comme le Massif de Charlevoix, s'intéresseraient à ce qui se passe dans la forêt universitaire.

Le directeur espère maintenant qu'il pourra compter avant longtemps sur le génie de quelques étudiants pour «aller chercher des chiffres» et quantifier les impacts de cette utilisation conjointe. Des effets négatifs sur la végétation que Sansregret estime négligeables par le passage des humains, surtout en respectant un couvert minimal de neige d'un mètre, comme c'est le cas à la Forêt. Sans compter qu'à moyen et long termes, on prévoit déjà «déplacer» les sentiers de ski-raquette selon la vitesse de la repousse. Les zones nouvellement exploitées deviendront alors de nouveaux terrains de jeu.

Un territoire pour l'aventure qui semble inépuisable alors que la Forêt Montmorency s'apprête à passer de 66 à 416 kilomètres carrés. Déjà, Vaillancourt et Sansregret rêvent d'établir des circuits qui permettraient d'explorer le territoire agrandi. Une espèce de Haute-Route du ski-raquette, avec refuges, est même évoquée.

Mais en attendant, il y a déjà pas mal de territoire pour s'amuser dans la neige, à partir de cette boucle d'un peu moins de cinq kilomètres, qui donne accès à trois zones distinctes (Familiale, Aventure et Des Sous-Bois). Surtout que la Forêt Montmorency présente année après année une saison de glisse exceptionnellement longue. L'enneigement serait même suffisant pour le ski-raquette «jusqu'à la mi-avril», a assuré Hugues Sansregret.

S'amuser de la sorte dans la neige, en short? Faudra certainement essayer!

Cette aventure a été rendue possible grâce à la précieuse collaboration de l'équipe de la Forêt Montmorency.

Info: www.fm.ulaval.ca

****

Une activité à découvrir

Ski Hok, ski Meta... différentes appellations font référence au ski-raquette, à quelques nuances près. De l'Auberge de montagne des Chic-Chocs, à la Station touristique Duchesnay, l'utilisation du petit ski se multiplie de par sa simplicité et le plaisir qu'il procure. Le confort est aussi un facteur, alors qu'on utilise de simples bottes de marche ou de raquette pour en faire.

À la Forêt Montmorency, 45 paires de ski-raquette fabriquées par Altai Skis (altaiskis.com), une entreprise fondée par un Québécois et un Américain, sont en location. Vitrine pour l'Université Laval et sa forêt de recherche, les escapades avec Pierre Vaillancourt, le guide-naturaliste, coûtent seulement 20$ par personne (tout inclus, les fins de semaine, minimum de quatre personnes).

Des sorties guidées d'une demi-journée difficile à battre et qui sauront certainement vous instruire et vous divertir à souhait.

****

Participez à l'aventure

Parce que les joies du plein air sont toujours plus agréables en bonne compagnie, n'hésitez pas à nous contacter pour partager votre passion de l'aventure. Si vous préparez une expédition d'envergure, êtes adepte d'une activité qui mérite qu'on s'y attarde, connaissez une destination qui sort de l'ordinaire ou encore recherchez trucs et conseils, n'hésitez pas à nous faire signe à jsmassicotte@lesoleil.com.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer