Passion Arctique

Durant l'expédition Wi.D.E. Project, complétée cet automne, le... (Photo Alban Michon)

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Durant l'expédition Wi.D.E. Project, complétée cet automne, le kayak de mer a servi de moyen de transport aux aventuriers français Vincent Berthet et Alban Michon, qui ont affronté à la force de la pagaie - et parfois avec l'aide du vent - les défis de la côte de l'est du Groenland.

Photo Alban Michon

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(Québec) Si le père Noël existe réellement, l'explorateur et aventurier Vincent Berthet risque de le croiser avant longtemps. Celui qui rêve de neige, de glace et de froid au quotidien multiplie en effet les séjours prolongés aux latitudes où le sympathique barbu doit en principe se cacher.

À peine revenu du Groenland, Vincent Berthet se... (Le Soleil, Jean-Sébastien Massicotte) - image 1.0

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À peine revenu du Groenland, Vincent Berthet se prépare à repartir pour un long périple de trois mois entre l'Alaska et la Norvège... en passant par le pôle Nord.

Le Soleil, Jean-Sébastien Massicotte

Passionné de l'Arctique, le Français d'origine n'habite pas le Grand Nord, mais plutôt un appartement en haute ville de Québec, rue d'Aiguillon, où il planifie ses prochaines aventures. Un camp de base simple, au mur pâle comme l'hiver, qu'il visite par période entre ses nombreux projets.

Le dernier en date? Un voyage d'exception sur la côte Est du Groenland en kayak de mer. Plus d'une cinquantaine de jours d'exploration en compagnie de son compatriote et plongeur professionnel Alban Michon. Car si l'objectif de cette mission unique - baptisée Wi.D.E Project, pour Wilderness Diving Exploration - était d'abord de «tourner de belles images», le duo voulait témoigner de l'exceptionnel endroit autant en surface... que sous l'eau!

Un voyage de 1000 km effectué de la fin août à la mi-octobre entre les villages d'Itto et de Tasiilaq, où les gars ont connu des journées ardues à naviguer à travers les glaces. «Le défi était de chercher les campements», raconte d'ailleurs l'aventurier. Et une fois à terre, il fallait parfois de trois à quatre heures pour installer la tente entre la neige durcie et les galets, à l'écart du jeu des marées.

Et ça, c'est quand ils pouvaient rejoindre le rivage! Bien au chaud chez lui pendant que sa conjointe Valentine travaille de son côté à l'ordinateur, Vincent Berthet rit maintenant quand il raconte la nuit qu'il a passée avec Michon à bord des kayaks, le réchaud entre les jambes, coincés dans une baie par les glaces qui s'étaient refermées sur eux.

C'est finalement après quatre heures inconfortables, à somnoler dans les bateaux, que le duo de jeunes trentenaires a pu repartir au large, non sans quelques acrobaties. En tenue de plongée, Michon a alors fait le «brise-glace humain» pour ouvrir un passage d'environ 200 mètres afin de rejoindre l'eau libre.

Dans son élément

Il faut dire que Michon était dans son élément, lui qui dirige l'école de plongée sous glace de Tignes, en France. «Je pense qu'il n'a jamais plongé en eaux chaudes», lance Berthet en riant. Michon était d'ailleurs un joueur-clé en 2010 de l'expédition Deepsea Under the Pole. Une aventure à gros budget - commanditée par Rolex et diffusée notamment par National Geographic - dans laquelle il a plongé sous la banquise du pôle Nord géographique. Derrière la caméra à la surface, Berthet était aussi du voyage. Leur amitié s'est ainsi scellée au froid de l'Arctique.

À écouter le récit de la quête d'images au Groenland, visant notamment à démontrer au public que les régions du Grand Nord «ne sont pas que vides et blanches», j'étais curieux de découvrir comment une pareille entreprise intégrant le kayak de mer et la plongée avait pu être réalisée.

Certes, une équipe de tournage a suivi les deux aventuriers au début et à la fin du périple. Le documentaire Voyage au coeur des glaces, réalisé par Thierry Robert, est d'ailleurs en préparation. Un film qui s'annonce prometteur, si l'on se fie à la bande-annonce qui a été mise en ligne hier

(goo.gl/7VOeg). L'oeuvre de 110 minutes sera télédiffusée en France en juin prochain et pourra être vue au Québec à la populaire émission Thalassa, à TV5. Berthet et Michon ont donc pu compter sur cette collaboration.

Mais autrement, tout a été mis à bord des deux kayaks, des tandems pagayés en solo pour profiter de plus d'espace de chargement. Quant à l'équipement de plongée, Michon utilisait un «recycleur», qui permet d'éviter le recours à un compresseur d'air. Six petites bombonnes légères - «un peu comme celles qu'utilisent les pompiers», décrit Berthet - donnaient l'autonomie pour environ 18 sorties sous l'eau.

Et preuve que les deux hommes n'ont vraiment pas froid aux yeux, ce voyage était leur tout premier... en kayak! Une expérience pour laquelle les deux hommes s'étaient préparés grâce à une formation de trois jours sur le lac Saint-Jean. «Mais il faut aussi tenir compte de notre expérience maritime», souligne rapidement Berthet, qui a littéralement grandi sur l'océan.

L'aventure est arrivée tôt dans la vie de Vincent Berthet. Embarqué sur un voilier-école dans les Caraïbes, dès l'âge de 13 ans, le Bourguignon y a appris la vie en mer pendant cinq ans. «Les expéditions, le goût du voyage, c'est de là que ça vient!»

De retour en France, il a étudié le cinéma à Paris pendant trois ans. Tranquillement, sa carrière derrière la caméra a bifurqué vers le documentaire. «C'est assez rare les caméramans prêts à partir pendant des mois...» souligne l'aventurier-cinéaste.

Et comment a-t-il fait de Québec son port d'attache depuis 2010? C'est une histoire d'amour qui l'a amené ici. Quand il a trouvé sa gentille Valentine, qui était dans la Belle Province pour y étudier les baleines, il l'a simplement suivie. Depuis, le couple qui a la bougeotte collabore aussi souvent que possible, Valentine ayant développé une expertise comme responsable en logistique d'expéditions.

Cap sur le pôle!

Vincent Berthet se concentre déjà sur son prochain défi : La voie du pôle. Au programme pour le milieu de l'été 2013, une longue et audacieuse traversée de l'Arctique entre Barrow (Alaska) et le Spitsberg (Norvège), en passant par le pôle Nord. Un véritable défi de près de 3000 km que le Québécois d'adoption effectuera en compagnie de Sébastien Roubinet, l'instigateur du projet, qui en sera à une deuxième tentative sur l'itinéraire.

Le duo voyagera avec une embarcation tout-terrain unique dont le prototype a été peaufiné par le passé sur le Saint-Laurent. À voile et de petite taille pour être poussé ou tiré, le «véhicule» est un croisement entre un catamaran et un assemblage de pulkas géantes d'expédition. Encore une fois, Berthet aura l'oeil à sa caméra pour témoigner de ce périple inédit. Déjà, la télévision française planifie une diffusion du récit ramené. Une aventure extrême que nous devrions encore pouvoir apprécier de ce côté-ci de l'Atlantique, toujours grâce à l'émission Thalassa.

Info : wide-exploration.com

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