Des secours en direct du ciel

Comparaison côte à côte entre l'inReach de DeLorme... (Photo collaboration spéciale Jean-Sébastien Massicotte)

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Comparaison côte à côte entre l'inReach de DeLorme et le Connect de SPOT. La carte affichée sur un iPhone 4s (dans un étui Defender d'Otterbox) est celle de l'application Earthmate, associée à l'inReach.

Photo collaboration spéciale Jean-Sébastien Massicotte

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(Québec) Au cours des derniers mois, différents incidents impliquant des adeptes d'activités de plein air ont mis en évidence les difficultés fréquentes à alerter les secours en régions isolées sur notre grand territoire. Cela m'a laissé songeur...

Si la capacité à sonner l'alarme aussitôt qu'un accident survient ne veut pas dire qu'on évitera le pire, l'utilisation de dispositifs efficaces qui permettent de garder le contact loin des zones de téléphonie cellulaire peut s'avérer judicieuse. Grâce à la collaboration des distributeurs des deux principaux fabricants de communicateurs par satellite destinés au grand public, SPOT et DeLorme, j'ai pu contenter ma curiosité et mettre à l'essai leur plus récente création.

Compétiteurs dans l'univers des messagers d'aventure, le SPOT Connect et le DeLorme inReach sont des appareils sophistiqués pouvant être associés par protocole Bluetooth à des téléphones intelligents. Ils permettent d'envoyer un signal d'urgence, mais aussi des messages courts et les coordonnées géographiques de l'utilisateur, localisé sur une carte, à une liste de contacts ou encore sur Twitter et sur Facebook. Distinction importante, l'inReach est en plus bidirectionnel, c'est-à-dire qu'il peut aussi recevoir de brefs messages.

Des appareils incontournables ou de simples bidules qui ne font que nous garder branchés davantage? La question se pose. Car on peut évidemment remettre en question le choix d'alimenter Facebook ou Twitter jusqu'au fin fond des bois. Mais d'un autre côté, lorsque la situation l'exige, il peut être vital de pouvoir compter sur un lien par satellites avec la civilisation. Alors pourquoi s'en priver?

«Se séparer de la ville»

Étonnamment, «les jeunes, ils veulent se séparer de la ville», m'a résumé récemment Gabriel Couët, conseiller chez Mountain Equipment Coop à Québec. Par expérience, il constate que ce ne sont pas ceux-ci qui sont les plus friands de ce type d'accessoires. «On ne veut pas pitonner tout le temps sur son appareil!»

Reste qu'il note tout de même un intérêt pour cette technologie. Souvent chez les aventuriers plus âgés, des boomers, qui veulent partir l'esprit en paix. Sinon, chez les plus jeunes, l'achat se fait surtout en prévision d'une expédition importante.

Une question d'argent pour ce manque d'intérêt des jeunes sportifs? Probablement, car malgré le côté relativement abordable pour ce type de service, les frais reliés à l'achat et à l'utilisation grimpent vite.

Quant aux adeptes de sports plus à risque comme l'escalade ou l'eau vive, cette techno n'aurait pas non plus charmé les masses. «Je ne connais pas de grimpeur qui en traîne un [communicateur]», assure Couët. Et quand des accidents font malheureusement la manchette, les sportifs n'accourent pas pour autant en magasin. «Mais moi, j'y penserais», laisse tomber le conseiller.

Je ne me lancerai pas ici dans une évaluation exhaustive des deux appareils et de leurs caractéristiques. Pour connaître mon appréciation du Connect et du inReach, je vous invite à me rejoindre sur le blogue plein air (blogues.lapresse.ca/massicotte).

Ce qu'il faut retenir? C'est qu'autant le Connect que l'inReach ont répondu aux promesses des manufacturiers. Au terme de différents essais - excluant le service SOS -, les messages ont été transmis avec une rassurante constance. Courriels et SMS étaient assez rapidement reçus par mes contacts. Le tout était plus que satisfaisant.

Coup de fil à David Mepham, directeur du programme d'intervention plein air de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et responsable du Laboratoire d'expertise et de recherche en plein air. Son équipe et lui ont développé un savoir-faire reconnu en sécurité et gestion des risques. J'étais curieux de savoir ce qu'il pensait de ces appareils. De la fausse sécurité en boîte?

Bien connaître le fonctionnement

Avec des étudiants et des collaborateurs pratiquement en permanence sur le terrain, il garde contact grâce aux petits communicateurs de SPOT. Souvent en combinaison avec un téléphone satellite quand la situation le requiert. Au courant de l'existence de l'inReach, le petit dernier dans le genre, il attendait seulement l'occasion avant d'en mettre un à l'essai.

Mais l'apprentissage de cette technologie ne s'est pas fait sans heurt, a rappelé Mepham. «Les premières fois, ça allait mal», explique l'universitaire, faisant du coup écho aux reproches souvent évoqués concernant le manque de fiabilité de ces appareils grand public. «Mais plus souvent qu'autrement, on s'est rendu compte que c'étaient des problèmes causés par l'utilisateur...»

Un rappel de l'importance de bien connaître le fonctionnement de son dispositif et de ses limites. D'où la nécessité de combiner l'utilisation d'un messager avec un solide plan d'urgence. Car si l'appareil ne donne aucun signal... on fait quoi?

Comme cette fois où des étudiants de l'UQAC étaient en Afrique centrale, où le SPOT ne fonctionnait pas comme prévu. Après quelques rendez-vous par satellite manqués, l'Université a suivi son protocole et a joint un contact local par téléphone. Il a rapidement pu rassurer tout le monde après une visite auprès des étudiants.

Malgré les aléas de la technologie, le professeur Mepham reconnaît la précieuse utilité de ces appareils, qui, lorsque bien employés selon une procédure convenue d'avance, dépassent le statut de simples gadgets.

Des outils de plus sur lesquels compter, mais qui ne remplaceront cependant jamais la préparation et le jugement.

Info : findmespot.ca et inreachcanada.com

De l'aide envoyée d'un bunker

Sur les communicateurs par satellite, le bouton est clairement écrit en rouge : SOS. Une protection empêche le déclenchement accidentel. Et après? Quand un message d'urgence est envoyé, c'est la centrale de surveillance privée GEOS qui capte le signal de détresse de tous les appareils de SPOT et de DeLorme.

Après avoir cherché en vain à connaître des détails sur l'entreprise qui fait le suivi en permanence à partir d'un bunker au Texas, David Mepham, responsable du programme d'intervention plein air de Université du Québec à Chicoutimi, s'avère tout de même rassuré. Il fait remarquer que GEOS s'occupe de clients sérieux. Au Québec, une alerte aboutira normalement entre les mains de la Sûreté du Québec. Mepham conseille tout de même d'être le plus précis possible dans les messages envoyés. Qui doit être contacté, de quelle façon, sans oublier les détails sur la situation et le groupe impliqué. À prévoir avant, la possibilité de devoir payer la facture d'un sauvetage. Une situation bien réelle chez nos voisins du sud. Des assurances «sauvetage» existent d'ailleurs, question de partir l'esprit tranquille.

Le temps d'une courte pause,la chronique plein air fera relâche. Prochain rendez-vous le 24 octobre. À bientôt!

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