Première chronique de deux

Dans les coulisses de MEC

Véritable caverne d'Ali Baba à l'intérieur du siège... (Le Soleil, Jean-Sébastien Massicotte)

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Véritable caverne d'Ali Baba à l'intérieur du siège social de Mountain Equipment Coop, la «cage» déborde de prototypes développés par la coopérative de plein air, mais qui, pour une raison ou pour une autre, n'ont pas été commercialisés.

Le Soleil, Jean-Sébastien Massicotte

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(Vancouver) À l'invitation de Mountain Equipment Coop, Le Soleil a eu la chance de visiter le siège social du géant du plein air, début octobre, le temps d'un court séjour sur la côte Ouest. Une rare occasion de découvrir le centre nerveux de la coopérative et de côtoyer de près ses artisans.

Dans l'avion qui se dirigeait vers Vancouver, j'étais convaincu d'avoir le meilleur boulot au monde. En route vers le siège social de Mountain Equipment Coop (MEC) pour y observer les rouages de la populaire bannière et rencontrer l'équipe en place, je croyais vraiment avoir la plus belle part de ce voyage sur la côte Ouest.

Car pour un fanatique de matériel de plein air comme moi, cette visite de presse avec accès privilégié était une assignation à faire rêver. Sauf qu'une fois sur place, à ressentir l'effervescence qui animait le bâtiment de la

4th Avenue West, centre nerveux au service des quelque 3,3 millions de membres de la coopérative, j'ai eu un doute. Et si l'emploi de rêve se trouvait plutôt quelque part ici? Car force est d'admettre que ceux qui s'affairent à la destinée de MEC semblent s'exécuter avec un plaisir contagieux.

Des 1500 travailleurs employés au total par la coopérative, ils sont environ 250 - dont plusieurs Québécois - à travailler au siège social. Une petite armée qui touche à tout ce que fait MEC. Recherche et design pour la marque maison, développement et soutien aux 16 magasins d'un océan à l'autre et à la boutique en ligne, gestion des inventaires, marketing et administration ne sont que quelques sphères du travail qui se fait au quotidien là-bas.

Au coeur de la coopérative fondée en 1971, une chose est bien claire : pendant qu'au boulot vous rêvez à vos prochaines aventures, l'équipe de MEC en fait autant. Sauf qu'ici, on l'affiche un peu plus ouvertement et pour plusieurs... c'est du travail! Photos de voyages, livres-guides, équipement de ski ou autres accessoires sportifs ne sont que quelques témoins qui trônent parmi les bureaux et les cubicules.

De quoi alimenter l'imaginaire des travailleurs, qui ont pour tâches de vous rendre ultimement la vie plus belle en nature. «Je crois profondément que la plus grande contribution de MEC à la population canadienne est de l'inspirer et de l'aider à être active», nous a d'ailleurs résumé David Labistour, chef de la direction de la coopérative.

Un objectif qui s'est précisé davantage, en particulier dans la dernière année, alors que MEC a choisi de s'adapter aux changements du marché en s'intéressant désormais «à tous ceux qui veulent être actifs», et non plus qu'aux purs et durs du plein air, a expliqué à son tour John Irvine, directeur du marketing et des relations publiques.

Le vélo chez MEC? La multiplication des souliers pour la course à pied? La présence accrue des vêtements et des accessoires destinés au yoga? Voilà autant d'horizons sportifs mis de l'avant par le géant, qui souhaite ainsi répondre aux intérêts plus urbains du quotidien des consommateurs.

Mais n'allez pas croire qu'il s'agit d'une coupure avec les racines purement plein air de la coopérative. «On ajoute [des gammes de produits], on n'en abandonne pas», a assuré Jeff Crook, vice-président achats et développement de produits. C'est ainsi qu'à l'équipement d'escalade ou de camping, les nouveautés viennent compléter l'offre aux membres.

Un bon exemple est l'apparition cet automne des vêtements et des accessoires de la gamme Style de vie, destinés à «l'après-plein air». Fini le temps où, pour être en rayon chez MEC, un manteau devait pouvoir survivre aux rigueurs du mont Everest!

Au détour d'un corridor du siège social, une pièce attire l'attention. Derrière une clôture grillagée, une impressionnante quantité d'équipements de plein air est empilée du plancher au plafond. Bienvenue à la «cage», lieu où aboutissent les prototypes des produits qui ne se rendront jamais jusqu'à vous. Ici, tout est bien identifié et l'équipe de MEC peut y référer au besoin.

D'un sac à dos dont le harnais a fait défaut après des tests sur le terrain, aux agencements de couleurs qui ne donnent pas le résultat escompté une fois en production, le matériel rassemblé dans la «cage» raconte un peu l'histoire de MEC.

Une histoire riche, alors que la fabrication d'équipements et de vêtements compte pour une part toujours plus importante du succès de la coopérative. Une réussite qui se mesure notamment par le chiffre d'affaires de plus de 300 millions $ que MEC prévoit faire cette année.

Pas mal pour un service de vente et de distribution imaginé sous la tente par quatre jeunes grimpeurs, il y a plus de 40 ans...

Naissance d'un géant vert

Au moment où Mountain Equipment Coop s'intéresse à la création de petites boutiques urbaines comme celle de la rue Saint-Denis, à Montréal, elle poursuit aussi l'amélioration de son service aux membres avec l'ouverture de magasins à grande surface. Et toujours la même préoccupation, celle de rendre ces bâtiments les plus verts possible.

Si on peut penser qu'il est plus facile de bâtir écolo quand on est une coopérative - sans avoir à plaire aux portefeuilles des actionnaires -, on réalise rapidement que MEC ne se contente pas uniquement de se donner bonne conscience. Tout neuf, le magasin de North Vancouver est à la fine pointe de la construction écologique. Certifié LEED Or, le bâtiment dessert les quelque 55 000 membres du secteur.

Ici, tout a été pensé pour réduire l'impact énergétique et écologique du bâtiment. À commencer par la fenestration abondante sur le toit en dents de scie. Des surfaces réfléchissantes ont aussi été disposées aux endroits stratégiques pour rediriger la lueur du jour. Autrement, des capteurs photosensibles ajustent l'éclairage automatiquement, selon la quantité de lumière naturelle présente.

Côté énergie : géothermie, isolation supérieure et ventilation par convection naturelle et à l'aide des vents dominants sont autant de moyens de faire mieux. Accolé à un parc nature, le magasin voit ses eaux usées y être filtrées. Aucun branchement à l'égout pluvial de la Ville!

Un magasin vert qui est cependant bien branché côté techno. Les conseillers s'y promènent avec un iPad en bandoulière. Ils peuvent ainsi répondre rapidement aux questions des membres. Au besoin, devant des groupes par exemple, des téléviseurs posés au mur peuvent être utilisés pour afficher l'écran de l'iPad.

Ne manquez pas la suite, «L'aventure comme avantage social», à notre prochain rendez-vous.

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